
2 2 4 n o t i c e s u r l e s m é d i c a m e n s u s u e l s
C A T A L O G U E
Des Drogues simples dont les Égyptiens font habituellement usage comme médicamens, et de
- celles qui entrent dans la composition des Électuaires vulgairement appelés Berch.
1 * B SIN T H E ( g rand e ), artemisia arborescent,
L in n . , en a ra b e , c/iébé(i ) . Réduite en p o u d re , on
la p rend en substance dans l’hydropisie et dans les
fièvres intermittentes ; e lle est regardée comme
spécifique contre les vers.
O n la cultive en E gypte.
2. A bsinthe (petite), artemisia Judaica, L in n . ;
en a ra b e , chié (a). C e tte plante est employée dans
les mêmes cas q u e la précédente. O n en brûle
dans toutes les habitations p ou r purifier e t p ou r
renou ve ler l ’air : les Égyptiens regardent cette fumigation
comme le pré se rva tif d’un grand nombre
de maladies. C ’est à cette espèce de p a r fum , mêlé
e avec les bois d’aloès et de k afa l, qu’il fiait attribuer
cette odeur particulière q u ’en É g yp te on
trouve dans toutes les maisons , e t principalement
dans celles des Musulmans; odeur q ui est inhérente
aux appartemens, q u i s’attache au x meubles
e t même au x vêtemens.
L e s Arabes apportent la petite absinthe du désert
: i l s’en fait une g rand e consommation en
E g ypte.
3- AloÈS (bois), excæcaria agallocha , Linn. ;
en arabe, alouise (3). Ce bois est usité comme
parfum ; mêlé avec le tabac à fumer, il en corrige
Iacrete, et rend sa fumée moins désagréable.
II vient des Indes.
4 • A loÈS ( s u c ) , aloe p e r filia ta , Lin n . ; en
arabe , sabbre-soccotri (4). C e tte résine sert de
p u rg a t if dans les maladies dartreuses et vén é riennes
; elle entre aussi dans la composition de
plusieurs opiats toniques.
O n l ’apporte de l’Inde.
ara b e , amber (5). L e s É gyp tiens regardent cette
substance comme aphrodisiaque; ils la fon t entrer
dans les pilules et les opiats échauffans. L ’ambre
est aussi très-recherché comme parfum.
II vient des Indes.
6. A n a c a r d e , anacardium Occidentale, Linn.;
en ara b e , beladair (6). L e s femmes mangent c e
fruit n u tr itif et échauffimt. O n le fait légèrement
rô tir , afin de le priver de son âcreté.
I l est apporté en É g yp te par le commerce de
l ’Europe.
7 * ^ NIS VERTS, pimpinella anisum, L in n .; en
ara b e , iansoune (7). O n en donne au x enfans dans
le s c o liq u e s , et au x femmes nouvellement accouchées
, mais principalement à celles q u i n e doiv
en t p oint allaiter leurs enfans.
O n en récolte en É gypte.
8. AssA-FOETIDA ferula assa-fietida, L in n . ; en
arabe, antite (8). L e s femmes en fon t usage h fà p -
proche des règ les et des couches.
C e tte résine vient de l’A sie.
9 . Ba d ia n e , illicium anisatum, Lin n . ; en
ara b e , habb eloué (9). C e tte semence est regardée
comme cordiale e t aphrodisiaque. Le s Égyptiens en
mettent dans le café : ils en fon t aussi u n sorbet.
L a badiane entre dans plusieurs électuaires.
O n l’apporte de la C h in e .
10. Baies de laurier, laurus nobilis, L in n •
en arabe, habb el-gard (.0 ) . Elles entrent dans les’
opiats narcotiques et enivrans.
Elles v iennent d’Europe.
f A mbre Gris , ambra ambrosiaca, Linn. ; en n p .
’ 1 1 • •Baume de COPAHU, copdifera officinalis,
( . ) Chyhh, . Nou . O . . e o „ c„ é dm , fc to t „ | . 0„ , . dcs
* 1 1 4 , le , « « ¡S e r San, 1er n o « ,.
(a) Chyhth, t j i J i .
(3) Aloutk, Xjil.
(4) Sabr, ; soqotry, ¡ j j L o m,
(s) A’nbtr, ja à c .
(6) Belâder, .
(7) YSttyçoun,
(8) Hilty t, .
(9) Habb helâoue h , ii‘ >1
(10) Habb tl-ghâr, jU J t Ç f A ,
w
L in n .; en arabe, denn dinafc ( i) . O n le donne intérieurement,
aux enfans nouvellement circoncis. ;
II vient des Indes.
