
que les digues de Fara’ounyeh soutenoient une hauteur d’eau de 4>86 centimètres
T 4 Ji 11° 61] au-'dessus des eaux, en aval des digues, fournies par la branche
tle Rosette. L’année suivante, le 19 fructidor an 8 [6 septembre 1800], on
trouva que les mêmes digues soutenoient une hauteur d’eau de 6,46 centimètres
[.i9Js 160 61] au-dessus des eaux, en aval des mêmes digues (1).
Dans la forte crue de l ’an 9 [ septembre 1800 ], l’arrière - digue construite à
Menouf fut emportée par la force des eaux. Les habitans de Menouf et des
villages voisins avoient déterminé O le commandant Franç•ais à construire cette
digue; elle avoit pour objet de former, de la partie supérieure du canal jusqu’à
Fara’ounyeh, un bief ou bassin, dans lequel les eaux fournies par les pertuis du
canal de Menouf eussent établi un niveau susceptible de porter des irrigations,.
par le canal d’Abousarah, sur les terres de plus de vingt villages, que le défaut
d’eau assez ordinaire réduit à ne pas frire de récolte.
Cette digue avoit encore l’avantage, en établissant, dans un bief intermédiaire,
un niveau moyen entre les eaux de la branche de Damiette et les eaux de la branche
de Rosette , de diminuer la pression des eaux supérieures à Fara’ounyeh, et
d’arrêter ainsi les filtrations qui ont lieu dans le haut Nil, au pied des digues,
et qui causent souvent des inquiétudes.
La contre-digue de Menouf fut construite en messidor an 8 [juillet 1800],
par les procédés ordinaires du pays, sous la surveillance du commandant Français;
mais, la berge du canal de Menouf, et le terre-plein qui le sépare du canal
de Fara’ounyeh, ayant été emportés par la crue considérable de l’an 9 [septembre
1800], immédiatement au-dessous de l’île qui sépare les deux anciennes prises
d’eau du canal de Fara’ounyeh, le niveau des eaux s’éleva dans ce canal au point
que la contre-digue de Menouf, dont le sommet trop bas avoit été fixé d’après
les considérations qu’on vient d’exposer, fut emportée par la force du courant et
totalement détruite.
L’abondance et la rapidité des eaux avoient tellement agrandi la partie supérieure
du canal de Menouf, et approfondi la brèche, que la navigation s’est
trouvée rétablie , de Nadir à la branche de Damiette. Cet événement causa de
vives inquiétudes, et il étoit très-urgent d’en prévenir les progrès : les digues de
Fara’ounyeh devenoient, en effet, sans objet. Nous nous proposions, d’employer
les plus grands moyens pour refermer cette brèche par une nouvelle digue, sous
Contamil, sur le bord du fleuve, et de reporter la prise d’eau du canal de Menouf
beaucoup au-dessous, afin de prévenir un semblable événement qui pouvoit résulter
encore du trop grand rapprochement des canaux. Cet accident devoit frire craindre
que les provinces de Mansourah et de Damiette n’éprouvassent les mêmes calamités
qui les désolèrent pendant quelques années.
(1) Le nivellement donna pour pente des eaux dans cours. — On parlera ailleurs du trop grand nombre des
Je haut N i l, à cette époque; savoir, de Kafr-Fara’ounyeh bouches du N i l, de la nécessité qu’il y a de fermer, en
à Menouf, 2,35 centimètres, sur un développement de partie, celles qui se jettent dans les lacs maritimes, et
20,000 mètres, et de Menouf à Nadir, 1,61 centimètres de déterminer, suivant l’état du N i l , l’écoulement des
de pente, sur une distance de 13,500 mètres, et une\ eaux de ce fleuve dans la mer.
pente totale de 3,96 centimètres, sur 33>S°° nôtres de
Ce
D E S D E U X MERS . 1 1 Z
Ce fut après avoir acquis tous les renseignemens nécessaires, et après avoir pris
par moi-même corinoissance de l’état des choses sur les lieux, que j’adressai au
général en chef Menou ( 1 ) un projet d’arrêté, dont l’article i p o r t o i t : « Les
» digues de Fara’ounyeh seront rétablies, et soigneusement gardées et entretenues
» jusqua ce qu’il soit possible de construire une écluse propre à établir le partage
» des eaux que réclame l’intérêt des provinces adjacentes au Delta. »
L’objet de cet arrêté étoit de consacrer le principe de la conservation des
digues, et de calmer les inquiétudes, par l’aveu public du projet de concilier
tous les intérêts, au moyen d’un partage possible et nécessaire des eaux à Fara’ounyeh.
En effet, de simples vannes de décharge, et des déversoirs construits
dans la digue, sont encore les seuls moyens de satisfaire aux divers intérêts des
provinces de la basse Égypte. Mais, aujourd’hui que d’autres considérations portent
à rétablir la navigation du canal de Fara’ounyeh, pour faire partie de la communication
des deux mers, on se détermine à reporter le barrage actuel près de /
Menouf, en laissant ouvertes les deux prises d’eau de Fara’ounyeh : l’écluse à sas
que l’on y construira, aura le double avantage d’allier la navigation à l’irrigation
de toute la province de Menouf, et de ne donner à la branche occidentale que
le trop-plein de la branche orientale. Cette écluse, et la digue de barrage, sont
les seuls travaux d’art qu’il y auroit à frire dans le canal à Menouf.
Il suffit de jeter les yeux sur le cours des deux grandes- branches du fleuve,
pour sentir l’avantage que la navigation directe de Soueys à Alexandrie gagnera
en passant par le canal de Fara’ounyeh, au lieu de remonter jusqu’au Batn-
el-Baqarah [Ventre de la Vache], pour passer dans la branche de Rosette : les
bâtimens qui remontent le canal de Moueys et une partie de la branche de Da-
miette, jusqu’à Fara’ounyeh, n’auront, pour arriver à Nadir, situé sur 1 autre
branche du Nil, qu’une distance de 33,500 mètres [ 17,188 toises] environ,
tandis que, pour arriver au même point, en doublant le Batn-el-Baqarah , ils
auroient 90,000 mètres; ce qui fait une différence de 56,500 mètres, ou environ
i 4 lieues communes, qu’on a de moins à parcourir dans la navigation de Soueys
à Alexandrie.
Le radier de l’écluse de Menouf devra être établi à une hauteur convenable
pour avoir quatre à cinq pieds d’eau dans le bas Nil. Les digues et les portes busquées
auront de dix-huit à vingt pieds de hauteur d’eau à soutenir dans les plus
fortes crues. Cette écluse placée à Menouf réunira aussi a 1 avantage d assurer une
navigation constante, celui d’être aisément défendue sous les murs du chef-lieu
d’une des riches provinces de l’Egypte.
Enfin cet ouvrage offriroit encore une communication utile avec la partie la plus
haute du Delta; communication qui eût été indispensable, si l’on avoit réalise le
projet d’y former des établissemens qui fussent devenus le point central de la colonie.
On conçoit, en effet, combien la position d’une ville au sommet du Delta
seroit avantageuse, considérée sous les rapports de la culture, du commerce, de fa
(1) Ordre du jour du 5 fructidor an 8 [23 août 1800]. Celui du général Bo n a p a r t e etoit du 5 fructidor an 7
[2 2 août 1799]. s
É . M .