
i° 20 par siècle, ou 48 par an ; ce qui approche bien de J o", r ^'valeur admise
aujourd’hui.
J en pourrois dire autant de la mesure de la longueur de l’année, si je ne devois
me restreindre, ainsi que je l’ai annoncé au commencement, dans^un cercle plus
circonscrit. La connoissance de la vraie longueur des années solaire et'lunaire
n est-elle pas conservée dans le fameux cycle de Méton, qui, au rapport d’un
auteur Arabe, avoit voyagé en Egypte pour les progrès de l’astronomie! N’a-t-on
pas, d ailleurs, la preuve que les Égyptiens ont connu la durée de l’année avec
une précision beaucoup plus grande que celle que suppose la période de Méton!
Concluons que le sîlepce de Ptolémée est un argument sans force. Mais Hérodote,
Aristote, Diogène Laërce, Diodore de Sicile, Strabon, Sénèque, Macrobe, sont
unanimes en faveur de l’astronomie Égyptienne.
Tant dhàbtles écrivains et de. grands géomètres ont écrit,sur l’histoire de l’astronomie,
qu’il seroit déplacé d’examiner ici toutes ces, questions, qui, d’ailleurs ,
recevront bientôt pn nouveau jour des monumens astronomiques des Égyptiens
et dés savans mémoires de M.Fou rier (i). Mon-but unique est de montrer
que rien n’est pli« admissible que la mesure du degré terrestre attribuée par moi
aux Égyptiens; mais, si les connoissances que cette opération supposeontappartenu
à ce peuple, il est nécessairement de mon sujet d’en faire i’énumération succincte.
Hérodote et Diodore de Sicile ont recueilli, dans leurs voyages, des faits précieux
qui déposent pour les Égyptiens. « Aucun peuple, dit celui-ci, ne s’est plus ap-
» phqué à observer Je mouvement et le cours des astres. Les prêtres avoient des
» tables astronomiques dressées depuis un temps immémorial, et l’amour de cette
» science étoit chez eux comme héréditaire. Ils marquoient au justóles révolu-
» tions des planètes, et leurs'mouvemens directs, stationnaires et rétrogradas;
» en un mot, un long usage leur 'avoit appris les choses éloignées des connois-
» sanees ordinaires : on prétend même que les Chaldéens n om rendu les divina-
» tions astronomiques si célèbres à Babylone, que parce qu 'ils étoient originaires de
" Ailleurs, après avoir dit que les Thébains se regardoient comme
les auteurs de 1 astronomie (Tastrologie exacte), et qu’ils avoient une année, solaire
de 365 jours i , il ajoute^* qu’ik. avoient calculé fort exactement-les éclipses du
» soleil et de la lune, dont ils doimoient par avance un détail très-juste et très-
» conforme à 1 observation actuelle;^). » Diodore, en commençant le tableau de
I Egypte, avoit averti quil puiserait dans les ouvrages originaux ; nous ne pouvons
donc trop regretter la destruction de ces écrits : « Nous nous en tiendrons, dit-il,
» à ce que nous avons trouvé dans les livres qui ont été écrits par les prêtres Égypt
i e n s , et nous le rapporterons avec une exacte fidélité. »
Les Égyptiens.connoissoient la cause des éclipses, et ils en avoient observé un
grand nombre : on rapporte, entre autres choses, qu’ils avoient fait 373 observa-
tions d’édipses solaires, et 832 d’édipses lunaires. II est remarquable que le rapport
(1) V cy e i les Mémoires Je M. Former sur les .antiriuit^aslronomiques,
(2) Diodore de S ic ile, Bibl. hist. liv. I , S- I I , trad. de î ’àbbé Terrasson -
(3) m d
qui existe entre cçs deux quantités, est conforme à la proportion qui règne entre
ces deux espèces d’éclipses. Ainsi que d’autres l’ont remarqué, cette conformité
prouve l’exactitude du fait. Le récit de Diodore est donc parfaitement confirmé;
et ce qui vient a l’appui, est la réputation qu’on a faite à leur disciple Thalès d'avoir
su calculer les éclipses. Bailly a déjà observé très-judicieusement que la vie de ce
philosophe n’auroit pas suffi pour observer les mouvemens du soleil.et de la lune
avec la précision qu’exige le calcul des, éclipses : aussi pensoit-il que la fameuse
prédiction de Thalès étoit appuyée sur un cycle lunaire appartenant aux Égyptiens.
