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m é m o i r e s u r l e c a n a l
Q. oique le rétablissement du canal soit proposé sous le rapport d’une navi-
gat,on intérieure et pour les bateaux du Nil, il sera susceptible cependant de
evoir des batimens de mer de douze à quinze pieds de tirant d’eau, dans le
emps k plus favorable de la crue, mais pendant quelques mois seulement : les
ecluses auront en conséquence une largeur convenable; les ponts seront mobiles
et les sas disposes pour la plus grande économie des eaux.
M k
Avantages des dispositions de ce Projet.
Si le.système des biefs est indispensable pour prolonger le séjour des eaux et
pour éviter la dépendance absolue des mouvemens du Nil et de la mer Rouge
i assure encore un bien grand avantage, qu’on n’obtiendroit pas, même avec une
pente plus considerable, dun canal établi sous le régime de rivière; car on ne
fôTobs'tr 'T m 7 UV eS CaUX r °UranteS “ ren° UVelées du Nil auraient bien-
tir r Í . Cf na ,Ct rme> au fond du golfe, une barre comme celles qui constituent
les boghaz dangereux de Rosette et de Damiette.
Hérodote, voulant prouver combien le Nil a mis de temps et d’action pour
combler lancen golfe deMemphis, d it:« Si donc le Nil pouvoitse détourner dans
l f S° , « H ^ empécheroit qu’en 20,000 ans il ne vînt à bout de le
» combler par le 1,mon qu’il roule sans cesse! Pour moi, je crois qu’il y réussi-
» roit en moins de 10,000 ans.» y réussi
Ces inconvéniens graves ne sont plus à craindre dans nos dispositions • carie
premier bief sera entretenu à sa profondeur par le courant du canal supériem i l
second bief recevra du même canal., des eaux qui, avant d’y entrer aufom pu
déposer une partie de leurs troubles (1) ; le troisième bief, le lac amer, n’aura
que tres-peu deau a recevoir annuellement du Nil; le quatrième enfin le bief
deau de mer, conservera sa même eau, et celle du Nil aura cinq lieues de moins
a fournir pour compléter le système de cette navigation; ce qui devra accélérer
damant le remplissage dubief de l’Ouâdy et le renouvellement des eaux supériem"
du lac, qui sera le terme de la portée du Nil.
Pour prévenir toute - objection spécieuse, et détruire les doutes qu’on pour-
it elever .sur 1 exactitude des opérations qui font la base de ce projet et que
des circonstances difficiles n’ont pas permis de vérifier, nous rappellerons qu’ayant
acquis, dans les reconnoissances du mois de frimaire an 9 [décembre iS o o l une
preuve matenelle de la portée du Nil jusqu’aux lacs amers, nous sommes fondés
s o f de (“ h T SatÍOn “ NÍI à S° UeyS PÊUt étre établie 3 danger pour le
basse Egypte, et durer aussi‘long-temps que celle du fleuve même
quel que soit, comme nous l’avons dit, le niveau variable du Nil par rapport à
(1) Nous avons remarqué que les eaux, dans la ir . , , . ,
considérable de l'an 9 [décembre 1800] avoient déià d cs av0Ient ''P°se une grande partie de leurs [roubles
acquis, vers Saba’h-byâr, beaucoup de ^ S"P~ J
D E S D E U X MER S .
celui de la mer Rouge : enfin, pour en garantir la possibilité, il ne seroit plus nécessaire
aujourd’hui de vérifier toutes nos opérations, puisqu’il suffiroit de prouver
la précision du nivellement pour la partie seulement comprise entre Soueys et les
lacs ; mais les vestiges qu’on y retrouve du canal, la profondeur du sol, sensible
au premier aspect, et l'écoulement naturel du Nil dans les lacs, que nous avons
si positivement constaté, doivent lever toute espèce d’incertitude.
§. IV .
Dérivation du Canal par l ’Isthme, vers la Méditerranée.
D ans ce projet du canal de Soueys, nous avons expressément motivé le choix
de l’ancienne direction par l’intérieur du Delta, vers Alexandrie, sur les considérations
commerciales particulières à l’Égypte, et sur ce que la côte, vers Péluse,
ne paroît pas permettre d’établissement maritime permanent; néanmoins nous
croyons devoir reconnoître qu’abstraction faite de ces considérations, il seroit
encore facile ( ce qui parut, au contraire, difficile et même dangereux avant l’invention
des écluses ) d’ouvrir une communication directe entre le lac amer et le
Râs-el-Moyeh, prolongée sur le bord oriental du lac Menzaleh, jusqu’à la mer,
vers Péluse. Nous n’avons pas nivelé positivement sur cette direction, du Sera-
peum au Râs-el-Moyeh; mais sur une ligne peu distante et parallèle, duMouqfâr à la
pointe du Menzaleh, où nous avons remarqué que le sol bas et salin, faisant suite
à lOuâdy, a du etre couvert par les eaux du Nil, et antérieurement par celles du
lac amer, dont il nest séparé que par une levée faite de main d’homme : nous
croyons même qu’il n’y auroit que quelques parties de digues à construire jusqu’au
Râs-el-Moyeh, le désert s’élevant de toutes parts au-dessus de ce bas-fond; nous
pensons quun canal ouvert sur cette direction présenteroit un avantage que
nauroit pas le canal de 1 intérieur. En effet, la navigation, qui pourvoit y être
constante, ne seroit pas assujettie aux alternatives des crues et des décroissemens
du Nil; il seroit facile dy entretenir unè profondeur plus considérable que celle
du premier canal, au moyen d’un courant alimenté par l’immense réservoir des
lacs amers, d ou les eaux, par leur chute, pourroient acquérir une vitesse capable
de prévenir les dépôts de sable que les vents y porteroient du désert. On doit
bien observer que Ion n’auroit pas à craindre qu’il s’y formât de barre, comme
d en existe aux bouches de Damiette et de Rosette, parce que les eaux du lac
a.mer, qui alimenteraient les chasses, n’y' déposeroient pas de limon, et que
1 energie du courant, qu’on pourra resserrer entre deux jetées, devra entretenir
un chenal constamment ouvert et profond. Mais ce canal, en recevant son exécution*
seroit indépendant de celui de l’intérieur, qui rattache tout le commerce
e 1 Egypte a un centre commun, et notamment à la ville du Kaire, où aboutissent
toutes les relations commerciales de l'Afrique.
Ce canal restant toujours navigable, on pourrait plus souvent profiter des
vents avorables à la sortie de la mer Rouge ; ce que ne permettent pas les crues