
et n’est point parmi les anciennes mesures. On peut ajouter qu’à une époque où
toutes les terres étoient cultivées en grains, il n’étoit peut-être pas nécessaire d’avoir
une mesure destinée spécialement à l’arpentage des prés.
Les deux tableaux ainsi composés avec les passages de Héron, tant pour les
antiques mesures que pour celles de son temps, coïncident tout-à-fait ensemble,
soit pour les rapports, soit pour les valeurs absolues.
Le pied Italique résultant du premier tableau ne vaut que o” ,2567 ; il est beaucoup
au-dessous du pied Romain. Ce pied est même inférieur, mais d’une petite
quantité, au pied naturel, et il se peut qu’on ait pris l’un pour l’autre. Mais il est
à remarquer qu’une même valeur de ce pied Italique est fournie par notre auteur
lui-même : le bcma diploun ou ampelos de Héron le contient six fois juste. Le bêma
liaploun, de o "7 7 , mesure encore usitée au Kaire, comme on fa vu au chapitre vu,
le comprend trois fois. Ce pied fait les cinq sixièmes du pied Égyptien. Si l’on for-
moit une orgyie de six de ces pieds (et l'ampelos est cette orgyie même), elle seroit
comprise mille fois dans la mesure d’un mille particulier, qui paroît répondre au
mille de Strabon et de Polybe (voyezpag. 618, iÉ i , &c.) (1). Ce mênSe pied est
la moitié d’une mesure de coudée dont je parlerai à l’article de la coudée Babylonienne
( il.' section). Enfin il est neuf cents fois au côté de la grande pyramide.
Héron rapporte aussi (selon Éd. Bernard, pag. une mesure du dolichos,
et sa valeur en stades, en orgyies et en coudées. Elle se lie avec toutes les mesures
antiques ; c est pour cela que je 1 ai introduite dans le premier tableau de Héron (2).
Voyez ci-dessous la section 11, ou j ai fait usage d’autres données fournies par le
même auteur.
3.° s. é p i p h a n e . (Mesures des Égyptiens et des Hébreux,)
O n trouve, dans la collection d’opuscules Grecs pubjiée par Lemoine sous le
nom de Varia sacra (3), et dont j ai parlé dans le précédent chapitre, un fragment
curieux, attribué à S. Épiphane, qui a pour titre Tlept imMuinvm!, , Dequantitate
mensurarum. Ce fragment donne les rapports de seize mesures différentes.
S. Épiphane étoit instruit sur les mesures Égyptiennes (4 ); il a écrit un traité spécial
de ponderibus et mensuris, où les mesures de capacité des Égyptiens prennent une
grande part. Le fragment qui nous occupe est d’un haut intérêt, en ce qu’il donne
précisément les mêmes rapports qu’Hérodote, Héron et tous les anciens auteurs.
Deux mesures seulement paroiSsent s’écarter de l’accord général; savoir, le plèthre,
qui s’y trouve de 96 pieds, au lieu de 100 pieds, et le milion.de 7 stades, au lieu
de 7 stades 4 : mais cette déviation n’est qu’apparente..
J’ai formé le tableau des diverses’ mesures qui sont en chiffres dans le texte Grec;
en le complétant, j’ai trouvé dans tous les nombres le plus grand accord, excepté
(1) Voyez fe tableau général des mesures. renferme 5000 pieds de la mesure de Pline : Héron nous
(2) Héron parle encore d’une mesure égale au quart apprend qu’il vaut 4500 pieds Égyptiens et 5400 pieds
de la spithame et longue de trois doigts; mais il ne donne Italiques.
pas assez de détails pour que j’aie pu en faire usage : c’est (3) Pag. 199 ( Lugd. Batav. 1685 ).
dans le passage sfgbscur relatif à l’orgyie, et dont j’ai fait (4) S. Épiphane florissoit vers l’an 386 de J. C . Dans
mention plus haut. Quant au mille de Héron, /d\ior, il cequi suit, je le supposerai le véritable auteur du fragment.
