
cordon, une lisière ou une courroie qui passe par-dessus son cou, et dont les deux
bouts viennent s’attacher chacun à un anneau soudé au bord de l’instrument. On
bat cette timbale aussi avec deux petites baguettes.
Le tablat eg-gâouyg ^ ¿ 1^1 -tLL est une petite timbale, dont le gâouygy ou plutôt
le chaouych, se sert lorsqu il fait partie du cortège des autorités réunies de la ville
dans les grandes solennités. Celui-ci est monté à cheval, et tient de la mam gauche
cette timbale par une poignée qui se trouve au sommet B de la partie convexe
de cet instrument, et la bat de la droite avec une petite baguette. Le tablat eg-gâouyg
a de diamètre, à sa surface A , 2 17 millimètres, et de profondeur, à partir du centre c
jusquau sommet B de sa partie convexe, 162 millimètres.
Le tabil migty »(>u tambour Occidental, est une petite timbale dont
le diametre n a pas plus de 162 millimètres, et dont la profondeur est à peu près
de 135 millimètres : elle a aussi un petit manche ou une poignée pour la tenir, et
se frappe, non pas avec des baguettes, comme la précédente, mais avec un bout
de lanière.
Les deux autres timbales, qui ne sont point admises parmi les instrumens de
musique civile et militaire, sont le |j| s tu i i ’¿ L L tablat el-mousaher et le
j B i tallat d - mecheykh. Le tablat el-mousaher (1) se nomme encore bâz.
C ’est une petite timbale qui ne diffère guère de la précédente que parce qu’elle se
frappe avec une baguette de bois, et que le corps de l’instrument n’est pas toujours
en cuivre (2). Plusieurs confréries de foqarâ règlent lesmouvemens de leurs danses
ou zelr par le bruit mesuré et cadencé de cet instrument, comme, par exemple,
la confrérie des mellâouyeh (3), celle des chynnâouyeh (4), celle des a ’iouânyeh (y),
Celle des bourhamyeh (6), celle des saadyeli (7), celle des khalouatyeh (8), &c.
L e tablat el-meçheylh '^ A \ aL L est une petite timbale d’un moindre diamètre
encore que celui du bâz ; elle est plus ordinairement en bois qu’en cuivre. C ’est
1 instrument dont se servent quelques mendians en Égypte, et sur-tout au Kaire.
4 1) N ous avons expliqué, dans noire M ém oire sur ont soin d’avoir toujours le châle de'leur turban de la
c l etat est que actuel le mousaher,de l’art musical et l’usage en É qué gypte,celui- p ci .7 2 fait 4 , de ce que son rouge. couleur de la bannière de leur confrérie, c’est-à-dirè,
instrum ent. ^ [1) O n voit quelquefois de ces timbales en terre ou (5)constances, Les a’iouânyeh comme sont à la fête ceux du qui, dans certaines portent de cir-
Mahmàl,grosses
er*( 3h)f CS' ette confrér rie a été appelér e ainsi, du nom de poiue rmreasr pchenednut easrm àé sle duer fceorsu p, oeitn tsu’esn o ufr adpep penoti glnaa prdosi trdionnet,
son fondateur, Gelai ed-dyn M eJlâouy, de M ellao dans ils se frappent à la tête, à la figure, aux yeux, à la poile
pays des Moghrebins, c est-à-dire, dans la Barbarie. Les trine, qu’ils ont découverte ; ils les y laissent même souvent
dmee llleâuour ytuehrb oannt aluesusri dbea ncneitètere c vouelreteu,r . et portent le châle pendre pendant quelques et ensuite les retirent.
