
divers droits sur les comestibles qui se vendoient dans les places dont ils avoient
le commandement et la police.
Les cheykhs el-delâlyn, chefs des courtiers au Kaire, percevoient un droit sur
tous les courtiers qui font dans les marchés publics la vente des linges, hardes ,
habits, &c. Hors de là, chacun peut vendre par lui-même; mais, dans les marchés
, le ministère des courtiers est indispensable. Ces cheykhs étoient au nombre
de deux; lun etoit T urk, et l’autre Égyptien.
Les trois ouâly du Kaire, de Boulâq et du vieux Kaire, étoient chargés, sous
les ordres de lagliâ des janissaires, des détails de la police; ils avoient des droits
sur les consommations et les amendes, et jouissoient anciennement d’une pension
qui leui etoit payée par le pâcha. Il y a environ soixante-dix ans que celui-ci, se
refusant a Iacquitter, obligea 1 ouâly du Kaire à satisfaire ses collègues, et lui-
meme demeura charge d acquitter le myry de ces trois officiers. Cette disposition
mit les ouâly du vieux Kaire et de Boulâq dans la dépendance de celui du Kaire,
qui jouissoit en outre d’un traitement assigné sur le trésor public. Ce dernier
étoit attaché au service du dyvân, où il remplissoit des fonctions analogues à
celles d’huissier audiencier.
Les effendy de la Charqyeh, de la Gharhyeh, et l’effèndy chaher, tenoient le
registre du myry du en argent par toutes les provinces : le premier étoit chargé
de celles de la basse Égypte, à 1 exception du Delta, qui appartenoit au second ;
le troisième avoit les provinces de l’Égypte supérieure. Ils étoient payés par le
trésor public, et levoient un droit sur les moultezim de leurs arrondissemens.
L efïèndy des denrees, el-ghalâl, tenoit le registre de toutes les terres qui payoient le
myry en nature; il étoit doté comme ses collègues. L’effendy contrôleur des grains
du myty surveilloit les opérations de 1 emyn a’nbar; il tenoit le registre de toutes
les denrées qui entroient dans les greniers publics, de même que celui qui régloit
leur emploi. Lemyn anbar ne pouvoit disposer de rien sans sa participation. Le
pacha et Je rouznâmgy contribuoient à son traitement; il percevoit en outre des
droits sur les distributions faites par l’emyn a’nbar. L’effendy du kourekgy tenoit,
pour cette branche du myry sur les terres, un registre qui énonçoit la taxe payable
par chaque village ; ses honoraires étoient payés par le pâchâ, le rouznâmgy et les
moulteffim. L effendy kechydeh étoit un eunuque chargé de payer les pensions
assignées à ceux de ses confrères que la Porte exiloit en Égypte. C ’est la disgrâce
infligée à ces malheureux quand ils déplaisent à leur maître. L’effendy des orphelins,
&c. &c. tenoit le registre des pensions accordées par les sultans aux orphelins,
aux veuves, aux cheykhs et autres; il étoit pensionné par le pâchâ, et recevoit
une rétribution de chaque partie prenante. L’effendy gouâly étoit l’écrivain qu’em-
ployoit l’aghâ envoyé annuellement de Constantinople pour la perception du
karach, impôt établi sur les sujets du grand-seigneur non Musulmans. Cet aghâ
pourvoyoït au traitement de l’effendy sur le produit de cet impôt. Tous ces
effendy geroient leurs places sous les ordres du rouznâmgy ; ce qui n’empêchoit
pas qu’elles ne fussent inamovibles.
L’effendy des reiàq tenoit le registre des terrains ou des propriétés en terres
qui avoient cette dénomination. Sa gestion étoit indépendante de celle du rouznâmgy.
Le pâchâ lui faisoit une pension; il avoit en outre un droit sur l’établissement
et les mutations des reçâq.
Tels étoient les titulaires des charges soumises à l’impôt du myry. On a vu
qu’elles consistoient moins en revenus sur le trésor public, qu’en redevances sur
les terres et les personnes.
CHAPITRE III.
Impôts sur l ’Industrie et les Consommations.
§. I."
Des Douanes.
L e sultan Solymân établit quatre douanes principales en Égypte :
A Boulâq et au vieux Kaire,
A Alexandrie,
A Damiette,
Et à Soueys.
Leurs produits furent abandonnés, sous la réserve du myry que nous allons
mentionner ;
SAVOIR:
A l'ogâq des janissaires, ceux des douanes de Boulâq et du vieux Kaire, qui furent réunies
et soumises à un seul et même myry de...................................... 4»31 i,872mid-
Au même corps, ceux de la douane d’Alexandrie, moyennant un myry de.. { i ) 6,744*3 96.
Au même, ceux de la douane de Damiette, moyennant un myry de 2,3 18,162.
Au pâchâ, ceux de la douane de Soueys, moyennant un myry de 6,071,056.
T o t a l .......................... 1 9 , 4 4 $ » 4 8 6 mid-
Faisant.................. 694>4811 I2* iod
et en francs....... 685,907f 81e
L’esprit de l’islamisme réprouve tous les bénéfices étrangers au travail et à
l’industrie : ceux qui proviennent des douanes paroissant étrangers à cette origine,
la perception de cet impôt est ordinairement confiée à des Chrétiens ou à des
Juifs qui s’en rendent les fermiers.
La position géographique des places où étoient établis les bureaux des douanes,
indique les contrées d’où provenoient les importations, et celles où arrivoient les
exportations. Le commerce de Sennâr, des royaumes de Dârfour, de Fezen, &c.
se faisoit par des caravanes qui venoient arriver au vieux Kaire; celui de la Turquie
(1) Les beys, qui s’étoient approprié toutes les douanes, sur les réclamations faites antérieurement par l’ogâq
ne payoient dans les derniers temps, pour le myry de des janissaires, le pâchâ se mit à son lieu et place pour
celle d’Alexandrie, que 5,4.13,147 médins, parce que, 1,331,249 médins.