
dans certaines expressions (t), qui enfin éprouve toujours queique altération plus ou
moins grande par l’émotion du sentiment qui la provoque, et par la modification
quen reçoivent les diverses parties de l’organe qui la produit, sur-tout lorsque
ce sentiment est très-passionné. De cette première observation, nous avons vu
découler de nombreuses conséquences, que les faits et l’expérience ont de plus en
plus confirmées en détruisant successivement la plupart des préjugés de notre éducation
musicale; d’où sont résultés ces principes, que nous regardons comme
incontestables: i.° que les sons qui ont le plus d’éclat et de pureté, agissent
plutôt sur nos sens par la forte et vive commotion qu’ils causent à nos fibres
nerveuses, que par l’impression qu’ils font sur notre ame; 2.° que les voix qui
nous flattent le plus par la pureté e t l’éclat de leur timbre, sont rarement celles qui
touchent et émeuvent davantage notre coeur; 3.° que souvent un excellent comédien
ou un excellent tragédien, qui n’a pas un organe bien flatteur, mais qui sait passionner
les accens de sa voix, fait pénétrer avec énergie jusqu’au fond de notre ame
les sentimens qu’il exprime, tandis que le meilleur chanteur, par la pureté de ses
sons et de sa méthode, ne laisse apercevoir que l’art et la réflexion qui dirigent
sa voix, et que, lorsque nos oreilles et notre esprit jouissent de ce genre de perfection,
notre coeur reste froid, notre ame demeure calme; 4.0 enfin, qu’il est impossible
que la musique fasse jamais de véritables progrès, par-tout où elle ne sera
pas exclusivement soumise au jugement du coeur et de la raison, et où l’expression
sera sacrifiée au plaisir de l'oreille et aux goûts capricieux de la mode.
Si l on ne considérait que le parti que les musiciens Égyptiens tirent de la ke-
mangeh a’gouz, on trouverait sans doute cet instrument très-ingrat et très-borné,
ils ne jouent guère dessus que des airs de chant; et ces airs, parmi eux, ne se composent
ni dune très-grande étendue ni d’une très-grande variété de sons. Cependant,
comme il n’y a point sur la touche de ligature qui en détermine et borne
le nombre, et comme, au contraire, on peut obtenir des sons sur tous les points
de la corde, tant qu’elle conserve la liberté de vibrer, l’étendue des sons de cet
instrument est encore assez grande, pour que la mélodie n’en soit point gênée ■ le
système de la musique Arabe, qui permet de varier les sons beaucoup plus que
le système de notre musique, fournirait encore de nouvelles ressources à un
musicien habile.
Voici 1 echeile des sons que nous ont fait entendre sur cet instrument les musiciens
Egyptiens auxquels nous l’avons demandée. Chaque corde, comme on le
voit, produit une étendue de deux octaves ; et par la division des intervalles, suivant
le -système de la musique Arabe, ces deux octaves comprennent trente-cinq sons.
.lé S Ê Ë Ê È Ê S
¡ » M E
Étendue et Variété des Sons qu’on peut obtenir sur la Kemângeh a'gou£.
e corde. Naoua.
A vide.
2.e corde. Doukâlit
A vide.
i.rc corde.
A vide.
C H A P I T R E X I .
De la Kemângeh fa rk h ou Kemângeh soghayr (2).
A r t i c l e p r e m i e r .
i .re corde.
i.re corde.
E n quoi la Kemângeh farkh se rapproche de la Kemângeh a’g ou z, et en quoi
elle en diffère.
Il ne nous sera pas difficile d’abréger la description de la kemângeh farkh,
puisque cet instrument est de la même espèce que la kemângeh a gouz, et qu il n en
diffère essentiellement que par son accord, qui est d une quinte plus aiguë, et
(1) Ces derniers sons sont ceux qu’on obtient à l’endroit (2) je » - « ù lf jl ¿ A hemângeh farhh ou te- du bas du manche qui est en acajou, immédiatement au- mângeh soghayr, c’est-à-dire, d em i-viole, ou petite
dessus du morceau qui est en ivoire. viole. Voyez planche BB , fg, 8.