
soixante fors soixante stades, c’est-à-dire, 3600 stades. Ce point est important
dans la recherche qui nous occupe. ( Voyez pag. yo4 , note 2.)
Le grand mille Egyptien étoit encore soixante fois au degré, comme on le verra
plus tard; le plèthre, à son tour, étoit compris soixante fois au mille. Ce dernier
avoit la même valeur que celle du mille Hachémique des Arabes; le mille Anglais
nautique d’aujourd’hui est dé da même mesure.
Remarquez maintenant 1 antienne division du jour en soixante primes ou minutes,
et de la prime en soixante secondes. Chaque jour, le soleil s’avance d’à
peu près un degré céleste. Ainsi les deux espèces de degrés se divisoient de la
meme façon ; la minute et la seconde de temps correspondoient à la minute et à
la seconde d’espace, c’est-à-dire, au mille et au plèthre.
L annee Égyptienne etoit elle-même en harmonie avec cette division fondamentale.
En effet, tous les mois étoient constamment égaux et de trente -jours chacun,
et sans aucune intercalation, cest-à-dire, de troisfpériodes de dix jours ou décans.
Douze mois faisoient donc trois cent soixante jours, trente-six périodes de dix
jours, et soixante-douze périodes de cinq jours. Une dernière période de cinq
jours, appelés épagom'encs, et placés au bout des douze mois, achevoit l’année
Egyptienne.
Je terminerai ces observations succinctes sur la division sexagésimale, en faisant
remarquer que 1 antiquité en a fait usage dans les grandes périodes astronomiques
(1). Nous avons dit que le jour se divisoit en soixante minutes, la minute
en soixante secondes, &c. Or il y âvoit aussi une période de soixante jours ; une
autre de soixante ans, appelée sossos ; une autre de soixante sossos, appelée saras.
Le lustre est lui-même une période de soixante mois (2).
Les traces de cette même division sexagénaire parmi toutes les espèces de mesures
se montrent sans cesse dans l’antiquité ; mais elles conduiroient trop loin, si l’on vou-
Joit les suivre jusqu’au bout. Ce qui précède, suffit pour démontrer que les mesures
d espace, aussi-bien que celles du temps, avoient été assujetties, dès les siècles les
plus reculés, à la division duodécimale et sexagésimale : on est donc bien autorisé à
croire que toutes, les mesures usuelles etoient subdivisées d une manière uniforme ;
mais il ne faut point anticiper sur les preuves (3)..
(1 ) M o n objet n est pas ici de faire connoître la nature qui ont pour diviseurs les nombres 6 et 1 0 , bien qu’on
d e ces périodes ; et je dois me borner a observer que sente qu’elles reviennent à la division senaire, comme le
l’astronomie a été la source de cette division, com m e je nérosdes C hald é en s,qu i vaut dix sossos, et dont le saros
1 ai déjà dit au commencement de ce paragraphe. L ’étude en prend six, & c . C e s trois périodes, qui valent six cents
d u ciel a précédé les abstractions d e calcul, et je la ans, soixante ans et trois mille six cents ans, se reregarde
com m e 1 origine première d e la geometrie: il trouvent aussi chez les Indiens. -
n est pas étonnant q u un système métrique ait été fondé v (3) Les divisions souvent arbitraires des mesures, cher
sur cette base. les peuples modernes, ont cependant retenu par-tout les
(-) Je m ’interdis d e parler des mesures d ’intervalle traces des échelles duodécimale et sexagésimale.
C H A P I T R E II.
Détermination des Mesures itinéraires par les* Distances géographiques des
divers points de l ’Egypte.
N o u s avons dit que les grandes mesures itinéraires pouvoient se déduire facilement
de la comparaison des passages des auteurs avec les mesures prises sur le
terrain. Nous n’avons pas à craindre qu’on objecte que ces dernières n’ont pas été
exécutées soigneusement. La majeure partie du territoire de l’Egypte a été levée
par des procédés géométriques pendant le cours de l'expédition Française : trojs
corps d’ingénieurs ont contribué à ce travail important. Toute la carte repose sur
une quantité d’observations astronomiques. Enfin l’on n’a pas négligé de faire, dans
les principales villes, une suite d’opérations trigonométriques, dont l’exactitude a
été soumise à plusieurs épreuves. Les dimensions que nous allons rapporter pour
en déduire la valeur absolue des mesures citées par les auteurs, peuvent ainsi être
considérées comme une base exacte.
11 en résulte que le travail nécessaire pour ce rapprochement devient plus long
que difficile; il se réduit même, en quelque sorte, à une énumération des nombres
rapportés par les historiens, comparés avec les’ mesures prises au compas sur la
carte moderne, et à une suite d’opérations d’arithmétique. Cependant il a exigé
un examen attentif des auteurs et de plusieurs manuscrits. Afin de mettre plus
d’ordre dans cette recherche, et de faire plus aisément saisir d’un coup-d’oeil les conséquences
qui en découlent pour la valeur des mesures, nous avons disposé en
tableaux tous ces résultats.
Il n’est pas besoin d’avertir que la plupart des grandes distances itinéraires sont
rapportées en nombres ronds; une carte ne peut fournir des résultats plus précis :
aller au-delà, ce seroit méconnoître les limites du possible, et s’exposer au reproche
d’une affectation minutieuse.
11 faut bien faire attention que les anciens voyageurs nous ont transmis les1 distances
telles qu’on les leur indiquoit dans le pays ; et comme plusieurs mesures
différentes, mais de même dénomination, étoient en usage en Egypte, ils ont le
plus souvent rapporté les intervalles sans avertir du module propre à chacun d’eux.
La géographie comparée fait découvrir aisément de quelle mesure il s’agit dans
chaque cas particulier.