
astronomie : mais eiie suppose dans la science un perfectionnement qui n’existoit
pas lorsque l’on a donné les premiers noms aux constellations.
§. m
Remarque importante sur la disposition des Signes des Zodiaques d’Esné.
Il y auroit une contradiction évidente entre les deux hypothèses que l’on formerait,
l’une sur l’établissement du zodiaque, et l’autre sur l’époque de l’érection
des édifices d’Esné, si l’on supposoit qu’à cette époque le solstice d’été étoit dans
la vierge considérée comme signe et restreinte à trente degrés. Dans ce cas, en
effet, la balance n’auroit pas pu être inventée pour annoncer i'équinoxe du printemps,
ni le cancer pour annoncer le solstice d’hiver; et toutes les explications
des noms des constellations par les phénomènes naturels propres au climat de
l’Égypte, seraient inadmissibles. Ce n’est donc point ainsi que l’on doit interpréter
le zodiaque d’Esné. Pour expliquer la disposition des signes qu’il présente (r),
il faut trouver la position de la sphère qui satisfait aux deux conditions suivantes:
i.° que la vierge soit à la tête des douze constellations zodiacales; 2.° que ces
constellations se lèvent acronyquement au moment où arrivent les phénomènes
naturels auxquels les signes se rapportent.
Pour concevoir comment ces deux conditions peuvent être remplies à-la-fois,
on doit considérer que ce n’est pas au moment où le solstice a pénétré dans la
constellation du lion, que cet astérisme est devenu le chef des douze autres : il
fallut pour cela que la totalité du lion fût dépassée par le colure; ou peut-être
seulement que son étoile la plus remarquable, Régulus, fût sous le colure, ce qui
est ariive 22^0 ans avant J. C. ; ou tout au moins que le solstice eût parcouru la
moitié de l’espace que le lion occupe dans le ciel. Dans le premier cas, le zodiaque
d’Esné n’auroit que douze cents ans d’antiquité avant J. C ., puisque le commencement
du lion est à quatorze degrés à l’ouest de Régulus. S’il falloit seulement
que Régulus fût sous le colure, le zodiaque d’Esné ne pourroit avoir moins de
22^0 ans avant J. C. Enfin, dans l’hypothèse où il suffisoit que la moitié de la
constellation du lion fût dépassée par le colure, le centre de figure du lion étant à
cinq degrés à l’est de Régulus, la situation des colures qui en résulte est antérieure
de 360 ans à la précédente, et la vierge auroit cessé d’être le chef des constellations
zodiacales, 2610 ans avant J. C. C’est l’époque qui convient le mieux à
l’état du ciel décrit par Ératosthène (2).
Mais, dans tous ies cas, on ne pourroit faire remonter la date du monument
(1 ) D ep u is la remise de c e M ém o ire à la C om m is s io n , zodiaque rectangu laire d e D en d e r a h , y représentent la
M . F ou r ie r nous a fa it con n o ître d e qu e lle manière il premiè re apparition de l’é to ile d’I s i s , e t de c e qu e le
expliqu e la d ifférence remarquable de la disposition des premie r signe d o it ê tre c e lu i qu e le soleil parcouroit tou t
zodiaques d’E sn é e t de D end e rah . S o n e xplication est en tie r après le com mencement de l’ann é e agricole. Voye%
fondé e sur diverses considérations qu i condu isent toutes les R e ch e rch e s de M . F ou r ie r sur les monumens astro-
au x mêmes conséquences : e lle s ré sultent p rincipale- noraiques de l’É gypte.
m e n t de c e que les figures qu i son t placées à la fin du (a ) Fqyeg c i-d e s su s , pag. 4 3 3 e t suiv.
d’Esné beaucoup au-delà de vingt-six ou vingt-sept siècles avant J. C;, e t, par
exemple, l’éloigner de trois cents ans ; car alors les levers acronyques des constellations
zodiacales cessent visiblement de correspondre avec les phénomènes naturels,
et le lever total du soir de la balance n’arrive pas au moment de I’équinoxe.
L ’auteur du zodiaque d’Esné nous paraît avoir indiqué l’époque où le point
initial n’avoit pas encore dépassé la moitié du lion; car la vierge n’est réellement pas
en tête du tableau. Un sphinx à tête de femme et à corps de lion semble marquer
le point de séparation des deux constellations, et il est dans la partie inférieure en
avant de la vierge. Dans la bande supérieure, au contraire, deux petits lions mis à
l’extrémité du bas-relief semblent signifier que le lion occupe tout cet emplacement.
L ’auteur, à moins de partager' en deux la figure du lion, ce qui eût été tout-à-fait
inusité, ne pouvoit pas mieux rendre sa pensée. On peut remarquer encore que la
rétrogradation de la première figure se propage dans presque tout le bas-relief : la
balance est en arrière du cancer, comme la vierge est en arrière du lion ; le sagittaire
est en arrière du taureau ; le capricorne est en arrière du belier, et le verseau est en
arrière des poissons : ces symboles devraient se correspondre, si les deux bandes
étoient interrompues exactement aux points de séparation du lion d’avec la vierge,
et du verseau d’avec les poissons.
Dans le petit zodiaque d’Esné, on voit aussi que le lion et le verseau étoient
absolument à la fin du tableau, tandis qu’à l’extrémité opposée les poissons étoient
précédés par d’autres figures. Il en étoit de même probablement pour la vierge ;
mais cette partie du bas-relief est détruite.
Cette digression, que nous n’aurions pu placer ailleurs dans le cours de notre
Mémoire, étoit cependant indispensable pour qu’on ne se méprît pas sur notre
opinion, relativement à l’antiquité des monumens d’Esné.
§. I I I .
Des Constellations extrazodiacales.
Nous avons vu, dans le paragraphe précédent, que les constellations n’ont pas
en général de formes assez bien caractérisées dans le ciel, pour que leurs noms
en soient dérivés ;
Que les noms des douze signes du zodiaque sont tirés de la correspondance
des phénomènes naturels propres au climat de l’Égypte, avec les aspects des
étoiles ;
Que les observations faites à cette occasion sont les levers acronyques et totaux
des constellations ;
Que ce genre d’observation, plus naturel et plus facile, étoit plus à la portée
des premiers observateurs;
Que les zodiaques d’Esné, qui commencent par la vierge, s’accordent avec cette
explication, et ne remontent pas à trois mille ans avant J. C.
Nous nous occuperons actuellement des dénominations des constellations extra-
Q'ii