
Égyptiennes : on distingue facilement les temps qui se rapportent aux faits civils,
des supputations relatives aux événemens du ciel ou aux faits cosmogoniques ;
enfin on vérifie , en quelque so rte , les résultats des tables de lyianéthon., L e
nombre des rois s’accorde précisément avec celui qui étoit compté par les Grecs;
et l’on n’a aucun mo tif de rejeter la durée que cet historien attribue aux diffé-
rens règnes.
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Comparaison de ces Époques avec celles qui sont,données p a r les A n nales des.
H éb reu x.
L a haute antiquité des arts à Thèbes et à Memphis est encore attestée par
les livres des Hébreux. Ces peuples Arabes, dont les ancêtres avoient fait un long
séjour en Égypte, conservèrent aussi avec beaucoup de soin l’histoire de leur
origine, et nous avons aujourd’hui plusieurs copies de leurs annales sacrées qui
étoient déposées dans les temples. La seule diversité des textes suffiroit pour
rendre incertaine la chronologie des temps qui précédèrent les voyages des
Hébreux en Égypte ; mais les époques subséquentes sont mieux connues, et il
n’y a aucun doute que l’on ne puisse déduire de leurs annales une partie importante
de l’histoire de l’Égypte. Par exemple, elles nous font connoître quel étpit
l’état de la société civile et des arts, lorsque les premiers Hébreux arrivèrent à
Memphis, et sur-tout lorsqu’ils entreprirent de s’établir en Palestine ; elles nous
apprennent que, plus de vingt siècles avant l’ère'clirétienne, l’Égypte étoit soumise
à un gouvernement fixe qui subsistoit depuis long-temps, et étoit fondé sur le
respect des moeurs et sur les ^principes d’une monarchie régulière. Il est évident
que les Hébreux sortant de ce pays durent conserver plusieurs des arts qui étoient
d’un usage général. Quoique leur condition les séparât des Égyptiens et leur
donnât des»tnoeurs fort différentes, un grand nombre d’entre eux participoit aux
connoissanceS communes; c’qst ce que l’on voit clairement dans l’énumératiori
des arts et des préceptes qu’exigèrent la construction, du tabernacle et l’établissement
de là loi Hébraïque. Il est très-important de comparer, sous ce point de
vue, les arts que les Juifs connoissoient alors, avec ceux dont il subsiste encore
tant de vestiges sur les bords du Nil. On retrouve, en effet, dans les descriptions
de l’E xode, les élémens de l’architecture Égyptienne, l’ordonnance du plan, les
proportions numériques des parties, l’emploi des colonnes avec leurs bases et
leurs chapiteaux, et les principes de la décoration des édifices. On y remarque
aussi l’usage de divers métaux, l’art des tissus et des broderies en o r , celui de
teindre les peaux et les étoffes de couleurs vives et variées; enfin l’art d e ,p olir
et de graver les pierres précieuses, art qui en suppose plusieurs autres, et qui
étoit perfectionné en Égypte et en Asie long-temps avant que Cécrops eût paru
dans l’Attique.
3 ° .
a Résultats généraux de l ’E tu d e des Monumens.
L e s mêmes conséquences sont confirmées par l’étude des monumens ; elle nous
montre que les arts dont on vient de parler, florissoient dans la première capitale
de l’Egypte; on les trouve sur toutes les parties des temples, dans les habitations
des rois, dans leurs sépultures et dans celles des particuliers : il est manifeste que
la nation possédoit alors des connoissances fort étendues, et qu’elle s’appliquoit
depuis plusieurs siècles aux grands ouvrages d’architecture et de sculpture. Ainsi
l’époque intermédiaire que nous avons déduite des monumens astronomiques,
s’accorde avec les antiquités de Thèbes et les annales des Hébreux.
Non-seulement elle est une conséquence nécessaire de la perfection des arts
physiques, mais elle résulte aussi de l’état général de la civilisation, et des progrès
que les Égyptiens avoient faits dans la science du gouvernement; enfin elle dérive
des chroniques Égyptiennes, de l’opinion de la G rè c e , et dè tout le corps
de l’histoire des anciens peuples. Les Égyptiens possédoient les principes des lois
et des moeurs, les élémens des sciences et ceux de tous les arts, c’est-à-dire, tout
ce que les connoissances humaines ont de plus important et de plus difficile à
découvrir. Ces notions fondamentales, fruit du temps et du génie, peuvent être
mal appréciées depuis qu’un long usage les a rendues familières. La plupart des
hommes réservent leur admiration pour les découvertes récentes.
Les édifices où l’on trouve des sculptures astronomiques, et dont la haute antiquité
est ainsi démontrée, ne sont pas moins remarquables que les autres monumens
; peut-être même portent-ils des témoignages plus éclatans des progrès des arts.
En général, tous les ouvrages de l’Égypte ont un caractère commun ; ils annoncent
les mêmes principes et le même génie.. Les bas-reliefs dont les surfaces des,édifices
sont couvertes, représentent des offrandes et des cérémonies graves et pompeuses,
où les magistrats et le peuple qui les suit font hdmmage aux dieux des
fruits de la terré et des productions dues au travail de l’homme, à son industrie,
aux beaux-arts et au commerce. Ces sculptures rappellent les combats, les siéges,
les victoires, et des superstitions inhumaines abolies dans lés âges suivans ; elles font
connoître l’espèce des armes, les chars, et les instrumens de guerre ; elles montrent
la puissance du monarque, l’infortune des captifs, les marches triomphales et les
honneurs suprêmes réservés aux vengeurs de la patrie. Les scènes innombrables
que l’on y observe, se rapportent aux usages publics, aux lois, aux sciences, aux
coutumes funéraires, aux jugemens prononcés par les hommes ou par les dieux,
enfin à tous les arts physiques et à tous les élémens qui constituoient alors la
société. Cette étude sera donc désormais la source d’une lumière précieuse, et la
publication de ces monumens est un dés faits les plus singuliers et les plus éclatans
que l’on puisse jamais citer dans l’histoire de la littérature.
O n voit aussi combien il étoit important d’acquérir une connoissance exacte
de l’époque où quelques-uns de ces grands édifices ont été construits ; rien ne