
Aurora : cette acception me persuade que l’année Égyptienne commençoit à
l’aurore de Caper, à la naissance du premier jour de l’é té , et à ce moment où le
soleil , encore à une heure et demie sous l’horizon, manifeste cependant sa prochaine
arrivée par des rayons qui n’ont pas assez d’éclat pour empêcher de voir
le lever, nommé hêliaque, d’une étoile. Il faut nécessairement que l’année solaire
ait pris naissance à cet instant du jour, pour qu’elle ait pu quelquefois concourir
avec l’année caniculaire, qui a dû commencer anciennement au lever heliaque de
Sirius, lequel n’est visible qu’au crépuscule du matin. Par conséquent, ce moment
a dû être le premier du jour, du mois et de l’année.
Dans la langue Chaldéenne, anari hebheb, signifiant ustttlavit, assavit, exprime
seulement les grandes chaleurs de l’été.
Enfin je ferai observer qu Epifi ou Epaji étoit probablement 1 un des douze
grands dieux astronomiques des Égyptiens, puisqu’Hérodote nous apprend, liv. i l ,
chap. 3 8 , que les boeufs mondes appartenoient à ce dieu ; ce qui étoit la plus
magnifique consécration.
M essoR I, le Verseau, 2 / mois de l ’été = du 20 Juillet au 20 A oû t environ.
M eu v e s , M ta s u t i , M e o o e s , Meavpii, M e s o r i .M e s s o r i , M e s o r i , M e so rê . V id . M e n o lo g . p . 22.
U t C t n p H , mesorê.
j * 3* m e s o u r , mis r ; V a s a q u æ , paulatim lac suum rçddcns.
L e v e rb e m e s e r ; prabuit pau latim , emulsit quicquid esset in ubere,
P a r l’ad d ition d e l’y fin a l q u i p e r s o n n if ie , mesouri s ign ifie aquarius.
Paulatim lacsuum reddens, qui proebttit paulatim lac suum, conviennent parfaitement
à la peinture du Verseau dans les zodiaques d Esné et de Denderah, ou
le vase, à peine penché , laisse couler peu a peu 1 eau qu il contient.
Emulsit quicquid esset in ubere. C ’est à-peu-près durant ce mois que les sources
du Nil fournissent tout ce qu’elles doivent verser deau *. elles donnent doucement
cette eau ; car autrement les digues seroient emportées, et le pays seroit plutôt
ravagé que fécondé.
Si l’eau du Nil est comparée au lait, c’est une preuve de plus que ce mot a
conservé ses acceptions anciennes; car les Égyptiens entendoient, par métaphore,
que fonde fertile de leur fleuve étoit douce et nourrissante comme le lait, ainsi
que le prouve ce passage de Diodore, liv. I , p. 13, qu il y avoit autour du tombeau
d’Osiris, dans l’île de Philce, 360 urnes que les prêtres remplissoient de lait tous
les jours. Je ne multiplie pas les autorités , parce que 1 on doit évidemment
entendre l’eau du Nil par ce lait versé dans les urnes. Je dirai seulement que
c’est durant le mois de Messori, le second de 1 annee, que 1 inondation va toujours
en croissant , et que c’est dans le suivant quelle atteint sa plus grande
hauteur.
Th o t h , les Poissons, 3.' mois de l ’été — du 20 A oût au 20 Septembre environ.
© ¿ 3 , ©a>tï3 , ©ùjSI , ÆÔcv, T h o t f i , T h o y th , T h o th i , Fth o. Vid . M e n o lo g . p. 22.
G u uox' T , thoout.
^ tou^out ’ Am bu la t io p i s g is , in cessas reciprocatus ultra citrique in se redicns.
L e v e rb e \ toua ! peragravit regionem, opplevjt puteum.
L e v e rb e de bout, p o is s o n , hat', circumnatavie.
Ambulatio p i s c i s , incessus reciprocatus ultrb citroque in se rediens, nous montrent
les poissons qui se promènent, vont et reviennent dans les eaux qui couvrent
le pays.
Opplevitputeum, désigne l’inondation remplissant tous les lieux bas; car, dans ce
mois, l’eau, parvenue à sa plus grande élévation, est répandue sur toute l’Égypte.
Enfin la fête S l s i s a été placée au commencement de ce mois, parce que
c’est seulement alors que l’on célèbre Ja fête du Nil , à l’ouverture des digues.
Voilà pourquoi il a été quelquefois nommé ■ç-ÿi fo to u h , qui signifie aperturoe, pe r
tcrroe superficiem Jiuentes aquae, ouverture des digues.
Un passage de Sanchoniaton, conservé par Philon, et ensuite parEusèbe dans
sa P roe p. evangel. ( lib . l , p . j d ) , confirme cette explication.
Il y est dit que M e s so ri a donné naissance à T h o th ; et nous voyons effectivement
que c’est M e s so r i, ou la crue du Ni l , qui produit T o u h o u t, l’expansion des eaux à
la surface de l’Égypte, où se promènent les poissons.
■ F âO F I, le Belier, t ." mois de l ’automne — du 20 Septembre au
20 Octobre environ.
O c to x p î, r ic to<p l, UoLCùfp) , F a ô f i, P a o f i , P a ô fi. V id . M e n o lo g . p . 22.
I l & à i n s , paop i.
c -i * I 9-?
fo ’fo’ , foa ’fi’ ; H æ d u s , velox, vox quà greges increpantur.
L e v e rb e ^ g -X 3 s ig . increpuit gregem diccns fa’fa’.
L e verb e héb. V 3 VQ fa’fa’ , obtenebresccrc (Job. 1 0 , 22).
Vox quâ greges increpantur. Comme les eaux du Nil se retirent, le belier conduit
de nouveau au pâturage le troupeau retenu captif pendant l’inondation.
Obtenebrescere. Le jour diminue et les ténèbres vont régner de plus en plus ;
acception qui convient parfaitement au mois commençant par l’équinoxe d’automne.