
l'incubation artificielle. L éducation des poussins présente seule plus ou moins
de difficultés, selon le climat et la saison. .Mais 1 industrie des Européens ne
surmonte-t-elle pas tous les jours des difficultés semblables, en naturalisant dans
nos climats des plantes et des animaux étrangers !
Pour parvenir à faire éclore des oeufs par l’incubation artificielle, et à élever
les poussins sans le secours des poules, il seroit, en quelque sorte, nécessaire
de se conformer à la méthode simple et industrieuse des Égyptiens : il faudroit
sur-tout renoncer à ces grands établissemens, où l’on espéroit faire éclore et
élever en même temps plusieurs milliers de poulets.
R o u y e r .
N O T I C E
SUR
LES M É D I C A M E N S U S U E L S
D E S É GY P T I E N S ;
P a r M. ROUYER,
M em b r e d e l a C o m m i s s io n d e s s c i e n c e s e t d e s a r t s d’É g y p t e .
L e s naturels de l’Égypte font usage d’un petit nombre de médicamens. Ils ne
reconnoissent que trois espèces de maladies ; ils attribuent les unes à l’abondance
de la bile, les autres au froid subit, d’autres enfin à la grande chaleur. Us n’admettent
également que trois sortes de médicamens, les purgatifs, les échauffkns,
et les raffaîchissans, qui, divisés eh trois classes correspondantes à celles des maladies,
indiquent de suite l’usage de chacun d’eux.
Les Egyptiens n’emploient que des drogues simples. Les réduire en poudre, les
mêler avec du sucre, ou les incorporer dans du miel, sont les préparations ordinaires
de toutes les substances médicinales qu’ils doivent prendre intérieurement.
Us ont rarement recours aux médicamens plus composés. Leurs manuscrits pharmaceutiques
n’en indiquent presque aucun, quoiqu’on y trouve beaucoup de recettes
tirées des principaux auteurs Arabes, auxquels nous devons un grand nombre de
compositions officinales.
Leur science médicale ne conserve plus que quelques débris de celle des peuples
qui les ont précédés. En Égypte, il en est aujourd’hui des nombreux médicamens
des Arabes, comme des arts et des monumens anciens ; on n’y trouve plus que
des ruines a peine reconnoissables; le temps, l’ignorance et les préjugés les ont
également détruits. On ny recueille plus l’opium Thébaïque (i), autrefois si estimé,
et si vanté encore de nos jours dans beaucoup de pharmacies. Le suc d’acacia fa),
(i) Akhmym p f ) , petite ville de la haute E gypte, est tans de cette province, et qu’on porte le seul endroit où quelques C hrétiens Q obtes retirent de. Kaire. rarem ent jusqu’au
la plante entière du pavot [papaver somniferum, L inn.] (a) E n E gypte, on recueille encore avec soin les si!iL
un extrait de peu de qualité, qui ne sert qu’aux-habi- ques de l’acacia [mimosa Nilo'iica, L inn.], non pour en