
que l’on voit pour la première fois; il est même impossible de le faire, quand
on ne voit ces choses que d un ceil distrait, ou lorsqu on ne les examine que
superficiellement, comme cela est arrivé le plus souvent. Quelque peu d’importance
quait 1 objet de nos observations, lorsque nous faisons tant que d’en rendre
compte, nous devons y apporter la plus sérieuse attention; autrement nous nous
exposons, par notre négligence, à être accusés d’infidélité ou d’ignorance. Si les
details ou nous sommes entrés dans nos descriptions sont quelquefois arides, ils
n en étoient pas moins indispensables pour prévenir bien des méprises, et ils
-etoient au moins nécessaires, afin quon pût se rendre raison du mécanisme de
la construction de ces instrumens, et juger de la qualité de? sons, ainsi que du
système de leur accord. Les facteurs savent combien de grands changemens peut
occasionner, dans 1 effet que produit un instrument, la plus légère différence dans
les proportions du corps sonore et dans celles de ses parties.
Nous resterons néanmoins toujours fidèles à la loi que nous nous sommes
imposée de ne donner d explication que des choses qui en sont dignes, et de ne faire
mention que de celles qui, par leur originalité ou leur bizarrerie, peuvent piquer la
curiosité. Nous ne parierons donc plus des liens qui n’ont été mis au nây giref que
pour couvrir des défauts accidentels, et nous ne nous occuperons que des choses
qui tiennent essentiellement a la forme et à la fabrication de cet instrument.
A r t i -c l e V f .
D e la Forme du Nây g iref, d e'ses Dimensions et de celles de ses p arties, de
son Doigter et d e sa Tablature..
Le nay giref est compose dun bout.de canne de roseau, qui va en s’élargissant
insensiblement de bas en haut, et d’une embouchure de corne, en forme de cône
sphéroïde e t tronqué à son sommet. L e roseau seul a -468 millimètres en longueur;
et avec fembouchure,J’instrument a 488 millimètres. L e diamètre -de la circonfé-
irence du tube, par le haut, est <de 25 millimètres, et par Je bas il est de 23 millimètres.
I -Au-dessous idu .dernier lien, Je roseau a été aminci, sans doute pour y placer
¡une .virde en .cuivre -de même qu’on en .voit une au grand nây, mais qui s’est
’vraisemblablement détachée du roseau du nây giref que nous décrivons. Dans cet
¡endroit aminci, le tuyau n a que 20 millimètres de diamètre. L ’embouchure du nây
jgiref est à peu près faite de même que celle du nây châh, mais la forme en est
moins sphérique; eHe se prolonge plus directement en cône, et seroit un vrai cône
tronqué, si-les angles de -la base n’en étoient pas arrondis. La hauteur de cette
¡embouchure, y compris la gorge qui en fait partie, est de 26 millimètres. La
portion qui fait la base du cône, a un diamètre de 34 millimètres. L e diamètre de
■la portion tronquée, qui est aussi celui du canal de l’embouchure, est de 19 milli-
anètres.
L es trous du .doigter sont percés sur la seconde, sur la troisième et sur la
quatrième
quatrième phalange. Ils sont ronds d ’un diamètre de 8 millimètres.On a rangé les
six premiers trous, trois par trois, sur une même ligne .qui partage en deux également
là surface du devant. Le septième trou est sur le côté gauche; ce qui le rend
plus facile à atteindre avec le petit doigt de la main gauche qui doit le boucher.
Sur la droite de ce trou, on en voit encore un autre, mais qui est bouché avec de
la e(re. Il a du servir au même usage que le précédent, à quelqu’un qui tenoit son
instrument de la main gauche, confine nous tenons les nôtres (ce qui est contre
l’usage ordinaire des Egyptiens et des Orientaux en général) ; et ceja faisoit qu’il ne
pouvoit, par conséquent, boucher ce trou, ainsi que les trois précédens, qu’avec les
doigts de la main droite. Quant au huitième trou, qui est par derrière, il se bouche
avec le pouce de la main qui tient l’instrument, ainsi que nous l’avons expliqué en
parlant du nây châh.
Le premier des six trous du devant est à 218 millimètres de l’extrémité supérieure
du tuyau, et à 2 millimètres du noeud qui le suit; le second trou est à
22 millimètres au-dessous du premier; le troisième est à une égale distance du
second ; le quatrième trou est à 31 millimètres du troisième; le cinquième est
à 22 millimètres du quatrième; le sixième.est à une égale distance du cinquième:
mais le septième, percé sur le côté, est à 29 millimètres du trou précédent et à
43 millimètres de l’extrémité inférieure du roseau. Le huitième trou, qui est par
derrière, se trouve à la distance de 182 millimètres du haut du roseau, et à
43 millimètres du noeud qui est au-dessous.
Ainsi presque tout, dans ce nây à huit trous, est relatif à ce que nous avons
observé dans le grand nây à sept trc-us, tant pour la construction de l’ensemble
que par l’ordre et les dimensions des parties. Le seul septième trou , qui est par
devant et que l’on bouche avec le petit doigt de la mai.n gauche, paroît occasionner
toute la différence que nous avons remarquée dans le doigter, et dont on pourra
juger par la tablature suivante : _
Tablature et Étendue des Sons du Nây giref.