instans, poussent des .cris horribles,
(4) Le chef-lieu de cette confrérie est à T antah, ville (6 ) C ette confrérie a pour fondateur le cheykh Syd
fbycdt etl-TBAeda0o6u y. ^Ceux -°cUi sdeC dhis timngeru-e nLte puar rf uonned abtaenunri èfruet dIber âchoyumle uerd v-Deretess.ouqy; leur bannière et leurs turbans sont
en soie rouge; ce qui est contraire aux principes reli- (7) Les saadyeh Sont ceux qui m angent des serpent
gieux des M usulm ans, qui rejettent l’usage de la soie, crus. C ette confrérie tire son origine de Saad ed-dyn eg-
rie 1 argent, de l’o r, des diam ans, et de tout ce qui est G etaouy, du pays d’E ’râq, son fondateur. Leur bannière
de luxe : mais les M ahom étans, comme les sectateurs et les châles de leur turban sont de couleur verte,
de bien d’autres religions, ne se sont point assujettis strie- (8) C ette confrérie a été fondée par Abou-yazyd elLteems
ent aux principes qui leur ont paru trop rigoureux. Bourham y. Leur bannière, ainsi que les châles de leurs chynnâouyeh vont tête nue, ou, s’ils se couvrent, ils turbans, sont blancs.
Il est d’autant plus nécessaire -aux pauvres dé ce pays d’employer des moyens qui
les annoncent quand ils passent dans les rues, comme de chanter, de jouer de
la flûte ou de battre de petites'timbales, que, toutes les maisons y étant habituellement.
fermées (i),-et les femmes étant retirées dans leur harem, ils ne pourroient
être vus de personne, ni attirer par conséquent l’attentidn et la commisération
des personnes charitables qui ont intention de les secourir.
C H A P I T R E IV.
Des Instrumens brnyans oii des Tambours.
U n bruit confus, une cacophonie que l’oreille ne supporte qu’avec peine, n’ont
jamais paru faits pour s’allier avec des mouvemens réglés et cadencés de plusieurs
personnes que le plaisir a réunies ; image intéressante de la concorde, de la bonne
intelligence et des tendres affections, qui constituent l’ordre et le bonheur de là
société : aussi les instrumens absolument privés de mélodie et seulement bruyans
ont-ils été généralement exclus de la danse chez presque tous les peuples, et surtout
chez les peuples civilisés, parmi les personnes bien élevées, dont le goût épuré
exige plus de délicatesse dans le choix de leurs plaisirs. C ’est pourquoi les tambours,
comme étant plus propres à répandre le trouble et le désordre dans les sens, ou
à faire naître l’inquiétude et l’impatience, ou à exciter la colère, à provoquer la
vengeance, ou à répandre la terreur et l’épouvante, suivant qu’on les frappe plus
foiblement, plus fortement ou plus violemment, et suivant que le rhythme des
coups qu’on frappe est plus ou moins égal, plus lent ou plus rapide, ont toujours
été employés avec plus de succès dans les armées, au milieu, des camps et au moment
d’une mêlée, que dans toute autre circonstance. Nous doutons cependant que
•jamais leur effet ait été aussi puissant que l’étoient chez les anciens peuples ces
cris affreux que poussoient à-la-fois des milliers de soldats animés du désir dé combattre,
à la vue de l’ennemi, et à l’instant où, brûlant d’impatience d’en venir aux
mains, ils se précipitoient sur lui avec une impétuosité furieuse. Les Spartiates, dont
il étoit, au contraire, plus nécessaire de modérer que d’exciter la valeur, loin d’avoir
recours au bruit pour enflammer le courage de leurs guerriers, employoient la flûte
comme l’instrument le plus mélodieux, et celui dont les-sons, par leur douceur,
ainsi que les chants graves qu’ils accompagnoient, et la puissance du rhythme
dactylique qui les régloit, étoient plus capables de calmer la bouillante ardeur
qui animoit chaque soldat, qu’ils n’étoient faits pour irriter ses sens. L ’histoire
ancienne ne nous offre aucun exemple de l’usage de tambours aussi gros que
notre caisse militaire, e t, à plus forte raison, d’un volume aussi considérable
que celui de notre grosse caisse. Les tambours portent un caractère de barbarie
que le rhythme le plus habilement mesuré ne peut effacer. Cette espèce d’instrument,
inconnue des anciens, et qui est employée aujourd’hui dans les armées, chez
(i) II n'y a d’ouvert le jour, en Égypte, que la boutique
des ‘bazars ou des marchands quelconques, et les
É . M .
cafés; ces Iieux-là, que l’on n’habite pas', ne sont occupes'
que le jour. N n n n n n a