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Mamlouks, ont un moubâchîr (i) ou intendant, qu’ils choisissent à leur gré parmi
les Qobtes. Sa principale fonction est de correspondre avec les serrâf (2.) qui sont
dans son arrondissement, et de tenir compte des revenus à mesure que le recouvrement
s'en fait; il est dépositaire du registre du myry, et de l’un des registres
du mal el-hour et du barrâny de chaque village. Il y a, en outre, deux autres
registres de ces deux derniers droits : l’un est entre les mains du serrâf; et l’autre ,
qui appartient aux cultivateurs, est déposé chez le châhid (3).
Il n’y a communément qu’un seul serrâf par village; il est choisi par l’intendant
Qobte, et toujours Qobte lui-méme. U est chargé de percevoir les revenus et de
vérifier les espèces ; il est responsable de leurs valeurs : l’intendant lui sert de
caution et paieroit à sa place, dans le cas où il viendrait à se trouver quelque
déficit dans la caisse.
L intendant Qobte a encore sous lui plusieurs écrivains, selon l’étendue de ses
occupations.
Lorsque le moultezim n’a pas d’intendant, c’est lui-méme qui nomme ses serrâf.
| Le chahid, ou témoin, est toujours l’un da fellâh du village; il doit savoir
ecnre et compter : il est, en quelque façon, l’homme des cultivateurs; c’est lui
qui veille a leurs intérêts. U tient la liste des droits payés par les fillâh dans le
cours de Iannée, afin qu’ils soient comptés en déduction lors de l’acquittement
de impôt. Il n’y a qu’un châhid par village ; il est choisi par lesfellâh, et accepté
par les moulteftm, ou seulement le plus puissant des moultefim.
Si quelques portions de terres n’ont pas été arrosées, le moultezim les fait mesurer,
afin de ne faire payer aux fellâh qu’une imposition proportionnée à l’étendue
des terres qui peuvent être cultivées. Quelquefois il envoie pour cela un Qobte
m m (4) » cest-a- dire, arpenteur; mais, le plus, souvent c’est un des hommes
du village employé pour diriger la culture des terres du moultezim, et nommé
khaouly (y), qui fait l’arpentage, tandis que le serrâf écrit et calcule. Le cheykh
dont cette terre dépend, sert de témoin dans cette opération ; le qâymmaqâm (6)
y assiste aussi, lorsque la quantité de terre non arrosée se trouve être considérable.
., , ,Un 1VlJ,aSe où il y a plusieurs moultezim et par conséquent plusieurs
khaouly, le plus instruit ou le plus puissant est chargé de la distinction des propriétés
particulières des cultivateurs, dans le cas où il vient à s’élever entre eux Quelques
contestations à ce sujet. Ce khaouly ne sait le plus souvent ni lire ni écrire
et ses connoissances sont consignées dans sa mémoire seulement : aussi le Gl’s
succede-t-il ordinairement à son père dans les fonctions d’arpenteur. Cependant
s il a fait a dessein quelque faux arpentage, les cheykhs le dénoncent au plus puissant
moultezim, et lui présentent en même temps un homme capable de le rem-
village moultezim destitue le premier, et nomme celui-ci khaouly du
Les terres plantées de dattiers payent aux moultezim, dans certainsfays, suivant
(l J jwly .
(2) o f .
(3) « . L . II n’y a pas de registre général du mal el-hour de l’Égypte.
(4) .
(5) dy*--
(6) çlxe ^.ls .
l'étendue de la plantation; dans d’autres, l’impôt de ces terres est déterminé par
le nombre des dattiers.
Les usages que l’on suit pour l’administration des terres d’ousyeh, sont sujets à
un grand nombre de variations ; non-seulement ils sont différens d’un village à un
autre, mais ils varient encore au gré des moulteftm. Voici pourtant ce qui a lieu
en général : ou le moultezim afferme sa terre, ou il la fait cultiver par des fellâh
qu’il paye, ou enfin il a dans quelques lieux le droit de la faire cultiver par corvées;
Dans le premier cas, le propriétaire afferme sa terre d’ousyeh au cheykh qui,
dans le même village, dirige la culture de ses autres terres. Toujours le prix du
bail est plus fort que la somme du mâl el-hour et du barrâny que payent les terres
des fellâh de ce village. Ce surplus va communément d’une à quatre pataquès par
feddân, selon la bonté des terres, ou suivant leur proximité des villes : ainsi celles
des environs de Boitlaq (1) sont affermées à un taux encore plus élevé.
Dans le second cas, le moultezim a, dans chacun de ses villages, deux hommes
principaux chargés de la culture et de la récolte de ses terres d’ousyeh : l’un est
khaouly, ou surveillant ; l’autre est oukyl (2), ou procureur.
Le khaouly, de concert avec le cheykh, distribue la terre aux divers fellâh,
selon leurs besoins ou leurs demandes. C ’est lui, ou tout autre homme de confiance,
qui est dépositaire des fonds nécessaires au paiement des fellâh.
L’oukyl entre en fonctions lorsque le temps de la récolte est arrivé. Il tient
registre de la quantité de grains recueillis, et les fait déposer chez lui. Il est assisté du
cheykh, comme témoin. Les fellâh reçoivent de quarante-cinq à soixante medins
par feddân pour la culture;'et, pour la récolte, on leur donne par jour une gerbe
de blé ou d’orge, ce qui peut faire tout au plus un quatre-vingt-seizième dlardeb (3).
Dans le troisième cas enfin, celui où le travail se fait par corvées, le khaouly
reste toujours distributeur des terres et surveillant de la culture. Les attributions
de l’oukyl restent aussi les mêmes que précédemment.
Toutes les fois que les terres ne sont pas affermées, les animaux nécessaires au
labourage, et les grains pour l’ensemencement, sont fournis par le moultezim. Les
animaux sont confiés aux soins d’un gardien appelé kallâf{4). Dans les villages où
la culture de lard el-ousyeh se fait par corvées, les hommes qui viennent y travailler
avec la charrue, reçoivent un salaire : ainsi c’est sur la classe la plus misérable
des fellâh que cette charge appuie principalement.
Les fellâh sont contraints de curer les canaux particuliers; mais le moultezim
doit les payer suivant les prix accordés par l’usage. C ’est encore le khaouly qui
surveille ce travail.
Les terres des mosquées, et généralement toutes celles appelées r'tiqah, sont
administrées comme celles d’ousyeh ; c’est-à-dire que le nâdir ou administrateur
les afferme , ou les fait cultiver par un khaouly et un oukyl. Les terres des
mosquees, ma-t-on dit, ne sont jamais cultivées par corvées.
Je ne quitterai pas ce qui regarde l’administration des villages sans dire quelque
( ') (3) c j i j l . (4) u à -.