
Après cette exposition des distances géographiques exprimées en mesures anciennes,
et des longueurs absolues des espaces correspondans, il reste à ajouter
ensemble les mesures de meme. espèce, ainsi que les grandeurs des distances, et à
chercher le rapport des deux sommes. Ce rapport donnera là grandeur moyenne
de chacune des mesures ; et les nouveaux résultats seront plus précis que le quotient
approché, rapporté dans la sixième colonne du tableau.
Or la somme totale des distances exprimées en grands stades est de 4 7 9 3 —; la
somme des intervalles correspondans" exprimés en mètres est de 887027 : divisant
celle-ci par la première, on trouve, pour la valeur du stacle, i8 ;m,o4, ou
i8y mètres.
La somme des stades de la mesure d’Hérodote est de 19440’,.« celle des espaces
correspondans est, en mètres, de i 9 4 9 4 o o : résultat pour la grandeur du petit
stade, 100”,27, ou 100 métrés' en nombre rond. ~
Par Ce même moyen, on trouve que la valeur du grand schoene est de 1109 5™,23 ;
celle du schoene’ dHérodote, de 6 o i8 ra,j6 . Cette dernière mesure est trop forte
d après la proportion du stade, qui en est la 60.' partie. Il en est de même de la
précédente.
La valeur du petit schoene est déterminée ici à y y 4 7 "V(>-
L e stade de sept cents au degré, dont Hipparque, Ératosthène et Strabôn ont
fait usage.se trouve fixé, par le même rapprocheront, à i ;8 " ,7 i , en employant la
latitude d Alexandrie d après le calcul du premier, comme étant plus exact que
celui du second.
Quant au mille Romain, bien que les savans aient beaucoup d’autres données
pour en déterminer la valeur, cependant il n’est pas sans intérêt de la retrouver
ici par là seule comparaison des nombres des itinéraires avec les distances des
principaux lieux de 1 Egypte. Or ces distances paraissent avoir été mesurées avec
un grand soin, tant sous l’empire Égyptien que sous la domination Romaine. La
valeur que fournit ce rapprochement, se trouve être de 4 7 9 ”,88, ou 1480 mètres;
ce qui excède la mesure de 756 toises ou 1473-,47, adoptée par d’Anville, mais
se rapproche beaucoup de celle de 1481 mètres que M. GosseiJin a préférée, et
dontM. Walckenaer a également fait usage. Les raisons apportées par ces savans.
sont assez connues pour me dispenser d’entrer dans aucun détail sur une matière'
aussi discutée, et même, on peut le dire, presque entièrement éclaircie. Je me bornerai
à observer, i.° que la valeur du mille, simplement déduite de son rapport
connu avec le degré et fixée d après le degré Égyptien, comme on le'verra plus loin,
est de 1477”,7 7 , et, à deux mètres près, conforme au terme moyen que je viens de
conclure des distances itinéraires ; 2.° que cette même évaluation tient le milieu
entre celle de d’Anville et celle que proposent MM. GosseiJin et Walckenaer (1).
J ai fait entrer ici 1 évaluation de cette mesure Romaine, parce qu’elle a un rapport
évident avec la mesure Égyptienne correspondante.
(■ ) Voyei l’a r tic le r e la t if au p ied R om a in , chap. VI.
C H A P I T R E I I I .
Détermination des principales Mesures Egyptiennes par les Dimensions
des Pyramides.
L a recherche du stade, que je regarde comme la source de l’unité métrique, est
nécessairement une des plus importantes de celles qui doivent nous occuper. D’un
côté, les mesures étant enchaînées entre elles, on pourroit déduire toutes leurs
valeurs de celle de l’un des élémens déterminés ; en second lieu, celle-là tient juste
le milieu de l’échelle. J’ai reconnu la valeur approchée du grand stade Égyptien
par les mesures géographiques de l’Égypte : le plus vaste monument du pays et du
monde ( 1 ) va me la fournir également ; je veux parler de la grande pyramide de
Memphis. Cette voie est aussi directe et aussi rigoureuse que la première, e t , de
plus, elle conduit à une plus grande précision.
Je commencerai par établir ici toutes les mesures récentes de ce monument,
qui ont été prises, comme on le sait, avec des instrumens et avec un soin qui
laissent peu à desirer : sans cette exactitude, il serait bien superflu de s’occuper
des mesures de la pyramide et d’y chercher des résultats; tant on a accumulé
d’erreurs pour avoir ignoré ses véritables dimensions.
C’est par ce motif que je m’abstiens de citer les mesures anciennement données
par les voyageurs. La discussion en a été faite mille fois par les savans, et n’a servi
qu’à prouver autant de fois la contradiction de ces mesures entre elles et l’impossibilité
de les concilier. Les nouvelles en diffèrent absolument, comme cela
devoit arriver par la découverte du véritable sol, qui n’a été connu que depuis
peu (2).
§. m
Dimensions de la grande Pyramide de Memphis; cSté de la Base.
A u mois de pluviôse an 9 [janvier 1801], MM. Le Père et Coutelle, en fouillant
au pied de la pyramide, vers les deux angles du nord, ont trouvé une esplanade
qui est l’ancien sol du monument, c’est-à-dire, du socle sur lequel il reposoit.
Sur cette esplanade, et en avant des extrémités apparentes, ils ont découvert
deux encastremens presque carrés, taillés dans le rocher ; ils ont reconnu ces
(1 ) C ep en dan t un e des pyramides M e x ic a in e s , la petite r e la tiv em en t; sa hauteur est de 18 mè tre s, e t sa base
pyramide de C h o lu la , suivant les mesures rapportées de 2 5 mètres. (Recherchessur ¡es monumens Américains,
par l’illustre H um b o ld t, a environ 1 6 2 pieds de h a u t , pag. 2 6 - 2 8 . )
sur 1 3 1 7 de base [ 5 4 mètres sur 4 3 9 m è tre s ]; c e qu i (2 ) J e ne parle pas non plus de la mesure prise par
suppose un volume de 9 3 6 6 2 4 0 6 pieds cu b e s , qu i e x c é - M . G ro b e rt pendant l’ex p éd itio n ; e lle e x cèd e tou tes
d e ro it c e lu i de la grande pyramide de'p rè s de seize m il- celle s c o n n u e s ^ e t le procédé qu ’il a suivi d ev o it le conlio
ns de pieds cu b e s , compris le s o c le , ou de plus d’un duire à c e résultat. (Voye? les O bse rvations de M . C o u -
tiers. L a pyramide de T e o tih u a c an n’a que 2 0 8 mètres te lle sur les pyramides d’E g yp te . )
de base e t la même hauteur : ce lle de P apan tia est trè s-
A . T t t *