
en partant de Qatych, où nous nous rendions en. opérant, si l’ennemi, ayant
débarqué des troupes à Soueys, se fût dirigé sur l’Ouâdy. Mais, les mouvemens
mieux connus de l’ennemi s’étant bornés à une reconnoissance des forts d’el-A’rych
et de Qatych, nous résolûmes de retourner dans le désert, pour y reprendre le
cours de nos travaux.
Nous avions repris, le 8 frimaire [29 novembre], et prolongé notre opération ;
le 9 [30], nous cherchâmes en vain le puits d’Abou-el-Rouq (1), où nous devions faire
de 1 'eau : le guide Arabe qui devoit nous y conduire, feignit de ne plus se recon-
noître ; nous avions des motifs de lui soupçonner l’intention de contrarier notre
marche, et de protéger des convois de sa tribu pour la Syrie. Ce contre-temps
nous força de suspendre encore nos opérations, et de nous rendre directement
aux Byr-el-Deouydâr, puits qui se trouvent sur la route basse de Sâlehyeh à
Qatyeh : nous y fîmes de l’eau; e t, après avoir reconnu les environs de ce nouveau
site et les difficultés d’opérer dans les dunes sur la direction présumée de
Péluse, nous résolûmes de nous rejeter à l’ouest sur les bords du lac Menzaleh,
dont les terres basses présentoient moins d’obstacles pour le nivellement. Nous
opérâmes en effet moins péniblement jusqu’à la Méditerranée, sur une plaine
vaste, recouverte d’une croûte saline et humide, mais assez solide, et nous pûmes
alors donner de plus grandes portées à nos coups de niveau.
Ces dernières opérations fournissent un développement de 23,000 mètres depuis
les Byr-el-Deouydâr jusqu’à la mer. Le 11 frimaire [2 décembre], nous rattachâmes
ce nivellement aux plus hautes laisses de la mer, à l’embouchure Pélusiaque, au
pied de la batterie dite de Tyneh; c’étoit le cinquième jour delà lune, il étoit
onze heures dix minutes du matin, la marée (2) commençoit à monter, et le vent
souffloit du nord-ouest avec assez de force.
Après avoir visité la côte dans ces parages, nous nous rendîmes directement à
Qatyeh. Nous suivîmes les bords de la mer pendant une heure de marche vers
l’est, et nous reprîmes les sentiers frayés dans les dunes, à l’est 4- sud-est.
Ces dunes sont fort élevées ; les sables en sont extrêmement blancs, fins et mou-
vans. Cette route est très-difficile pour l’artillerie : on y trouve des bas-fonds marécageux
et salins, avec quelques traces de végétation que des eaux plus ou moins
saumâtres y entretiennent. Plusieurs de ces lagunes nous ont paru être au-dessous
du niveau de la Méditerranée, qui en est peu distante.
Arrivés à Qatyeh (3), après quatre heures et demie de marche de Tyneh, nous
trouvâmes près du général Destaing, qui y commandoit alors, de nouveaux moyens
en vivres et en escortes, pour achever nos opérations de Byr-el-Deouydâr jusqu’au
point du désert où , quatre jours auparavant, nous avions été forcés de les suspendre.
Le 15 frimaire [6 décembre], nous les terminâmes, après avoir parcouru
un nouveau développement de 42,420 mètres, de Byr-el-Deouydâr au point de
(1) Abou-el-Rouq etoit, dit Maqryzy, une petite v ille ; un à deux pieds dans tous les ports de la Méditerranée,
elle sc trou voit sur la route supérieure de Sâlehyeh à Elles ne sont pas plus fortes à Alexandrie.
Qatyeh. (3) Qatyeh n’étoit qu’un poste retranché dans le
(2) On sait que les plus fortes marées n’excèdent pas désert.
repère cité ci-dessus. Nous nous rendîmes à Sâlehyeh , en longeant les lagunes
marécageuses du Menzaleh, qui éprouvent les mouvemens de ce lac et f’in-
fluence des marées par les canaux du Qantarah (t), pont situé sur la route de
Sâlehyeh à Qatyeh.
Arrivés à Sâlehyeh, nous nous proposions de nous rendre à Faqouçah (2), sur
l’ancienne branche Pélusiaque, que Strabon dit avoir été la prise d’eau du canal des
Rois : mais les eaux n’étoient pas suffisamment retirées, et nous dûmes ajourner
encore cette reconnoissance. Nous ne ferons pas mention de divers autres incidens
qui, nétant daucun intérêt dans ces résultats, n’ont eu d’autre effet que de ralentir
notre marche, de fatiguer nos escortes, e t, plus malheureusement encore,
d’affliger, dans nos rencontres, des familles dispersées d’Arabes, dont la fuite, qui
pouvoit netre que 1 effet de la peur ou de la prudence, excitoit nos gens à des
excursions qui compromettorent souvent notre propre sûreté.
En remontant au Kaire, et passant les Goufour-Soultânyeh [les digues du Sultan],
qui couvrent l’Ouâdy vers A ’bbâçeh et Seneka, nous observâmes la différence
sensible des niveaux et l’élévation des terres à l’ouest, par rapport à celles
de la tête de l’Ouâdy, dont la pente s’accroît tellement, que, vers le santon d’Abou-
Nechâbeh, d s’y trouvoit, après la crue de l’an 9 [t 800], plus de 20 pieds d’eau.
Il reste à rendre compte des opérations confiées aux ingénieurs de la seconde
brigade, pour la partie comprise entre le Mouqfâr et le Meqyâs de Roudah,
dont le résultat devoit donner pour complément là pente du Nil depuis le Kaire
jusqu’à la Méditerranée.
Dans le rapport que me remit M. Févre, sur l’opération du nivellement
que je lui avois confiée, du Mouqfâr au Kaire, cet ingénieur dit : « Du 21 au
» 26 brumaire [du 12 au 17 novembre] , nous avons parcouru le terrain sur lequel
» nous devions opérer; nous avons relevé les vestiges du canal entre A ’bbâceh
» et Sabah-byâr. Le 27 [18], nous nous séparâmes de l’ingénieur en chef, qui
» nous laissa 4o hommes d’escorte et quelques dromadaires, en se portant vers
» Péluse.
» Nous avions à niveler depuis le Mouqfâr jusqu’au Kaire, sur vingt-deux lieues
» d’étendue j le temps nécessaire à cette opération dépendoit de notre instru-
» ment (le niveau d’eau) (3), q u i ne pennettoit pas de grandes portées ; nous avions
» seulement 1 avantage de pouvoir constamment établir l’instrument au centre des
» stations, et de nous affranchir des considérations de la différence du niveau
» apparent au niveau vrai, et de la réfraction terrestre. Nous nous sommes servis
».cependant du niveau à bulle d’air, de la 472.' à la 47 8.c station. Différens
» o stades ne nous ont pas permis de continuer le nivellement dans le lit du
» canal; nous avons plus souvent opéré sur les digues et au-delà.
» Le 29 [20 novembre], nous étions à trois lieues du point du départ, quand nous
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d*après k recon T " 0" / Faq° U*lh mahon du * * “ * •» Caffarelli, lors de la révolte duKaire,
Reynier. q" C" * lc 8enéral a '™ que beaucoup d’objets précieux, dont la privation
h \ On avoir mnnrri 1 r - , , , a ^ P^us vivement sentie dans les derniers temps de 13) avoit apporte de France de très - bons niveaux notre séjour en Egypte. .