
porté le nom de | | § | i f .OuTA ’Â E L -Q asYB, le Fourreau du Phallus. Nous
transcrivons le texte et la traduction de cette curieuse indication de l’astronome
Arabe, que M. Sedillot a bien voulu nous communiquer :
‘ L .J C-Ja ^ ^ L J I
« Et 1 on a nommé la 27.', qui est à la queue, Qalb el-A sad, le Coeur du Lion;
33 cest la meme que O u i a 'A el-Qasyb , le Fourreau du Phallus. 33 (Mss. Ar. de la
Bibliothèque du Roi, n.° 1111.)
Cette rencontre extraordinaire ne peut être un effet du hasard; et il faut croire
qutl existoit dans la sphère Égyptienne une constellation que l’on pourroit appeler
le Phallus, dont le nom s’est perpétué chez les Arabes sous celui à'el-Qasyb, et dont
la confîguiation nous a été conservée sur le monument astronomique d’Esné.
§ . 6 . L A V I E R G E .
L a constellation de la vierge s’appelle encore Cérès et L is ( 1 ).
Son étoile principale est l’épi. Tous les zodiaques Égyptiens représentent une
femme portant un épi, qu’elle tient, soit à deux mains, soit d’une seule main. Ces
femmes diffèrent par leurs costumes et leur coiffure ; cependant il ffy a aucun
doute qu’elles ne représentent toutes la constellation à laquelle appartient l’étoile
de l’épi de la vierge.
Une autre étoile de la même constellation est appelée la Vendangeuse. Elle est
moins brillante, et de troisième grandeur seulement ; elle appartient aux épaules de la
vierge. Suivant Kircher, avec le.premier décan du signe de la vierge, dans les sphères
des Perses et des Égyptiens, monte une vierge ayant des cheveux longs, et tenant
à la main deux épis : elle est placée sur un trône et nourrit un enfant (2). On lit,
en effet, dans la sphère Persique (3), au premier décan de la vierge : Virgopulchra,
capdhtio prolixo , duos spicas manu gestans, sedens in seliquastro, educans puerulum ,
lactans et cibans eum. Avicenne (4) en fait Isis, mère du jeune Horus. Dans le
grand zodiaque de Denderah, on remarque, entre le lion et la vierge, une femme
qui porte d’une main un enfant, et semble faire de l’autre un signe d’adoration.
L e bas de ce groupe est détruit. On voit la même figure dans le petit zodiaque
de Denderah : elle est assise sur un trône, et immédiatement au-dessous de l’espace
qui sépare le lion de la vierge, en sorte qu’il est impossible de méconnoître la
deuxième partie de la description donnée dans la sphère des Perses. Le zodiaque
de Kircher renferme aussi une Isis portant Horus ; mais cette figure n’est pas à la
place qui lui convient. C ’est peut-être le résultat d’un des malheureux changemens
faits par Kircher au dessin de Schalta.
Il paroît donc certain que les deux étoiles de la vierge appelées l’Épi et la Vendangeuse
appartenoient, suivant la sphère Égyptienne, à deux constellations diffédegres
¿’étendue, tandis que celui-là occupe dans le zo- (z) Kircher, QEdip. Ægyplinc. rom. I I , part. I l , p. 205
draque un espace de plus de cent degrés. (N o te cm ,n u - (5) Scaliger, N o ,a in sphvramManilii, pag. 34 ,.
(1) Eratosth. Causter. IX. ‘ pag. 45 et jo .
• ‘ 0,-J (4) Fogeg Schmidt, D e lod ia c i nostri origine Æ ry p t ia ,
rentes : l’une représentoit la déesse de la moisson, portant un epi ; et 1 autre étoit
Isis nourrissant Horus. Ces deux astérismes ont été confondus dans les sphères
des Grecs et dans celle des Perses ; mais il est évident que cette dernière les rappelle
tous deux, par les attributs compliqués qu’elle donne à la vierge.
L ’étôile e, que nous appelons la Vendangeuse, et peut-être l’étoile f i, qui est très-
voisine du lion, ainsi que les étoiles y , 3,, toutes les cinq de troisième grandeur,
appartenoient à la femme assise portant un enfant, qui, suivant Avicenne, est Isis
allaitant Horus. II est impossible, en effet, de ne pas reconnoître ces deux divinités
dans les bas-reliefs de Denderah.
Les autres étoiles dépendoient de la vierge portant un épi.
Les deux constellations étoient zodiacales. Lorsque l’on eut partagé la sphère en
douze divisions égales, elles se trouvèrent appartenir, pour la plus grande partie,
au même fuseau, et par la suite furent réunies en une seule constellation. Cela
explique l’étendue extraordinaire que la vierge a dans le ciel.
§. 7. LA CHEVELURE DE BÉRÉNICE.
L à chevelure de Bérénice, qui est près de la queue du lion (1), semble avoir
quelque rapport avec le caractère décrit dans la sphère des Perses, capillitio prolixo,
et qu’on attribue à la vierge portant un enfant.
Cette constellation auroit donc dépendu de celle d Isis, et seroit antérieure aux
Ptolémées. Les flatteurs de ces princes en auroient modifié le nom, sans le rendre
tout-à-fait méconnoissable, et les sphères Orientales nous en auroient conservé
seulement quelque souvenir.
§ . 8 . L E B O U V I E R .
L e bouvier accompagne Cérès ou la vierge qui porte l’épi. Suivant quelques
traditions fabuleuses, c’est Icare qui fin placé aux deux par Cérès sa mère, à
cause de ses talens én agriculture. II y est représenté dans 1 attitude d un homme
qui travaille à la terre. Le premier il fabriqua un chariot et y attela des boeufs (2).
Cette constellation est encore appelée le Gouverneur et Nourricier d Horus, ou
le Vendangeur (3). v A .
Dans les zodiaques Égyptiens , on voit un homme a tete de boeut, qui suit
immédiatement Cérès ou la vierge portant un epi.
Au-dessous de celle-ci, parmi les figures du zodiaque circulaire, et derrière la
femme assise portant un enfant, qui est Isis avec Horus, on remarque aussi un
homme à tête de boeuf, tenant un instrument d’agriculture.
Du premier l’on a fait évidemment Icare, fils de Cérès; et du second, le gardien
d’Horus. Ces deux constellations ont été par la suite réunies en une seule sous le
nom du Bouvier, de la même manière que Cérès et Isis 1 ont été sous celui de la Vierge.
Le dessin de Kircher représente le buste d’un homme à tête de boeuf, à la
place qui conviendroit le mieux au bouvier. Au-dessus est une petite barque qui
( ,) Eratosth. Camter. x u . (3) SalraM' A m - cUm' PaS’
(2) Hyg. Poet. astr. lîb . I l , c. 4 > Pag* 431 » 1742*