
cie la tete aux pieds pendant la nuit, se mettre un bandeau sur les yeux, s’éloigner
autant que possible des endroits humides et marécageux, entretenir la transpiration
et la sueur par les bains Égyptiens, dans la bonne saison, et par l’exercice :
il faut éviter 1 usage déréglé du vin et des liqueurs spiritueuses, s’abstenir des ali-
mens echauffàns et de mauvaise digestion, et soutenir les forces de l’estomac.,
qui tend toujours à la débilité dans un climat aussi chaud, par l’usage de quelques
toniques, tels que le café et une infusion amère qu’on prend le matin j| enfin se
laver souvent les yeux et toute la tête avec de l’eau fraîche et du vinaigre.
MÉMOIRE
S U R
LE TÉTANOS TRAUMATIQUE.
L e tétanos.est défini, par tous les auteurs, une contraction des muscles plus ou
moins forte et plus ou moins étendue, avec tension et rigidité des parties affectées.
11 se présente sous quatre états difïërens.
On le nomme trismus ou trismos, lorsqu’il borne ses effets aux muscles des
mâchoires et de la gorge;
Tétanos, lorsque tout le. corps est pris et. tombe dans un état de roideur en
conservant sa .rectitude ordinaire;
Emprosthotonos, lorsque le corps se courbe en devant;
Opisthotonos, lorsqu’il se courbe en arrière.
Chacun de ces états offre des différences remarquables; très-souvent les deux
premiers se manifestent en.même temps, et forment ce qu’on peut appeler tétanos
complet.
On peut distinguer le tétanos, à raison de son plus ou moins d’intensité, en aigu
et en chronique.
Le premier, est dangereux et ordinairement mortel.
Le tétanos chronique a moins d’intensité, et, à cause de la marche graduée de
ses symptômes, laisse entrevoir plus de ressources.
Nous allons rapporter les principaux phénomènes que cette maladie présente
dans ces différens. états, n’entendant parler, néanmoins, que du tétanos trauma-
tique observé en Égypte.
J’ai remarqué que les plaies d’armes à feu sur le trajet des nerfs, ou aux articulations,
l’ont souvent produit dans ce climat, particulièrement pendant la saison
où la température passe d’un extrême à l’autre, dans les lieux humides, dans ceux
qui sont voisins du Nil ou de la mer.
Les tempéramens secs et irritables y ont été le plus exposés; sa terminaison
a été presque toujours mortelle.
Cette maladie commence par un mal-aise général et une sorte d’inquiétude qui
s’empare du blessé; la suppuration de la plaie diminue promptement, et finit par
se supprimer : les chairs se boursouflent, se dessèchent; elles sont d’abord rouges,
et deviennent ensuite marbrées. Ce phénomène est accompagné de douleurs aiguës
qui augmentent par le contact de l’air et des plus légers corps extérieurs : ces douleurs
se propagent de proche en proche dans le trajet des nerfs et des vaisseaux;
É M M m m a