
Les Jiens doubles dd, qui servent à serrer les tuyaux l’un près de l’autre, sont, à
leur tour, serres par un fil qui les divise, en quelque sorte, en deux, en les liant et
les rapprochant étroitement par le milieu et passant entre les deux tuyaux A et B ;
ce qui ajoute a la' solidité de ceux-ci et les empêche de vaciller ni d’un côté ni de
1 autre. Le meme f i l , après avoir ainsi serré les premiers liens du haut, se prolonge
et se tend le plus quon peut jusqu aux liens suivans, autour desquels il se lie de
meme quautour des premiers,.et de là se prolonge encore et se tend également
jusqu’au dernier lien double qui rapproche par le bas le petit corps du grand corps.
Ce st a ce fil.tendu entre les deux corps A , B , par derrière, que sont attachés, par
une boucle coulante, les deux fils qui tiennent suspehdu chaque bocal b quand il
est détache de 1 avant-corps. Chaque rallonge est attachée aussi, soit au corps de
1 instrument, si elle lui est contiguë, soit a la rallonge qui la précède, par un double
fil qui est noué au premier lien de celle-ci et au dernier lien de la partie qui la
précède, de telle sorte cependant que, lorsqu’on retire cette rallonge, elle reste
encore suspendue à l’instrument, comme on peut lé voir .planche CC ,fig. 2 2 , aux
rallonges Ir et IL-, qui sont représentées détachées.
A r t i c l e I I I .
D es parties dont se composent l ’A rghoùl el-kebyr, l ’Arghoul el-soghayr et
l A rghoul el-asghar; des principales Dimensions de ces trois instrumens; de
l Etendue et de la Qualité de leurs Sons de la Tablature ; du Doigter de
chacun d’eux.
L è s parties essentielles de larghoul, quel qu’il soit, grand, moyen ou petit,
sont, 1. le grand corps A , 2.” le petit corps B , 3.0 les avant-corps a et b , 4.°les deux
bocals, Les autres parties ne sont que des additions qui se font au 'gré de celui
qui joue de cet instrument ée est pourquoi nous ne donnerons que Jes dimensions
de 1 instrument sans ses rallonges et avec ses rallonges, et nous nous dispenserons
d entrer dans le détail des dimensions partielles des pièces ajoutées, pour ne pas
occuper inutilement le lecteur de choses qui ne sont pas dignes de son attention.
Larghoul el-kebyr, cest-a-dire, le grand arghoul, est composé de dix pièces:
premièrement, des six parties dont nous venons de parler; secondement, des trois
rallonges L -, Ilr , III r, du grand corps A , et de la rallonge I r du petit corps B.
Cet instrument, sans ces dernières parties ajoutées, c’est-à-dire, composé simplement
de ses six parties essentielles, est haut de 483 millimètres; avec toutes ses
rallonges, il a i^oyo.
■Larghoul el-soghayr, qui est larghoul moyen, n’est composé que de huit pièces;
consequemment, il n a que deux rallonges. Sans ces deux parties ajoutées, ¡1 est haut
de 4 jo millimétrés; et avec les autres parties, il est haut de 826 millimètres.
L arghoul el-asghar, c est-a-dire, le plus petit arghoul, n’est que de sept pièces ;
f a r conséquent, il n a quune rallonge. Sa hauteur, sans cette< rallonge, est de
334 millimètres; et avec elle, il est haut de 386 millimètres.
A
Avec un peu d’attention, il n’étoit pas difficile aux fe llâ l de l’Egypte et aux
autres habitans de la campagne en Afrique, qui ont coutume de fabriquer les divers
arghoul, d’imiter, en les faisant, la forme d’un instrument aussi simplement construit
que l’étoit l’ancienne flûte double qui leur a servi de modèle dans le principe :
mais, pour en régler les sons et Tes mettre parfaitement d’accord entre, eux , il leur
falloit plus que cela ; ils auraient eu besoin d’avoir la connoissance des proportions
qu’on doit garder dans les dimensions des différentes parties de ces instrumens.
et dans la disposition et la distance des trous dont ces parties sont percées, ou, au
moins, il leur aurait fallu une certaine routine de l’art de construire ces instrumens
, et c’est ce dont ils- n’ont pas aujourd’hui la moindre idée. Ils coupent leurs
roseaux, les vident et les nettoient le plus proprement qu’ils peuvent; ils les lient
ensemble, puis y percent des trous à des distances qui leur paraissent à peu près
égales à la simple vue, et qui cependant sont encore plus ou moins grandes .quelquefois
d’environ 7 millimètres ; ils ajoutent ensuite des bouts, suivant qu’il leur plaît,
et voilà leur instrument fait. Si les sons de celui-ci ne leur plaisent pas, ils sont quittes
pour en faire un autre; et s’ils ne sont pas encore contens de ce dernier travail,
ils recommencent de nouveau, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits.
La matière de cet instrument n’est ni rare ni coûteuse; leur temps n’est pas cher;
et s i , sur une douzaine de ces flûtes, ils en vendent une huit à dix médins, ce
qui revient à six sous ou sept sous six deniers de notre monnoie, ils se trouvent
amplement dédommagés de la perte qu’ils ont faite des autres.
Les arghoul que nous avons, ont été faits exprès pour nous par un Nubien qui étoit
renommé, auKaire, pour ces sortes d’ouvrages. Il ne négligea rien pour leur donner
une belle apparence ; cetoit tout ce qu’il pouvoit faire de mieux : mais, quand ils auraient
été encore plus imparfaits qu’ils ne Je sont, nous n’en aurions pas moins fait
l’acquisition, à cause des rapprochemens intéressans auxquels ils donnoient lieu.
Les sons de cette sorte d’instrument sont de deux espèces différentes ; les sons
aigus, c’est-à-dire, ceux que l’on obtient du petit corps B , et le son grave du grand
corps A , qui fait le bourdon. Les sons aigus, quoiqu’un peu canards, sont cependant
pleins et nourris ; ils tiennent le milieu entre ceux que tirent de la clarinette les personnes
qui n’en ont pas encore bien saisi l’embouchure, et ceux d un mauvais haut- -
bois : mais le son grave du bourdon ressemble beaucoup aux sons graves du basson.
Quant à l’ordre et au diapason des sons, on peut en juger par la tablature que nous
présentons des trois arghoul dont il s’agit.
Tablature et Etendue des Sens de ¡'Arghoul el-kebyr, •