
et sur les plaines cultivables. Cette constellation est aussi la première de celles
que le soleil décrivoit tout entières, dans le cours de l’année d’Isis.
18.
D urée de cette année d ’Is is , et Période cynique.-
C e t t e année, qui commençoit à la première apparition de Sirius, diffère de
l’année tropique, ou de l’intervalle de temps qui s’écoule entre deux retours consécutifs
du soleil au solstice d’é té, et, .ce qui est remarquable, elle'diffère aussi
de l’année sidérale, ou du temps qui s’écoule entre deux retours consécutifs du
soleil à la même étoile de l’.écliptique. Elle étoit, aux époques dont nous parlons,
plus grande que l’année tropique, et moindre que l’année sidérale. Sa longueur
est très-variable; elle dépend du temps et du climat : mais, pendant toute la
durée de l’empire Egyptien, elle a vo it, dans ce pays, une valeur presque constante,
et égale à trois cent soixante-cinq jours un quart. Il en' résulte, comme
on l’a dit plus haut, que si le lever de Sothis concouroit d’abord avec le premier
jour de l’année vagu e, cette coïncidence se renouveloit après un intervalle de
mille quatre cent soixante-une années vagues Égyptiennes ; ce qui constitue le
cycle Sothique. Cette période avoit été déterminée exactement, et elle devint
un des principaux élémens du calendrier d e l’Égypte. Elle s’est renouvelée, suivant
le témoignage de Censorin, le x i i .c des calendes d’août, sous le second consulat
de l’empereur Antonin (i) [2.0 juillet de l’an 139 après Jésus-Christ],
19.
Précession du p o in t qui répond à la première apparition de Sirius.
L E point où se termine l’année d’Isis , c’est-à-dire , celui où le soleil doit
parvenir pour renouveler le lever héliaque de Sirius, n’est point fixe dans le ciel ;
il se meut par rapport aux étoiles : il étoit encore dans le signe du lion versde milieu
du x x v , e siècle avant 1 ère chrétienne, lorsque l’on imposa enÉgypte aux constellations
zodiacales, des noms et des figures propres à ce climat: Environ trois- siècles
après, il étoit au point de division qui sépare le lion,du cancer, et il s’est avancé
de plus en plus dans cette dernière constellation. C e point héliaque a donc, comme
le solstice, une précession annuelle: mais nous avons reconnu que son mouvement
ne se fait point toujours dans le même sens ;.il est alternativement rétrograde et
direct. Ainsi le terme de l’année d’Isis est mobile par rapport aux étoiles; mais
il ne fait p o in t, comme le solstice, le tour du ciel : il ne peut jamais s’écarter
des deux constellations voisines du lion.
(1) Censorinus, de Die natalí, cap. 2 1 , pag. 12 9 , edit. Cántabrígiae,
2 0.
Observation que les É g yptien s ont fa ite de ce mouvement.
L e s Égyptiens ont connu, par le long usage de l’année caniculaire, le déplacement
du point héliaque. Us ont vu autrefois cette année se terminer lorsque le
soleil étoit entré dans le signe du lion. A cette époque, le lever de Sirius suivoit
de peu de jours le solstice d’été. L ’inondation avoit lieu un mois après cette
apparition, lorsque le soleil décrivoit le signe de la vierge. C e premier état est
représenté dans les deux temples de Latopolis. Dans chacun de ces édifices* le
lion occupe la dernière place, et la vierge, la première.
Ils observèrent dans la suite que le soleil n’étoit point encore sorti de la constellation
du cancer, lorsque le lever héliaque de Sirius désignoit la fin de l’année
naturelle de trois cent soixante-cinq jours un quart. Us représentèrent l’année dans
cette nouvelle position; ce que l’on observe sur les deux monumens de Tentyris.
O n reconnoît distinctement dans le zodiaque rectangulaire du temple d’Isis, que
le terme de l’année agricole est marqué dans le ciel par la première apparition
de Sothis, le soleil étant dans le signe du cancer. L e zodiaque circulaire du même
temple se rapporte aussi à cet état du ciel. Dans l’une et l’autre sculpture, le
cancer occupe la dernière place, et le lio n , la première.
2 I.
Variations remarquables dans la D urée de l ’A n n ée caniculaire et de la Période
Sothique.
I l est sur-tout nécessaire de s’assurer que la durée de l’année d’Isis n’est point
une quantité constante, mais quelle est alternativement moindre ou plus grande
que la durée de l’année sidérale, dont elle différoit beaucoup à l’époque de la
sphère de Thèbes. Alors * cet intervalle de temps qui sépare deux levers héliaques
consécutifs, étant presque égal à trois cent soixante-cinq jours un quart, la période
cynique comprenoit mille quatre cent soixante-une années vagues de trois cent
soixante-cinq jours. Mais, si l’on remontoit à des époques très-antérieures, par
exemple à celle où le solstice d’été occupoit les constellations du capricorne, du
sagittaire ou du scorpion, on trouveroit, pour la durée du cycle cynique, une
valeur fort différente de mille quatre cent soixante-un ans. Ainsi l’on ne peut pas
attribuer une antiquité aussi excessive à l’invention et à l’usage de ce Cycle.
Si l’on détermine, par une analyse exacte, la durée de la période cynique, on
rpconnoît quelle est très-variable : elle dépend, comme l’année caniculaire, de la
position de la sphère et de la latitude du lieu. La durée de cette dernière annéeétoit,
deux mille ans avant l’ère chrétienne, de trois cent soixante-cinq jours un quart ;
ce qui correspond à très-peu près à la moindre valeur possible. Cette valeur chan-
geoit alors très-lentement; elle avoit été sensiblement constante pendant les douze