
3. 33 Moïse y monta pour parler à Dieu.
7. 33 II revint vers le peuple, en fit assembler les anciens, et il leur exposa ce
33 que le Seigneur lui avoit commandé de leur dire.
8 ,9 , io , 11 et 1 z. 33 Le peuple répondit : Nous ferons tout ce que le Seigneur
»3 a dit. Moïse retourna sur la montagne, et le Seigneur lui dit : Je vais venir à vous
33 dans une nuée sombre et obscure, afin que le peuple m’entende lorsque je vous
33 parlerai, et qu’il vous croie dans la suite. Allez trouver le peuple, sanctifiez-le
33 aujourd’hui et demain, et qu’il soit prêt pour le troisième jour; car, dans trois
33 jours, le Seigneur descendra devant tout le peuple sur la montagne de Sinaï.
>3 Vous marquerez tout autour des limites que le peuple ne passera point, et
33 vous leur direz : Que nul d’entre vous ne soit si hardi que de monter sur la
33 montagne, ou d’en approcher tout autour : quiconque la touchera, sera puni
33 de mort. 33
Il n est pas difficile de prévoir un orage plusieurs heures d’avance ( 1 ) : les marins
et les habitans des hautes montagnes nous le prouvent tous les jours; l’intérêt de
leur conservation les porte à observer soigneusement tous les avant-coureurs des
météores qu’ils redoutent, et Moïse, long-temps berger sur le mont Sinaï, avoit
dû y faire de semblables observations. Quant à l’époque précise et un peu éloignée
de trois jours qu’il fixe dans les versets 11 et 15 , on doit croire que Moïse, en
parlant aux Hébreux, donnoit à ses paroles cette obscurité des oracles qui en fait
l’infaillibilité ; mais que, les événemens étant passés, il écrivoit ses prédictions d’une
manière claire et précise ( 2 ).
Je vais continuer le dix-neuvième chapitre de l’Exode:
16. « Le troisième jour au matin, comme le jour étoit déjà grand, on com-
33 mença à entendre des tonnerres et à voir briller des éclairs; une nuée très-épaisse
33 couvrit la montagne, la trompette sonna avec grand bruit, et le peuple, qui étoit
33 dans le camp, fut saisi de frayeur.
17. 33 Alors Moïse le fit sortir du camp pour aller au-devant de Dieu, et ils
33 demeiirèrent au pied de la montagne.
18.33 Tout le mont Sinaï étoit couvert de fumée, parce que le Seigneur y
33 étoit descendu au milieu des feux ; la fumée s’en élevoit d’en haut comme d’une
33 fournaise, et toute la montagne causoit de la terreur.
20 et 21. 33 Le Seigneur étant descendu sur Sinaï, appela Moïse au lieu le
33 plus haut; et lorsqu’il y fut monté, Dieu lui dit : Descendez vers le peuple et
33 déclarez-lui hautement ma volonté, de peur que, dans le désir de voir le
33 Seigneur, il ne passe les limites qu’on lui a marquées, et qu’un grand nombre
» d’entre eux ne périsse. 33
( i ) Les éruptions volcaniques sont également annon- leurs cris et leur démarche inquiète, les oiseaux volant
cées d’une manière presque certaine: des feux follets, çà et là avec cette inquiétude qu’ ils marquent à l’approche
des vapeurs d’une odeur sulfureuse, un air lourd et bru- des grands orages ; tels sont ordinairement les avant-coulant,
des bruits souterrains, le dessèchement des puits, reurs de ces terribles catastrophes.
la diminution et quelquefois la cessation complète de la (2 ) V o y e z d’ailleurs ce que nous avons d i t , pag. 310,
fumée qui s’exhaloit ordinairement des anciens cratères, sur la publication du Pentateuque.
les animaux remplis d’une terreur qu’ils expriment par
N’est-ce pas là une description bien exacte d’un orage ! Et ne voit-on pas combien
Moïse craignoit "que quelques personnes ne vinssent le trouver au milieu des
nuages qui couvroient le sommet de la montagne, et n’en fissent disparaître la
divinité que sa sagesse et leur crédulité y plaçoient! Moïse s'approcha de l ’obscurité
où Dieu étoit, est-il dit au verset 21 du chapitre 20 de l’Exode.
On reconnoît encore, dans ce même chapitre, les motifs qui avoient engagé
Moïse à conduire les Israélites au mont Sinaï; car il leur dit : ce Dieu est venu
33 pour vous éprouver et pour imprimer sa crainte dans vous, afin que vous ne
33 péchiez point ; vous avez vu qu’il vous a parlé du ciel. 33
Moïse, ayant ensuite défendu qu’on le suivît, alla sur la montagne, y passa quarante
jours, et grava, dans cette retraite, les tables du témoignage, qu’il présenta
au peuple d’Israël, en lui disant : ce Elles sont écrites de la main de Dieu. 33
C ’est ainsi que la plupart des législateurs célèbres rendirent leurs lois plus respectables.
Numa consulte la nymphe Égérie, l’ange Gabriel dicte le Coran à
Mahomet, Manco-Capac parle au nom du Soleil, et Lycurgue lui-même, le sage
Lycurgue, fait approuver ses lois par l’oracle de Delphes. Ces grands hommes,
plus habiles et plus instruits que le vulgaire, profitoient des phénomènes de la
nature qui leur étoient connus, pour se faire craindre et révérer. Dans des temps plus
modernes, n’a-t-on pas vu Christophe Colomb, mourant de faim, dire aux hommes
simples qui habitoient la Jamaïque, que, s’ils n’apportoient'des vivres au camp des
Espagnols, ils seroient punis de la main de Dieu! L ’éclipse qu’il avoit prédite a
lieu, et le peuple tremblant se prosterne et obéit. Oui, l’enfance des peuples fut
toujours féconde en miracles (1).
M ort de Moïse.
L es Hébreux, après avoir erré quelque temps, à la manière des Arabes, aux
environs du mont Sinaï, essayèrent de pénétrer en Syrie, à l’ouest du lac Asphal-
tite. Moïse avoit su exciter leur courage, en leur annonçant que Dieu avoit
donné aux descendans d’Abraham la terre de Chanaan. Intimidés cependant à
leur arrivée sur les frontières de cet Etat par le rapport de leurs espions, ils refusèrent
d’aller plus avant; et, lorsqu’ensuite, sensibles aux reproches de Moïse,
ils demandèrent qu’on les menât au combat, ce grand homme, témoin de la
timidité qu’ils venoient de montrer, put, en se refusant à leur demande, prédire
leur défaite, s’ils osoient attaquer malgré sa défense. Ils ne l’écoutèrent point,
et frirent complètement battus (2). Cette tentative malheureuse, et la sédition
qui éclata peu après, firent connoître à Moïse que les Israélites n’étoient encore
ni assez aguerris ni assez disciplinés pour pouvoir s’établir de vive force sur les
terres des Syriens. Pendant trente-huit ans, il attendit dans le désert que la
( 1 ) Rien de si facile, même chez les nations policées, pas la peine de dresser aucune machine; ils disbiènt :
que de tromper le bas peuple par de prétendus miracles. Voyez-vous! E t tout le monde repetoit : Je vois. T an t
D e nos jours, en Ita lie, la foule ne se pressoit-elle pas l’imagination est une puissance créatrice!
autour des images de la Sainte-Vierge, dont elle.voyoit (2) Nombres, chap. 14.
remuer les yeux! Les prêtres, pour cela, ne se donnoient
A . * S s 2