
belle.de la cité vieille dans l’île de Malte, dont les Arabes ont été si long-temps les
maîtres. On conserve à Nuremberg des ornemens impériaux dont la bordure présente
des inscriptions écrites en caractères Karmatiques. Mais un des faits les plus
remarquables relativement à cette écriture, c’est qu’il y a environ deux ans on a
trouvé dans un tombeau de l’ancienne abbaye Saint-Germain-des-Prés, à Paris,
une étoffe tissue de soie et d’or, probablement apportée d’Orient en France par
un des croisés, et sur laquelle on remarque un très-grand nombre d’inscriptions
en caractères Karmatiques.
Les deux spccimen suivans de l’écriture Karmatique renferment le même texte
que j’ai déjà cité ci - dessus. Le premier est tiré de celles des inscriptions du
Nilomètre de Roudah qui sont relatives à sa seconde époque : wussmài Le second fragment, dans lequel on remarque de grandes variantes pour les
formes des caractères, fait partie d’une inscription que j’ai recueillie dans une
maison particulière du Kaire, située près du khalyg ou canal qui traverse la ville :
fflU&UI&J !...........
§. V.
Du Caractère Neskhy.
Les caractères Je l’écriture Arabe moderne sont dérivés du caractère Kou
fique par divers changemens progressifs ; et ils ont été inventés par Ebn el
A’myd ( i ), dont un poëte Arabe a dit :
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A —Il l - "
« L ’écriture a commencé par A ’bd el-Hamyd,
» et elle a atteint la perfection par Ebn e l-A ’myd. »
C est alors que furent imaginés les points diacritiques (2) destinés à distinguer
i1) E6n-el-A'inyd g i i . (2) AiuxfmKa. [ distinctifs].
l'une de l’autre les lettres exprimées par le même caractère ; et l’alphabet Arabe,
dont les lettres furent portées au nombre de vingt-huit, fut en même temps rangé
dans un ordre différent de l’ancien alphabet, qui étoit composé seulement de vingt-
deux caractères.
L’ancien ordre suivoit celui de l’alphabet ancien Syriaque, auquel il devoit.
son origine ; et des traces palpables en sont encore conservées dans la sérié des.
valeurs numériques exprimées par les lettres de l’alphabet moderne, qui suivent,
à cet égard, la progression de l’ordre ancien, et non celle du nouveau. Dans,
(’arrangement nouveau de l’alphabet, les lettres furent placées dans un ordre
tout-à-fait différent de l’ancien, et principalement en ayant égard aux similitudes,
des formes distinguées par les points.
L’écriture Arabe moderne reçut ensuite tant de perfectionnement par le
vizir Ebn-Moqlah (t), qui fîorissoit vers l’an 321 de l’hégire [933 de l’ère
Chrétienne], qu’on le surnomma l'inventeur de l'écriture (2). Ce vizir donna
aux lettres Arabes des contours plus élégans et plus arrondis, qui, en faisant
disparoître les formes carrées des caractères Koufiques, rapprochèrent l’écriture
de la forme qu’elle a maintenant adoptée : .il vécut sous les règnes des khalyfes
Moqtader (3), Qâher b-illah (4) et Râdy b-illah (5), et mourut l’an 3 3 8 de l’hégire
[949 de l’ère Chrétienne].
Les intrigues d’Ebn-Moqlah lui coûtèrent, à trois reprises différentes;, la main
droite, puis la main gauche, et enfin la langue ; ce qui le conduisit à traîner
une vie misérable et languissante. On rapporte que, lorsqu’il fut condamné à
perdre la main droite, il se plaignit de ce qu’on le traitoit en voleur, et de ce
qu’on lui faisoit perdre une main qui avoit copié trois fois le Qorân, dont les
exemplaires devoient être pour la postérité le modèle de l’écriture la plus parfaite.
En effet, ces trois exemplaires n’ont jamais cessé d’être admirés pour l’élégance
de leurs caractères. Quelques auteurs assurent que, quoique privé de la main,
il ne laissa pas d’écrire encore par le moyen d’une main ou d’une plume artificielle
qu’il se fit attacher.
Plusieurs écrivains Arabes attribuent l’invention de ces beaux caractères, non
à Ebn-Moqlah, mais à son frère, nommé A ’bd-allah (6).
Mais, suivant le témoignage presque universel des Orientaux, ces deux célèbres
calligraphes furent encore surpassés par Abou-l-Hasan (7), plus connu sous le
(1) Abou A ’iy Mohammed ben A ’iy ben Hasan ben
l’an 322 de l’hégire [934 de l’ère Chrétienne], après un
court règne d’un an six mois sept jours; il eut pour successeur
Moqlali (2) d i * q J Ouâdê’ khat Jx ^ a .d ji.6 fj.
ü* c i * j i ' • Râdy b-illah.
(3) prince El-de Moqtader b-illah jû— , dix-huitièm e
-la race des Abbassides, succéda au khalyfe <7-
l’an(5 3)2E2l dRe âl’dhyé gbir-ei l[la93h4 a »dLe cl’sè<»eL ^Cf»h rmétoienntan es]u,l’an 329 de l’hégire [941 de I’ère rChrétienne], re tl em otruôrnuet Moktajÿ illah *»U jx C U ; il monta sur le trône l’an
après un
295 de l’hégire b-[908 de l’ère Chrétienne], et mourut
règne de six ans dix mois dix jours; il eut pour successeur
l’an 320 de l’hégire [932 de l’ère Chrétienne], après un
le khalyfe el-Motaqy b-illah amU Jix ll, vingt - unième
règne de vingt-quatre ans onze mois quatorze jours; il
prince de la race des Abbassides.
eut ( 4)pour successeur illah Qâher a»1j^ b-illah. U f f , monta sur le trône
(6) A ’bd-allah el-hasan a»f<x>c.
l’an 320 El-de Qâher l’hégire b-[932 de l’ère Chrétienne], et mourut
(7) Abou-l-Hasan A ’lyben Hclâl ^ ¡&| •