
S O M M A IR E
DU M ÉM O IR E PR É C É D E N T .
1 ,ES habitons de la Nubie forment un peuple particulier.................. •. page jpp.
Aspect général du pays............. ; . . . . ' ....................... ¡^jc
Culture, navigation et commerce.......................................................................... ^00
Caractère des Barâbras...................................................................................... ^0I
Emigrations des Barâbras en Egypte......................................................................
Religion des Barâbras, leur aversion pour les étrangers .........., /¡0 2
Couleur des Barâbras et leur physionomie . . jbid
Ils sont excessivement jaloux de leurs femmes........................................................ ¡gjj
Vêtemens des deux sexes.................................................................................... ¡gjj
De la langue des Barâbras ............................................................... 403
Rapprochement de quelques mots de cette langue et des mots correspondons dans d'autres
langues parlées par les peuples qui habitent l'intérieur de l'Afrique.............. ; . . 404
Étendue du territoire habité par la nation des Barâbras............................. 404 et 405
Ruines antiques qui se trouvent sur les bords du N il dans le pays des Barâbras... . 4 05
Este de plusieurs villages ou bourgs situés sur les deux rives du Nil entre l’île de Phila
et la grande cataracte...........................................................................
OBSERVATIONS
S U R
LA FONTAINE DE MOÏSE;
P a r m . M O N G E .
S u r la rive occidentale du golfe de Soueys, à quatre lieues au sud de la ville,
et presque en face de la vallée de l’Égarement, se trouvent des sources qui sont
indiquées sur toutes les cartes, et qui sont connues sous le nom de fontaine de
Moïse. On seroit dans l’erreur, si l’on pensoit que le nom de ces sources tire
son origine des temps fabuleux de l’Égypte, et se fût conservé jusqu’à nos jours
par une tradition non interrompue. Il est bien probable que, comme celui de
la fontaine de la Vierge à Mataryeh (l’ancienne Héliopolis), et comme quelques
autres, il ne remonte pas au-delà du temps de l’établissement du christianisme en
Egypte, où d’anciens noms relatifs à une religion discréditée auront été changés
en d’autres noms analogues aux opinions nouvelles.
Quoique l’eau de la fontaine de Moïse soit moins salée que celle de beaucoup
de puits creusés dans d’autres parties du désert, elle est néanmoins saumâtre, et
par conséquent elle n’a pas la faculté de désaltérer autant que l’eau douce : mais
elle peut entretenir la vie des végétaux et des animaux ; et nous nous en sommes
abreuvés pendant vingt-quatre heures, dans une marche pénible, sans en être
incommodés. D ’ailleurs, comme cette eau s’écoule et se renouvelle continuellement,
elle est toujours transparente, et elle n’a ni odeur ni saveur désagréables,
tandis que celle de la plupart des puits se trouble d’ordinaire par l’agitation qu’on
y excite en la puisant, et a presque toujours une odeur fétide. Par exemple, le
puits d’Ageroüd, situé à quatre lieues au nord de Soueys , et qui est destiné à
abreuver la caravane de la Mekke à la troisième journée du Kaire, est creusé à
deux cents pieds de profondeur ; les matières animales et végétales qui y tombent
par une suite d’accidens presque inévitables, s’y putréfient; et l’eau, indépendamment
de sa salure naturelle, a une odeur d’hydrogène sulfuré à peine supportable.
De tout tem ps, la fontaine de Moïse a dû être d’un grand intérêt pour les
Arabes de T or qui habitent les environs du mont Sinaï. Les Arabes, obligés de tirer
^ Egypte une partie de leurs subsistances et les objets d’industrie étrangère, ont
toujours du porter en échange les produits des maigres forêts qui couvrent leurs
montagnes ; ce transport n’a jamais pu se faire que par caravanes, et la fontaine
de Moïse a toujours dû être une de leurs stations. D ’ailleurs, dès qu’il y a eu des