
ou sil nous a seulement transmis celles qu’on avoit faites avant lui, nous comparerons
ses tables avec la sphère dans diverses situations. Quoique les changement
ne soient pas très - sensibles, quand il n’y a pas une grande différence
entre les époques et íes latitudes, et que l’on ne doive pas considérer ces
tables comme construites avec une exactitude mathématique, cependant, si nous
reconnoissôns des erreurs toujours de même nature dans la position dé la plus
grande partie des constellations, nous en conclurons qu’entre l’époque où les
observations ont été faites, et celle où vivoit Ératosthène, la sphère avoit éprouvé
un changement dont il ne s’est pas aperçu. C ’est en effet ce qui arrive. Ératosthène
vivoit deux cent cinquante-cinq ans avant J .C ., au temps où le solstice
étoit encore dans la constellation du cancer (t). Il habitoit Alexandrie, sous le
3 1. degré de latitude. En plaçant la sphère dans la position qui résulte de ces deux
conditions, on s’aperçoit bientôt qu’elle n’est point d’accord avec la table des
paranatellons d’Ératosthène. Nous ferons connoître les différences qui existent;
mais nous avons voulu rechercher aussi la latitude et l’époque qui conviennent
le mieux à l’aspect du ciel qu’il a décrit : quelques calculs auraient pu nous y
conduire, s i, dans la présomption où nous étions que les Grecs ont copié les
Egyptiens, nous n’avions pas eu de fortes raisons d’essayer la latitude et l'époque
d’Esné (2). On jugera cet essai par les résultats auxquels nous sommes parvenus ,
et que nous allons mettre sous les yeux du lecteur, en même temps que ceux
que donne la sphère au siècle d’Ératosthène. Nous rappellerons en premier lieu les
observations transmises par le bibliothécaire d’Alexandrie ; nous rapporterons
après successivement celles qu’on aurait pu faire soit à l’époque et à la latitude
d’Esné, soit au temps d’Ératosthène et à la latitude d’Alexandrie; nous considérerons
d’abord le lever de chaque signe, et ensuite son coucher. Nous adopte^
rons le meme ordre que la table d Ératosthène, en commençant par le cancer.
Pour suivre ce que nous allons dire, il est indispensable d’avoir sous les yeux
un globe céleste à pôles mobiles ; il serait bon que ce globe ne représentât que
les constellations de la sphère des Grecs : il serait préférable d’avoir deux globes
du même genre , dont l’un serait monté à la latitude et à l’époque d’Esné, et
1 autre à la latitude d’Alexandrie et à l’époque d’Ératosthène.
p ar le P . P e tan ( Umnelog. pag. 2 5 8 ) , son t ac comp a- (1 ) L e solstice e st passé d e la cons te llation du c an c e r
gne e s d e la n o te su iv a n te , qui se lit à la page 2 j 6 : Pseude- dans c e lle des g ém e a u x , an com mencement de l’ère
ptgrapkus hic Iwellus, nam neutrius est. C h ré tien n e .
S i c e s tables n e so n t n i d’Hipparqne ni d’É r a to s th è n e , (a ) N o u s entend on s par l’époque d’E sn é ce lle où la
n o u s en conc lu ro ns q u e c e n ’est pas l’un d’eux q u i, dans vierge é to it restée le c h e f des constellation s zodiacale s
c e tte c ir c o n s ta n c e , a cop ié les Egyp tiens ; mais c e tte qu oiqu e le so ls tice fû t d é jà hors de c e t asté rism e ’
ta b le n en e s , pas moins curieuse . S eu lem en t, dans le p a rce que le p oin t so ls tic ia l, dans sa marche rétrograde,’
cours d e c e M ém o ir e , ,1 faudra substitu er au nom d’E r a - n’a v o it pas en co re a tte in t le cen tre d e figure de la cons -
to s then e c e lu i de 1 a u teu r ano nyme auquel nous devons te lla iio n du lio n . ( Voyn c i-ap rè s, pag. 4 8 6 . ) ^
c e p re c ieu x d ocum ept. ’ ’
A S T R O N O M I Q U E S D E S É G Y P T I E N S .
S IG N E , , L E C A N C E R .
Lever.
Suivant Ératosthène, lorsque le cancer se lève, Orion tout entier sort de l’horizon
, ainsi que l’Éridan.
La sphère à l'époque et à la latitude d’Esné, que nous appellerons, pour
abréger, la sphère d’Esnê, représente fort bien cet état du ciel : en effet, au
lever du cancer, c’est-à-dire, lorsque le cercle de l’horizon passe par lç milieu
de cet astérisme, R'igel, principale étoile d’Orion, et toutes les étoiles remarquables
de cette constellation, sont au-dessus de I horizon, en sorte que les expressions
employées par Ératosthène sont très-convenables pour décrire la situation
de ces paranatellons.
S i, au contraire, on considère fa sphère à l’époque d’Ératosthène et sous la
latitude d’Alexandrie, que nous appellerons, pour abréger, la sphère d ’Alexandrie,
on voit que lorsque le cancer est à l’horizon, toute la constellation d’Orion et
celle de l’Éridan en sont trop éloignées pour que l’on puisse dire qu’elles sortent
de l’horizon.
Coucher.
Suivant Ératosthène, au lever du cancer, on doit trouver à l’horizon opposé
la couronne boréale, le poisson austral jusqu’au dos, le serpentaire jusqu’aux
épaules, le cou du serpent, et le bouvier presque entier.
La sphère d ’Esné présente en effet à l’horizon, du côté du couchant, la couronne
boréale, le bouvier et le poisson austral. La conformité avec la table
d’Ératosthène est parfaite et très-remarquable, sur-tout pour la couronne boréale
et le poisson austral, qui, étant de part et d’autre à une grande distance de îequaà
teur, sont d’autant plus susceptibles d’éprouver des variations sensibles par le déplacement
des colures. Les constellations du serpentaire et du serpent viennent
de disparoitre ; mais on voit encore à l’horizon leurs dernières étoiles.
La sphère d‘Alexandrie, au contraire, n’offre pas de conformité avec l’état du
ciel indiqué par Ératosthène. La couronne boréale et le poisson austral ne sont
pas exactement à l’horizon : l’une est au-dessous, de douze à quinze degrés ;. et
l’autre au-dessus, de cinq à six degrés. Le bouvier est plus inégalement partagé
par la ligne d’horizon, et le serpentaire est tout-à-fait au-dessous.
2 . ' S I G N E , L E L I O N .
Lever.
Suivant Ératosthène, lorsque le lion se lève, Procyon tout entier se dégage, de
l’horizon , ainsi que le lièvre, la tête de l’hydre , et les pieds de devant du Ghien.
Dans l’hypothèse de la sphère d ’Esné, le lièvre vient de se lever. Procyon sè
lève avec la tête du lion, et Sirius, ainsi que la tête de l’hydre, sortent de l’horizon
un peu avant Régulus, et ne le précèdent que de cinq ou six degrés.