
Au sud, et en suivant la côte, on trouve d’autres petits ports, Badéo, Scnura
et Gedan, indiqués, dans les cartes Françaises, Anglaises et Turkes, comme offrant
de bons mouillages, ainsi que Marza-Kour, Marza-Eran, Marza-Ibrahim, Marza-
el-Byr, Mugora et Ghezan.
Loheya. . . Loheya, qui n’a point, de port, a une rade étroite, que rendent difficile
les courans et les bas-fonds qui s’y trouvent. Mozcch ou Muza, situé au sud ,
est cité, par l’auteur, du Périple ,. comme ayant été fréquenté.
Mokhâ. . . Mokhâ. n’est qu’un petit port., aujourd’hui très-fréquenté par les
bâtimens Anglais de la côte de Malabar.; il est connu sur-tout par la grande
exportation, que l’on y fait du café de l’Yemen, dans les ports de Qoçeyr et de
Soueys: Ce port a remplacé celui d’Aden, comme station intermédiaire dans la
navigation de l’Égypte aux Indes.
Ghela.. . Ghela, l’ancienne Oc dis, située près du détroit, a été, selon l’auteur
du Périple, un port très-fréquenté, où l’on pouvoit frire de l’eau. Pline (lib. VI,
cap. 2 jJ dit que c’est le lieu d’où il est le plus avantageux de partir pour la grande
navigation des Indes. Il offre encore aujourd’hui un bon mouillage.
Bâb-d-Mandcb. . . Le détroit de Bâb-el-Mandel ouMandeb, c’est-à-dire, porte
des mouchoirs ou du deuil, est le lieu le plus resserré de cette mer. Sa largeur est de
six à sept lieues. L’île Perim, qui le divise , y forme deux passages : l’un au nord,
vers la côte Arabique, a deux lieues de largeur,.et 12 à i 7 brasses d’eau: l’autre,
au sud, est de trois lieues de largeur, et l’on y trouve 20 à 30 brasses d’eau ; mais il
est moins fréquenté que le premier, à cause de la force des courans qui s’y font
ressentir. L’île Perim [Mehun, dans les cartes de Rosily] est basse, et a, comme
le dit Bruce, un bon port, qui frit face à la côte d’Abyssinie. Au-delà du détroit,
la violence des vents de sud-ouest y cause des courans très-rapides, et y rend la
mer extrêmement agitée.
Aden. . . Sur la côte Arabique, à l’entrée de l’océan Indien, on trouve Aden,
l’ancien Arabum viens, que l’auteur du Périple dit avoir été l’entrepôt du commerce
des Indes, comme Alexandrie le fut de celui de l’Égypte ; il offre un bon
mouillage, des eaux très-bonnes et en abondance : ce port doit servir de relâche,
comme sous les Grecs, les Romains et les Vénitiens, à tous les bâtimens qui entrent
dans le golfe, ou qui en sortent, pour attendre les vents favorables.
On vient de citer tous les ports et mouillages de la côte orientale du golfe, en
partant de Soueys ; on va parcourir également ceux de la côte occidentale, en
partant du détroit.
On ne trouve aucun port sur la côte sud du détroit : selon Arrien, la force
de nuit; le reste de l’année, ces vaisseaux stationnent à naviguent toujours en longeant les côtes, au milieu des
Soueys ou à Geddah. Le trajet de Soueys à Geddah pa- récifs et des dangers qu’ils savent éviter, tandis que ceux-
roît toujours périlleux aux navigateurs Turks, parce qu’ils là, craignant de s’y engager, prennent toujours la pleine
sont obligés de tenir la pleine mer pour gagner l’Arabie. mer.
Si ces marins osoient se hasarder en pleine mer, ce tra- II arrive annuellement à Geddah, vers la fin dé mars,
je t, par le milieu du golfe, ne serait sans doute pas plus cinq àsix vaisseaux de Surateet du Bengale, dont les car-
perilleux que celui de Bâb-el-Mandeb a Geddah, ou les gaisons sont estimées à sept ou huit millions. M. Niebuhr
vaisseaux Européens n ont pas même besoin de pilotes ; a mis trente-quatre jours de navigation pour se rendre de
mais ils sont tellement ignorâns dans la navigation, qu’ils Soueys à Loheya, dont la distance est de plus de 420
prétendent être plus habiles que les Européens, en cequ’ils lieues. (Voyage en A ra b ie ,/ . 203 et 218.)
de la mer permet à peine aux barqu,es d’en aborder les côtes! Les premiers môuii-
lages que l’on retrouve dans le golfe, sur la.côte d’Abyssinie, sont Assab avec
uneaiguade, Bailul, situés sous la,latitude approchée de Mokhâ, et.Sarbo, désigné
par Juan de Castro dans son journal: de navigation.
