
APPENDICE.
L a question principale que nous avons traitée dans le cours de ce Mémoire,
celle du rétablissement du canal des deux mers, nous ayant conduits à considérer
divers objets dont la discussion eût détourné l’attention du lecteur., nous
avons cru devoir en former un appendice. Ces objets sont,
1.° L’exposé des moyens généraux d’exécution, et l’aperçu de la dépense et
du temps nécessaires à la confection du canal des deux mers;
2.° Un essai historique et critique sur la géographie de l’isthme de. Soueys;
3.0 Un extrait du registre général des opérations de nivellement; 4-° Les traductions des textes de divers auteurs cités dans ce Mémoire.
§. I ."
EXPOSÉ
DES MOYENS GÉNÉRAUX D’EX É CU T ION
D U CANAL DES D E U X MERS.
D e tous les moyens propres à garantir la confection d’une entreprise aussi importante,
celui d’en confier l’intérêt à une compagnie de commerce nous paroît
de la plus haute espérance, s’il n’est pas même infaillible. Ce mode d’exécution
présente une garantie qu’on ne peut généralement se promettre de l’inconstance
dès gouvernemens ou des rivalités ministérielles, qui ont si souvent fait échouer
ou suspendre les entreprises les plus utiles, quoiqu’elles touchassent à leur fin.
On pourrait donc en faire l’objet d’une concession, dont les conditions, d’abord
très-avantageuses aux actionnaires, pourroient être modifiées après un laps de
temps convenu.
Nous estimons qu’indépendamment des avances ou même de la quotité de
fonds que le Gouvernement devra donner à la compagnie pour cette opération, et
des avantages commerciaux qui feraient encore la base de cette spéculation, il
pourra lui concéder, à titre de propriété, t.° toute la vallée [l’Ouâdy], qui
comprend plus de 1 5,000 arpens susceptibles de culture, sauf à concentrer quelques
tribus d’Arabes qui y sont répandues , et auxquelles il suffirait d’abandonner
une partie de l’espace qu’elles occupent (ces 15,000 arpens , évalués chacun
a 4oo livres seulement de valeur foncière, représentent un capital de six millions
o t les tnterets annuels peuvent monter au dixième par la richesse des récoltes) -
m iesboJ ds du Î esert au nord et a“ ^d de la vallée, sans autres limites que
celles que 1 industrie de cette société pourrait y mettre (il s’y trouve des parties
oisees, dont 1 exp ortation mieux réglée fournirait du charbon, combustible rare
et cher en Egypte) (1); 3.° la pêche du canal et des lacs (a); 4.° les péages aux
ecluses pour la navigation, et aux ponts pour les caravanes. Au moyen de ces
i .verses concessions, nous pensons que les actionnaires retireraient un très-haut
intérêt de leurs capitaux. Ces gages sont d’ailleurs de peu de valeur, si on les
compare a ceux que présente la vaste étendue des terres qu’on peut rendre à la
culture dans les provinces d'Alexandrie, de Rosette, de la Baheyreh et dans
les provinces maritimes du Delta, et que nous avons évaluée à zoo,000 arpens. Il
nest pas enfin de spéculation moins hasardée , par la facilité du défrichement des
terres actuellement abandonnées, qui n’exigeront pas, comme en Europe et
même en Amérique, des avances considérables pour les mettre en pleine valeur
pu.squil suffira dy porter des eaux, dont elles ne sont privées que depuis qu’on à
cesse d entretenir les canaux d’irrigation qui y répandoient autrefois l’abondance
et la vie. Cette navigation économisera encore les 500,000 francs que coûte
annuellement (3) comme le dit M. de Volney, l’escorte des Arabes Ouâtat et
Ayaidy, qui font les transports du Kaire à Soueys.
Aperçu de la Dépense générale des Travaux.
Nos opérations n’ayant donné que des résultats généraux, on reconnoît assez
quelles ne sont pas suffisantes pour servir à la rédaction des devis estimatifs sur les
dimensions particulières, l’ordre et la dépense de. chaque partie de ce travail. Il
faudrait un supplément de données qui fixassent, pour tous les points du canal où
le terrain varie, le relief et l’épaisseur des digues et la profondeur des déblais- il
faudrait encore s’éclairer d’expériences locales sur l’extraction , le transport et la
main-d oeuvre des divers matériaux.
Cependant, ayant acquis des données comparatives dans nos travaux exécutés
au Kaire et sur différens autres points de l’Égypte, nous pouvons , avec ces premiers
eJemens, offrir des aperçus suffisans pour pouvoir entreprendre ce travail
avec confiance, s. l’incertitude sur la dépense étoit le seul motif qui pût en faire
suspendre 1 exécution.;
Nous n’aurons pas égard, dans l’évaluation des dépenses, aux canaux d’arrosage
aux igues, aux écluses et autres petits ouvrages éventuels que nécessiteront les
prises d eau nécessaires à l’agriculturç , attendu que ces dépenses restent à la
charge des campagnes. Les réquisitions légales qu’on pourrait exercer, seraient
encoie en déduction des dépenses présumées dans l’aperçu qui suit :
rA L l ” e r pa r to ë 2 ^ed t ? c L 1 L t PInS " ^ I'i,rri™ Aes P1“5 * 60,000 fr. par an ;
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