
S E C T I O N IV.
DeS Instrum™ à percussion en usage dans la Musique des anciens
Egyptiens.
a r t i c l e p r e m i e r .
Observation préliminaire.
C o m m e nous avons eu occasion de parler de l’usage des instrumens, dans nos
Dissertations sur l état de la musique dans l ’amique Égypte, sur les diverses espèces de
chant et de poeste des anctens Egyptiens, sur le motif et l ’objet des principales fêtés de
lannee, et sur les cérémonies et le caractère des chants dont elles étaient accompagnées
nous ne pourrions, sans nous répéter, entrer dans quelques détails sur les instrumens
a percussion (i). C ’est pourquoi nous ne rappellerons point ce que nous
avons remarque en plusieurs endroits, à l’égard de ces espèces d’instrumens ; nous
nous bornerons ici a décrire leur forme et leur usage, et à faire connoître le nom
sous lequel ils ont ete ou sont actuellement connus.
A R T I C L E II.
D ’un certain Instrument h percussion de la Musique des anciens Égyptiens ■
de sa forme et de son usage; de l’affinité que paraît avoir avec cet instrument,
une espèce d ’instrument dont on se sert dans quelques Églises
Chrétiennes de l’Orient.
P a rm i les figures des personnages du co r tèg e d’une n o c e représentée dans
une des gro ttes de la montagne située près de la v ille XElethyia (2), on remarque
es musiciens I un pinçant d e la h arp e, l’autre jou an t de la flûte d o u b le , et un tro isième
tenant deux grandes règles (une en chaque main) qu’il semble frapper l’une
con tre 1 autre. n
Ce t instrument servoit sans doute à marquer la mesure ou le rhythme des airs
que jouoient les autres musiciens. La simplicité de sa forme nous fait présumer que
usage en remonte aux siècles les plus reculés, et qu’il a dû précéder même l’inven.-
tion du sistre, du tambour, des cymbales et de tous les autres instrumens pulsatifs -
cest le seul que les moeurs austères des Thérapeutes permirent de conserver - et
l’on sait que leur religion nétoit autre chose que l’antique religion Égyptienne,
réformée, simplifiée, et dégagée de tout ce quelle avoit d’idolâtrique, jointe à
un mélange de judaïsme et de christianisme.
Les Hébreux n’ayant point fait usage d’un instrument semblable à celui dont il
s’agit, les livres Qobtes, qui ne contiennent autre chose que l’ancien et le nouveau
Testament, ne peuvent nous être, à la vérité, d'aucun secours pour découvrir
son nom dans la langue Égyptienne.
Mais nous trouvons cependant un instrument du même genre en usage dans les
églises Chrétiennes schismatiques de 1 Orient. C est celui qu’on nomme, en arabe,
[nâqous], et en éthiopien, íñ$0 [takqd]. Il y en a de deux espèces : l’une
quon nomme e Z - [nâqous khachabj, c’est-à-dire, nâqous (1) de bois; et
1 autre quon appelle cXcX>- [nâqous hadyd], c’est-à-dire, nâqous de fer.
Le premier est de deux sortes. Il y en a qui sont larges d’environ un pied, et
longs à-peu-près dé six. Ceux-ci sont suspendus par des cordes au plafond du
parvis des églises ; ils servent à convoquer les fidèles pour le service divin : on les
frappe avec une espèce de maillet de bois. Il y en a de beaucoup plus petits qui se
tiennent à la main, et se frappent également avec un petit maillet de bois.
Le second, c’est-à-dire, le nâqous de fer, est ordinairement moins grand que ceux
de bois. Il est plus particulièrement en usage dans les églises Grecques de l’empire
Ottoman; que dans les autres. Quelques auteurs lui ont donné le nom de semen-
tere. C ’est peut-être son nom en langage vulgaire; mais le véritable nom que
lui donnent les Grecs, est celui S agio sidère, mot composé de aytot, saint, et de
, fer.
Nous arrêterons là nos recherches sur cette dernière espèce d’instrument, nous
réservant d’en parler d’une manière plus positive et plus détaillée, lorsque nous
traiterons de l’état moderne de là musique en Égypte. C ’est tout ce que nous pouvions
dire en ce moment, pour donner quelque idée de-cette espèce d’instrument
a percussion qu’on voit parmi les peintures d’une des grottes d'Elethyia.
A R T I C L E I I I .
Des Tambours antiques de l’Égypte.
I l n est pas facile de se faire une idée exacte de la forme des tambours antiques
de 1 Égypte, d après ceux que l’on voit sculptés sur les anciens monumens de ce
pays. II est meme difficile de les distinguer d’avec les cymbales, à moins d’avoir fait
une etude particulière de cette espece d instrument, et des usages auxquels il fut
consacre. L ignorance des anciens a 1 égard de la perspective n’ayant pas permis
aux sculpteurs de les présenter autrement que de face, on n’en peut apercevoir
1 épaisseur; et les dessins très-fidèles qui en ont été faits, n’ont pas dû la faire sentir:
en sorte que ces tambours ne ressemblent qu’à des disques, que des personnages
( i) C e nom signifie, en général, tout instrument à percussion#
A. C et