
des tiers <Ie ton, il s ensuivroit que tes quarante sons co'mprendroient deux
octaves et un tiers pour toute l'étendue de ce système; ce qui est; en effet
d accord avec le diagramme général des Sons que nous avons trouvés notés en
arabe, diagramme que nous ferons connoîtré eri son lieu.
Les sons naturels, c’est-à-dire, ceux qui se suivent dans l’ordre diatonique,
sont ordonnés, dans le système musical des Arabes comme dans le système des
Grecs, par tétracordes ou série de quatre sons Consécutifs, qu’ils appellent m e r .
Les trois intervalles contenus dans la première M e r ou le premier tétracorde,
donnent naissance à trois modes principaux qui sont le type de tous les autres
modes. C’étoit la même chose dans le système des Grecs ; les trois intervalles
du premier tétracorde donnoient aussi naissance à trois autres tétracordes qui
déterminent les trois modes principaux, parce que, de quelque manière que l’on
combine les intervalles de 1 echelle diatonique, il n’en peut résulter que trois
tétracordes différens : ou le demi-ton forme le premier intervalle, et l’on a le
tétracorde si, ut, ré, mi; ou le demi-ton est le second intervalle, et cela donne
le tétracorde suivant, ré, mi, fa , sol; ou enfin le demi-ton se trouve au troisième
intervalle, ce qui forme le tétracorde ut, ré, mi, fa. De quelque degré de l’échelle
diatonique qu’on veuille commencer, on ne trouve jamais les sons ordonnés que
de l’une de ces trois manières, et voilà sur quoi est fondé le principe des m e r
dans le système musical des Arabes.
A r t i c l e VI.
Démonstration du Système musical des Arabes.
L’auteur anonyme de celui de nos traités qui a pour titre l'Arbre couvert de
fleurs dont les calices renferment les principes de l ’art musical, explique ainsi la formation
de cet art :
« La base du chant naturel est composée* de huit sons mélodieux qui sortent
» naturellement du gosier, et dont le premier est dans un rapport direct avec
» le dernier, aucun autre que ceux-là ne peut être produit naturellement par la
»voix. On les homme la circulation [la gamme] propre du rast. Us ont été
» appelés ainsi, parce que rast, en persan, signifie droit. On les appelle encore la
» circulation des degrés, ou circulation des intervalles consécutifs (i). Lorsqu’on est
» parvenu jusquau huitième, la circulation est terminée ; on nomme cela l’in-
» tervalle complet, et l’on commence alors une autre circulation »
Pour rendre cette démonstration plus sensible, nous ajouterons des exemples
notes en notes de musique Européenne. Nous prévenons que nous nous servons
ici de l’échelle musicale divisée en tiers de ton, parce qu’elle est le plus généralement
admise par les auteurs Arabes et qu’elle est plus conforme à la tablature
de leurs instrumens. Suivant cette echelle', l’intervalle que nous nommons
(i) Le mot consécutif, dans ce cas, signifie la même chose que diatonique dans le système le nôtre. des Grecs et dans
demi-ton diatonique, n’est que d’un tiers de ton ; et comme dans la gamme.de rast
il n y a point d intervalle moindre que celui de deux tiers de ton, nous avons
adopté le signe x pour indiquer un intervalle accru d’un tiers de ton, et nous
1 ajoutons a la note fa , qui, sans cela, dans le système Arabe, ne seroit, comme
nous venons de l’observer, qu’à un tiers de ton du mi, puisque ces deux sons
rendent, dans notre système, l’intervalle d’un demi-ton diatonique, lequel intervalle
n’est que d’un tiers de ton dans le système Arabe : nous faisons la même
chose, et pour la même raison, à la note ut.
Exemple de la Circulation des Degrés consécutifs ou diatoniques, et Intervalle complet.
Première Circulation.
Sk— — e — — ■ ■ *-e—------------- u-------------Q . " _ . n v-e- m
I
-a
2 3 4- 5
Commencement 'de la seconde Circulation.
6 7
— - - - - - 3 6 = 5 — i l - - * - — = __
g o u . . . . , . . - w . .. . ^
L’auteur continue en disant: «Lorsque l’on part de là (c’est-à-dire, du hui-
» tième ton) et que l’on continue à monter jusqu’au quinzième son, on est parai
venu au dernier degré du système ; ce qu’on appelle l’intervalle complet double ou
» système parfait.
Exemple des deux Circulations comprises dans les quinze Degrés consécutifs, et Intervalle complet
double, ou Système parfait.
Première Circulation.
8 ou 9 io i i 12 13 i4 15
» Au reste, les noms que les anciens philosophes et les Persans ont donnés
» à ces tons, sont compris, en général, aujourd’hui sous les noms de honouk (i),
» de aba’âd (2), de enteqâlât (3), et enfin de bordàh (4), chez les Persans. Quant
(1) lionouk, séries. (3) o V liü î enteqâlâi, degrés.
(2) ¿UjJ aba’âd, intervalles. • • (4) j l bordâh, ton.