1 2 . Baume de la Mekke, amyris opobalsa-
mum, Lin n . ; en. arabe , denn beUessane (2), C e
b aum e , très-estimé des E g yp tien s , est employé
comme cordial et vulnéraire, à la dose de quelques
gouttes dans le café.
II vient de l’A rabie : les pèlerins q ui v iennent
de la M e k k è , l’apportent au Kaire.
13* Benjoin, croton ben^oe, Lin n . ; en a r a b e ,
djaoui ■ (3). O n en fait usage comme parfum et
comme cosmétique.
II vient des Indes.
14- B o l d’A rménie; en arabe, tinn Armât,
tinn Roumi (4). On s’en sert comme astringent
et antivénéneux; mêlé dans du suc de citron, ou
du vinaigre [ acide acéteux ] , on en couvre la
peau dans les affections dartreuses et dans toutes
les éruptions cutanées. II entre dans la grande thé-
riaque et dans plusieurs opiats.
O n l’apporte des îles de l’A rch ip e l et de C o n s -
tantinople.
* 5 * C achou , mimosa catechu, L in n .; en
arabe, cad Indi (5). C e suc ex trac tif entre dans p lu sieurs
poudres astringentes et-stomachiques. O n
le mâche seul pour corriger la mauvaise haleine.
II vient des Indes.
1 6 . C amomille , anthémis nobilis, L in n .; en
a ra b e , babounic ( 6 ). C e tte f le u r , dont on fait
usage , est s tom ach iq ue , fébrifuge et antispasmodique.
O n l’apporte d’Europe.
i y . C amphre, laurus camphora, L in n .; en
arabe, cafour[y). Le s Égyptiens l’emploient comme
tonique et aphrodisiaque. II entre dans plusieurs
électuaires comme échauffant.
II vient d e l’Inde.
1 8 . C annelle , laurus cinnamomum , Linn. ;
( 1) Dthn dynâf, c jU r f i .
(а) Dehn beieçân, u U L ^ * 3 .
(3) Câouy, ( j i jU . .
(4) J>» A m . v . a O . ; ^
0 ) Éâdy Hettdy, (jo^ > <^3^.
(б) Bâbountg,
en arabe , k c r fê ( 8 ) . Elle est souv ent employée
comme cordiale e t aphrodisiaque ; o n la donne
p ou r arrêter le vomissement. E lle entre dans la
grande thé r iaqu e , dans les électuaires échauffans
et dans le berch.
E lle vient des Indes.
L e s E gyp tiens estiment beaucoup l’eau distillée
de canne lle ; ils en fon t un grand usage ; ils en
prennent d ans le café ; ils en mêlent avec plusieurs
sortes d e sorbets.
O n l’apporte au Kaire dans des flacons de verre.
II paroît qu’o n la prépare dans quelques ports
d e la mer des Indes.
E lle vient par la mer Rou g e .
i p . C a r d a m o m e , amomum cardamomum ,
L in n . ; en a ra b e , habb bahanne (p). C e fruit est
stimulant et échauffant. Le s É gyp tiens en mâchent
continuellement : ils en mettent dans le café; ils
en fon t u n sorbet qui se prend chau d , comme on
prend le punch en Europe . L e cardamome entre
dans plusieurs électuaires.
O n l’apporte des Indes.
2 0 . C a s c a r i l l e , croton cascarilla, L in n .; en
arab e, kedré ambar (10), O n emploie cette écorce
dans la fièvre opiniâtre et dans la dyssenterie. Souv
en t elle sert de parfum.
E lle v ien t de l’Amérique méridionale.
2 1 . C a s s e , cassia J îs tu la , L in n . ; en arabe
criar chambar[i i). O n fait avec ce fruit une con serve
qui sert d’excipient à quelques poudres purgatives.
Q ue lqu e fois o n la d on n e comme la x a tif
au x femmes en couche.
O n récolte u n e assez g rand e quantité de casse
dans la basse Égypte.
2 2 . C a s s i a l i g n e a , laurus cassia, Lin n . ; en
a ra b e , sclica (12). C e bois est employé comme su-
dorifique et féb rifug e : on le d on n e dans la fièvre
à I instant d u frisson. II entre dans le s électuaires
toniques e t échauffans.
O n l’apporte de l’Inde.
2 3 . C e n t a u r é e (p e t ite ) , gentiana centaureum,
(7) Kâfour,
(8 ) Q e r fe h , * 3 | p .
(9) Habb hamâmâ, L U * .
(10) Cedr a'nbary, ¿ y ÿ x . j O o . .
( 1 1 ) Khyâr chtnbtr,
( . , ) StykUoK,