
fait au tour: sur sa surface, ainsi que sur son épaisseur, sont des moulures circulaires;
les cercles dont est ornée la surface sont concentriques , et ceux qui sont
sur son épaisseur sont parallèles. Au centre de ce disqufe, on voit sortir en dehors
le bouton.qui termine la queue de ce côté, tandis que cette même queue se
prolonge du côté opposé. Elle est faite de bois d’érable et tournée au tour. Elle
traverse d outre en outre 1 épaisseur du cheviller; conséquemment elle passe dans
la cavité profonde et obiongue qu’on a' pratiquée, par devant, dans le cheviller,
comme à la kemângeh a’gouz, pour y introduire les cordes et les attacher aux'
chevilles. L archet (i), ainsi que le reste de ce qui concerne cet instrument, est
absolument de même que dans le précédent.
A r t i c l e III.
D e l'accord, de l'étendue et de la qualité des Sons de la Kemângeh farkh.
N o u s avons déjà observé, article I." , que l’accord de cet instrument ne diffé-
roit de celui de la kemângeh a’gouz, que parce qu’il étoit plus aigu d’une quinte;
et 1 on a dû concevoir par là que notre intention étoit de faire entendre implicitement
que son accord se formoit aussi d’une quarte, et qu’il dérivoit des mêmes
principes que celui de la première kemângeh. Tout ce que nous avons dit en
parlant de ce premier instrument, peut donc s’appliquer au second, c’est-à-dire
que , toutes proportions gardées, l’étendue et l’ordre des sons ne sont point
changés ici.
ACCORD DE LA KEMANGEH FARKH.
r ” corde. 2 . 'corde.
M A H Y A R . H O S S E Y N Y .
(1) Voyez planche BB , fig. to.
Quoique
Quoique les sons de cet instrument soient d’une qualité fort analogue à celle
des sons de la kemângeh a’gouz, nous leur avons cependant trouvé quelque chose
de mélancolique qui, loin d’être désagréable, attache au contraire, et finit par
jeter dans,une espèce de rêverie, quand on les écoute pendant quelque temps.
Peut-être l’effet des sons de cet instrument-ci a-t-il contribué un peu à diminuer
notre répugnance pour les sons de la kemângeh a’gouz, et nous a-t-il disposés à
les entendre avec moins de prévention.
C H A P I T R E X I I .
D u Rebâb.
A r t i c l e p r e m i e r .
D u N om , de l ’Espèce et de l ’ Usage de cet Instrument.
O n reconnoît sans peine, en faisant attention à la forme du rebâb <^j|>3, à la
manière dont il est construit, au caractère et au style de son ensemble, qu’il doit
avoir la même origine que les deux instrumens précédens. Si Laborde , dans son
Essai sur la musique, tome I " , p. 380, a manifesté une opinion contraire, c’est
qu’il n’a connu les instrumens Orientaux dont il a parlé que par des relations
fort inexactes, ou bien c’est qu’il s’en est rapporté au témoignage de gens qui,
vraisemblablement, n’avoient pas les connoissances qu’il falloit pour bien juger
de ce qui concerne l’art musical. Lui-même n’est pas sans reproche pour n’avoir
pas cherché à s’assurer de la fidélité des témoignages qu’on lui rendoit, quand
il pouvoit le faire. Il n’est pas excusable d’avoir avancé, peut-être sur parole,
que le mot rcpab étoit grec, et que celui de semendje étoit arabe, tandis quil lui
eût été si.facile d’éviter cette erreur, en ouvrant le premier lexique, ou en consultant
les savans orientalistes de la capitale. « L trepab én grec, et semendje en arabe,
» dit Laborde, est un instrument à archet ; il n’a que deux cordes, dont l’une
» est montée à une tierce majeure de l’autre. Le pied est de fer et passe au tra-
» vers du corps du manche. Ce corps est ordinairement une noix de co co , et la
» table est une peau tendue comme celle des tambours ; c’est l’instrument favori des
33 ménétriers et des bateleurs Orientaux : on le tient comme la viole. 33
La description que nous avons faite de la kemângeh dans le chapitre précédent
, doit faire voir clairement que Laborde a confondu le rebâb avec la
kemângeh (1); car il y a une très-grande différence entre l’un et l’autre, puisque le
corps sonore du rebâb est plat et présente une surface quadrilatère rhomboïde;
tandis que la kemângeh est d’une forme hémisphérique.
Le rebâb e st, on n’en peut douter, le même instrument qui a été décrit
par Laborde sous le nom de merabba, tome I.cr de son Essai sur la musique,
page 3 8 1 , n.° 8 , et qui est gravé dans le même ouvrage page 380. « C’est, dit-il,
(1) Voyç£ notre M émoire sur l’état actuel de l’art musical en Egypte, page jz z , note 2.