Cette opinion avoit déjà été émise par Weidler, l’historien de l'astronomie ( 1 ).
Selon Aristote, les Égyptiens savoient pbserver les éclipses des étoiles par les
planètes.
Les premiers, ils ont conçu et réalisé l’idée de la mesure exacte du temps et
de ses parties. Persônne ne conteste aux Égyptiens l’invention de la semaine (2),
ni celle des clepsydres (3*). Ils avoient aussi des cadrans, selon toute apparence,
puisqu’Eudoxe, qui séjourna si long-temps dans .ce pays, fit cpnnoître un cadran
fameux, appelé l'Araignée, sans doute, comme le dit l’historien des mathématiques,
à cause des lignes horaires et des courbes qui y formoient une sorte de
réseau (4 )- On leur doit une évaluation du diamètre du soleil, que j’ai rapportée
plus haut, et qui n’est point éloignée de la vérité (5). Ils avoient mesuré exactement
l’obliquité de l’écliptique.
Les Égyptiens connoissoient l’existence des antipodes ; ils faisoient mouvoir
la terre autour du soleil immobile, comme l’enseigna Nicétas, philosophe Pythagoricien,
dont la doctrine entraîna l’opinion de Copernic (6). Ils avoient même
conçu l’idee de la pluralité des mondés ; Thalès et Pythagore la puisèrent en
Egypte.
Cette opinion Égyptienne du mouvement’ dë la terre étoit celle de Philolaüs,
d’Hérodote de Pont, d’Ecphantus,d’Anaximandreet autres Pythagoriciens ; tandis
que Platon, Eudoxe, Caiippe, Aristote, Archimède, Hipparque, Sosigène, Pline,
Sénèque, Diogène Laërce et Ptolémée, ont cru la terre immobile au-centre du
monde.
Ptolémée rejeta le vrai système du monde, qui'étoit connu des Égyptiens, et
que Pythagore, leur disciple, avoit enseigné aux Grecs. Par une suite de cette erreur,
il méconnut le mouvement réel de Mercure et de Vénus, que les Égyptiens
(1) Weidler, Hisror. astron. pag. 71.
(2) Voye^ Pherecyd. Fragm. L ’ordre des planètes,
selon les Egyptiens, est conservé dans celui des jours de
la semaine.
(3) Vôye^ Macrobe, Sotnn. Wcipmtb. I , cap. 2 1 , et.
beaucoup d’autres auteurs. Sans doute les Egyptiens savoient
l’art de corriger les imperfections de cet instrument,
en ayant soin de tenir le niveau constant. Macrobe
ne dit pas quel moyen ils avoient imaginé pour mesurer
une partie aliquote de l’eau écoulée; mais cette opération
seule suppose l’emploi de mesures et de poids
très-précis.
(4) Vitruv. Arch, lib. IX, cap. 9. Macrobe, qui paroît
avoir emprunté de l’Egypte tout ce qu’il dit de l’astronomie,
parlé' d’une sorte de cadran consistant dans un hémisphère
creux ou étoient tracées les lignes horaires. Æqui-
noxiali die, ante solis or’ uni, çequaliter locatum est saxeum
vas in hemispjiærii speciem, cavata ambitione curvatimi,
infra per mieas designato duodecim dieì hòraruin nunièro ,
quas stylì prominentis umbra cum transiti! solisproeterèundo
distinguir, Ù'c. (Macr. Sotnn. Scipion. lib. I , cap. 20.)
(5) Voyez ci-dessus, pag. 677.
(6) Je répète,ici le passage de Copernic: Reperì apud
Ciceronem, priihum Nicetam scripsisse terrain moveri ;
inde occasioném nactus , ccepi et ego de terree, mobilitate
agitare. (D e Revol. præf. ad Paul. I I I .)