DaJialaq-.el-Kebyr. . . L’ancienne île Orine, aujourd’hui Dahalaq (i), située sous
la latitude de Loheya, qui est sur la côte opposée, a un port qui peut recevoir de
grands, vaisseaux; mais, ce port étant ouvert à tous les vents, la lan;e y est toujours
grosse. Cette île, la plus grande du golfe, couvre le port de Massuah ou Matzua,
dont l’anse, assez profonde, peut recevoir des vaisseaux de guerre ; c’est le port qui
remplace l’ancienne Adulis, et par lequel on pénétroit, comme on le fait aujour-
d hui, dans le royaume d’Abyssinie : il.est distant de huit journées d’Axum, capitale
de 1 ancienne île de Méroé, située à la jonction de l’Astaboras au Nil. Adulis et
Coloé étoient les lieux d’entrepôt du commerce du Nil à la mer Rouge,
Chuback. . . Chaback, situe près et au sud de Souakem, a un bon port, dont
l’entrée est à Râs-Ahehaz.
Souakem. . . Souakem, selon lesanciens géographes et les navigateurs modernes,
doit être regardé comme le port le plus sûr de la mer Rouge, quoique situé sur une
côte difficile et dangereuse; un canal assez étroit conduit au fond d’un golfe où se
trouve une île sur laquelle la -ville est bâtie : d’Anville y rapporte l’ancienne Pto-
lemàis-Thêrôn, port alors très-fréquenté. Les bâtimens qui font le cabotage de
Souakem et de Massuah (2) à Geddah dans le fort de la mousson d’été, ont soin
de serrer la côte d’Abyssinie ou d’Habech, où ils trouvent un bon vent d’est
qui souffle ordinairement pendant la nuit, et un vent d’ouest qui souffle pendant le
jour, s’ils naviguent assez près de terre, ainsi que le permet la construction de leurs
bâtimens. (Bruce, tome I." , page 23p. )
En remontant la côte, on trouve les baies de Dradath, Dorho, Fusha,
Arekea , Alaki ou Salaka, Bathus au cap Calmés; Minet - Beled- el- Habech, ou
port des Abyssins, situé dans l’enfoncement d’un golfe anciennement nommé
Sinus immundus. Ce lieu, qui offre un assez bon mouillage, paroît convenir, dit
d’Anville, à la position de l’ancienne Bérénice ; mais cette rade, comme le rapportent
Strabon et Pline, est ouverte à tous les vents. Sa distance de Coptos, qui
est de douze journées, ne permettra que très-difficilement d’y former de nouveaux
établissemens qui tendroient à rouvrir cette ancienne route vers l’Egypte.
Qofeyr. . . . Qoçeyr , port aujourd’hui le plus fréquenté par le commerce
de l’Egypte avec Yanbo’, Geddah et Mokhâ, n’a qu’une rade, qui est ouverte
à tous les vents, mais dont le fond offre un bon mouillage ; il ne s’y trouve
aucun établissement maritime qui puisse donner accès aux bâtimens et faciliter
le transport des marchandises (3).
(1) L’île de Dahalaq-el-Kebyr a seize lieues de longueur;
on y pêche des perles ; elle est étroite, mais fort
peuplée. (Recueil des voyages, Paris, 1764.)
(2) Entre l’île de Massuah [Matzua] et le continent
on .trouve une bonne rade pour les gros bâtimens. L’île est
dépourvue d’eau ; l’on est obligé d’en aller prendre à deux
lieues au-delà sur la côte occidentale, à Arquiko, qui a
une forteresse pour en défendre I’aiguade. ( Recueil des
voyages, Paris, 1764.)
(3) Nos collègues, MM. Girard, ingénieur en chef,
et Dubois, qui ont visité ce port, pourront en donner
une description particulière.