
d e s c r i p t i o n d e l ’ a r t
quelquefois même elles se trouvent en contradiction les unes avec les autres de
sorte qu ,1 seroit très-difficile, en comparant tous leurs récits, de se faire une idée
exacte du procédé. Nous nous sommes décidés, par cette raison, à en présenter
ici tous les détails, tels que plusieurs personnes de l’expédition les ont vu exécute!.
La description que l’on va lire a été rédigée ‘d'après les notes'recueillies par
es et sur-tout daprès celles de feu M. Lerouge, qui avoit suivi toutes les opérations
avec beaucoup d attention et d’assiduité. Il avoit même entrepris quelques
recherches pour établir la théorie de la formation du sel ammoniac ; mais il a été
enleve par 1 ep,demie de . 801, avant d’avoir pu les terminer, et l’on n’a pu tirer
<ie grandes lumières de ses expériences.
II résulte de l’exposé que nous venons de fkire, que les derniers voyageurs que
nous avons cites ont suffisamment prouvé la vérité de l’assertion de Lemaire
relative a Iemploi des suies sans aucun mélange/et il seroit superflu de la conrmer
encore par notre propre témoignage : on doit conclure de cette pratique
que les smes contiennent le sel ammoniac tout formé, et qu’on ne fait que l’en
extraire par la sublimation • diverses expériences qui ont été faites sur ce sujet
conduisent a la meme conséquence. Cette propriété des suies, comme font très-
.en remarque Lemaire et le P. Sicard, dépend de la nature des combustibles qui
les ont produites, et c’est par conséquent de ce dernier objet-d abord nous occuper. que nous devons
d e s c o m b u s t i b l e s u s i t é s e n é g y p t e .
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tout combustible minerai les ont forcés, depuis long-temps saüs doute, à adopter
cet usage, qu, n a pas, dans cette contrée, les inconvéniens qu’il présenteront
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les seuls dont on fasse usage, les poussières criblées des décombres et le fumier
de pigeon, sont trop abondans pour que l’on ait à regretter celui que pourroient
ourmr les quadrupèdes. Les excrémens de ces derniers sont recueillis avec soin
et exclusivement destinés à servir de combustible.
Pour les rendre propres à cet emploi, on les écrase d’abord, et on les pétrit
pour leur donner la consistance d’une pâte molle. Si la matière est trop dure, on
I humecte avec un peu d’eau; si elle est trop liquide, on y ajoute de la paille ha-
chee : comme on fiit cette opération sur le sol, i. s’y mêle toujours un peu de
terre On en forme ensuite des pelotes que l’on projette contre un mur ordinairement
en terre et exposé au soleil. La pelote s’y colle en s’aplatissant, et prend
ainsi la forme d une espèce de tourteau, dont l’étendue varie selon la quantité de
matière employée a le former. Quand elle est sèche, on la détache pour la mettre
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ceaux épais et larges comme la main coûtent au plus trois médins, ou environ
D E F A B R I Q U E R L E S E L A M M O N I A C . 4 I 7
un décime. Elle est néanmoins trop chère pour être employée par toutes les classes
des habitans. On en diminue le prix en y ajoutant, dans sa préparation, une grande
quantité de poussière et de terre. On forme de ce mélange des mottes grosses
comme les deux poings, que Yoÿ: fait sécher au soleil. Elles brûlent assez bien, à
la manière des tourbes, et se èoroument peu à peu, en donnant une chaleur
très-égale. On leur donne le nom de ktrs.
Indépendamment de ces deux espèces de combustibles qui sont trop coûteux
pour certains établissemens, on brûle encore les balayures des rues et les pailles,
les os, les plumes, les excrémens de toute espèce desséchés par la chaleur du
soleil, qui se trouvent sur les monticules d’immondices et de décombres qui entourent
les villes, et que l’on sépare de la terre à l’aide d’un crible. C’est particulièrement
avec ces matières, qui contiennent encore beaucoup de terre, et qui
sont imprégnées de sel marin (i), que l’on chauffe les bains publics.
. Les combustibles végétaux ne sont employés exclusivement que dans quelques
ateliers qui ne fournissent pas de suies, tels que les fours à brique et à poterie,
et les fourneaux de verrerie, où l’on ne brûle que des pailles et des tiges de dourah
et de roseaux. Le gelleh est employé même dans les fours à pain.
Les trois espèces de combustibles dont il a d’abord été question, doivent produire
beaucoup d’ammoniaque pendant leur combustion, puisqu’ils contiennent
une grande quantité de matières animales : mais ce principe, pour former le sel
ammoniac, doit être combiné avec l’acide muriatique ; et l’on ne peut supposer
que ce dernier ait d’autre origine que le muriate de soude qui se trouve dans les
matières que l’on brûle. Les matières ramassées dans les rues et sur les monticules
de décombres en contiennent beaucoup ; et son existence dans les excrémens tles
quadrupèdes de l’Egypte est un des faits les mieux constatés par les expériences
de M. Lerouge, qui y a trouvé aussi des sulfates et des sels amers, mais qui n’a
point déterminé la nature particulière de ces derniers.
11 est facile d’expliquer le dégagement de l’acide muriatique dans les foyers où
l’on brûle le kers ou les immondices des villes, puisque, ces matières contenant
beaucoup de parties terreuses mélangées avec le sel marin, toutes les conditions
nécessaires pour la décomposition de cette dernière substance se trouvent réunies
: mais lorsque l’on emploie uniquement le gelleh, la quantité de terre qui
s’y trouve paroît bien peu considérable pour qu’elle puisse agir d’une manière
sensible sur le muriate de soudej et ce dernier doit être décomposé sur-tout par
les autres sels avec lesquels il se trouve mélangé dans les matières excrémentitielles.
On peut croire aussi que pendant la digestion il se forme des muriates terreux, qui
sont décomposés ensuite par la chaleur de la combustion, et même qu’une petite
quantité de muriate d’ammoniaque est déjà toute formée dans les excrémens ;
mais les effets de ces deux dernières causes sont certainement très-foibles en comparaison
de ceux que doit produire la première que nous avons indiquée.
Quelles que soient, au surplus, l’époque et la cause de la décomposition du sel
(1) La poussière des rues contient plusieurs centièmes de son poids de sel marin,.