pour les valeurs du mille (i). Il résulte de ce travail, et en prenant pour base la
valeur du mille Hébraïque, de i io8mj , qui sera démontrée plus bas, une valeur
de j y 4 1“ f pour la parasange, telle que nous la Connoissons (2); pour le mille
de 7 stades f , 1385 "',4 ; pour le stade, 184",72.; l’acæne, 3",08; l’orgyie, ! ",85;
le bêma, om,yy, la. coudée, o”,462; le pied, o“,3o8; c’est-à-dire que toutes ces
mesures sont celles de l’Égypte ancienne, hors le mille. Quant au plèthre, qui ne
prend ici que 96 pieds, c’est une difficulté aisée à lever; car 96 pieds Égyptiens
font justement 100pieds Romains. L ’auteur du fragment a confondu les deux pieds;
mais il a été conséquent dans les valeurs données à ce même plèthre en orgyies,
bêma, coudées, pieds, spithames, &c., qui sont très-exactes en tant que relatives
à une mesure de 100 pieds Romains : il ne faut que les* augmenter dans le rapport
de 96 à 100 ou de H | pour voir reparoître tous les rapports connus entre lé
plèthre et ces diverses mesures (3).
Cette simple analyse explique parfaitement-la,valeur du plèthre exprimée par
38 bêma ¡f§ nombre rompu qui pourroit passer pour altéré. Le plèthre ordinaire
vaut 4 ° bêma; et l’on a en effet 4 o , en ajoutant 77 à ce nombre fractionnaire
[3 8 7 ( 1 - t -77) — 4°]- M est facile de voir que les 1 o acænes au plèthre doivent
se transformer en 9 7 pour ce plèthre supposé en pieds Romains ; mais le nombre
de 1 o acænes se rapporte bien au plèthre ordinaire.
Venons au mille de 7 stades. S. Épiphane est presque le seul qui parle d’un mille
pareil : mais il est bien remarquable que le mille Hébraïque, mille fort ancien et
dont S. Épiphane parle très-souvent, soit en effet composé de 7 stades de sept
cents au degré ou d’Ératosthène (4 ). Quand le stade' de sept cents au degré se
répandit dans l’usage, il fut aisé de remarquer que le mille Hébraïque en renfer-
moit 7 , et ce rapport septénaire fut saisi principalement par les auteurs Juifs. On
peut consulter, à ce sujet, l’article du mille ; observons seulement ici que ce mille
étoit de cent au degré, etjque le stade dont il s’agit contenoit 600 pieds de la stature
humaine.
S. Épiphane a entendu ici le mille Hébraïque ; mais il a négligé d’avertir que sa
valeur en stades se rapportoit à celui de sept cents au degré, et non au stade ordinaire
de six cents : de manière que les valeurs du mille en stades , plèthres,
acænes, orgyies, bêma, coudées, pieds, spithames, palmes et doigts, sont toutes trop
fortes d’un septième pour le stade Égyptien et les mesures qui en dérivent; mais,
comme on peut s’en assurer en faisant le calcul, elles seroient parfaitement exactes
pour un stade de sept cents au degré ou de 1 j8 m,33, un plèthre de 26",39, &c.,
enfin pour un pied de 0532639 ou le pied naturel.
Ainsi le mille de S. Épiphane est le même que le mille Hébraïque, et les
mesures composantes sont plus petites d’un septième ; le plèthre est plus petit que
le plèthre Égyptien, mais ses valeurs sont en mesures Égyptiennes.
On voit comment nos tableaux servent à .résoudre les difficultés et les
(1) Voyez Ie tableau n.° [ IV ] . (3) Voyez le tableau n.° [ IV ] .
(2) Il yadans IefragnientjOTOgjtaayfiiÇ/UéTfov nt/)«KoV: (4) Le mille Hébreu renferme 6 stades Olympiques ,
ce qui signifie seulement que les Perses avoient une me- et S. Epiphane le rapporte lui-même dans un autre en-
sure de parasange. droit.
A , I i i i a