
viendrait me joindre dans l’endroit que je leur indiquai, et je m’en retournai fort
satisfait de men etre tiré si heureusement.
De retour au Kaire, un mois après, je racontai mon aventure à plusieurs de
mes camarades, qui formèrent avec moi le projet d’aller voir ce camp. Le jour
de cette nouvelle course,, nous nous trouvâmes environ une douzaine, tous bien
armes, montés sur de bons chevaux, et précédés de nossâys (.), qui, suivant l’usage
du pays, couraient à pied, armés de grands bâtons. Je pris seul les devants, pour
oter toute inquiétude aux Terrâbins sur l’objet dè notre visite ; ils me reconnurent
de suite, et mes camarades, arrivant peu après, furent très-bien reçus.
Après nous ê tre reposés, après avoirparcouru leur camp et bu avec eux quelques
tasses de café, nous nous disposâmes à partir, malgré les instances des principaux
de Ja tribu, qui vouloient nous retenir pour manger avec eux d’un mouton qu’ils
avoient tué à notre arrivée; mais nous, en Européens cérémonieux, nous les
remerciâmes, en prétextant des affaires qui ne nous permettoient pas de nous
arrêter plus long-temps. Je m’aperçus que notre refus ne leur faisoit pas plaisir:
cependant, après s’être dit quelques mots à voix basse, iis reprirent l’air affable
qu ils avoient eu jusque-là; et le cheykh, montant à cheval avec quelques Arabes
nous dit qu’il alloit nous indiquer une route plus agréable que celle que nous
connoissions. “
„ A pe,n® hors du camP> {es Arabes simulèrent un combat, et nous nous amusâmes
quelque temps à remarquer avec quelle adresse ils manioient leurs chevaux
et se lançoient le geryd (»). Je m’y étois déjà exercé plusieurs fois; et aimant avec
passion ces sortes de jeux, je ne pus résister au désir d’y prendre part; je me mêlai
parmi eux: tout cela retarda notre marche. Nous arrivâmes enfin sur les bords
du Nil, dans un petit bois de palmiers, où nous fûmes surpris de trouver un repas
tres-proprement servi sur des nattes étendues à terre. « Ce repas se trouve sur
» notre route, dit Je cheykh ; nous pouvons le prendre ensemble, sans vous faire
» perdre trop de temps. » Nous descendîmes de cheval, et Français et Arabes
assis par terre, nous nous mîmes à manger de bon appétit. Il y avoit du lait dam
de grands vases, des poules, du fromage blanc, du miel, des dattes, quelques
gateaux, du pam, et au milieu de tout cela, un mouton entier sur un monceau
de riz a peine cuit. Sans fourchettes ni cuillers, nous servant de nos mains
comme les Arabes, nous arrachions des morceaux de viande et mangions pêle-
mele dans les memes plats. Si plusieurs fois nous nous étions amusés de la maladresse
avec laquelle les Arabes se servoient de nos fourchettes, ils purent ce
jour-la rire de la manière gauche dont nous les imitions: quelques-uns d’entre eux
m e- r v abp portent souvent, outre leur b L on ,e ic,,e ^ ^ « * ■ L itre . ’ l £“ fI dd e leUr ^ eU3» B,n.t ® sser dangereuseumneen sti e6t ™mêm* e rtouiedre ucer,l uqi uq’uilis
(2) Le «end est un bâton d'envi™ t » - ™ leviter01t Pas- 11 m’est arrivé une fois de renverser
pied’ de longueur, H i X o T 'l t T " “ I
Les Arabes préfèrent ordinairement les branches fraîches un cou» de ’ d ™ ’- T ^ da"S le irai
de palm ier, parce qu’elles sont fort pesante, Un h o tm l mois de « ^ Pied Peut pousser le geryd a plus de cinquante pas; à à l’om bre, dans un courant d’air, et l’évaporation qui se
fait à l’extérieur du vase rafraîchit Peau qu’il contient.