
en même temps que du grand stade Égyptien, et il paroît qu’il a recueilli ces diverses
mesures sans distinguer la différence des modules.
2.° E N C E IN T E D E .B A B Y L O N E .
H é r o d o t e donne 1 2 0 stades à chacun des quatre côtés de l’enceinte de
Babylone, et 4 8 0 stades pour le périmètre entier (i). Pline (2), Solin, Philostrate,
ainsi que S. Jérôme, fournissent le même nombre de 480 stades. Ctésias,
qui avoit voyagé à Babylone, et Diodore de Sicile (3), Hygin, Tzetzès, Philon,
ne donnent que 360 stades. Dion Cassius en compte 4 oo.
Des relations aussi simples que celles qui existent entre les nombres 480, 4 °o
et 360, c’est-à-dire, les rapports \ e t-^ , ne paroissent pas être fortuites, ni
provenir de méprises daîis le compte des stades ; on est bien plutôt porté à croire
que c’est une seule et même étendue dont il s’agit, mais exprimée en mesures
différentes ; nos tableaux le démontrent à la seule inspection.
En effet, 360 stades de sept cent cinquante au degré, ou de deux cent soixantedix
mille à la circonférence, font autant que 400 stades de trois cent mille; cette
dernière espèce est celle dont Archimède a fait usage (4 ). Que Ctésias ait recueilli
à Babylone même, la notion de cette étendue exprimée en stades Babyloniens,
c’est ce qui est très-croyable : or c’est bien le stade de sept cent cinquante
au degré qui est celui des bords de l’Euphrate, le même que le rous des Hébreux,
qui l’ont puisé à cette source. Remarquez que Philon, auteur Juif, donne
360 stades, comme Ctésias.
Les 4 8 0 stades d’Hérodote, Pline et autres auteurs, proviennent du compte
de 360 stades, mais qu’on a pris sans doute pour des stades de trois cent mille à la
circonférence du globe, et transformés en conséquence ; car 360 stades de cette
. i l ) K.EÎ70J ev mStu ptyahu , piyadoç tvazt pniuonr
tXCLÇOY , «KO57 X. ixcLTOV ÇO.Siù)V, ESfOTJf Tl'TÇCLyÛlV 'Siti çttSfoi
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¡jji'Tçl'i iç i Tnyçaç, /JtÇar *rçt<n Sàxivxoiai. ( He rod ot. H i s t .
lib . 1 , cap. 178, )
(2) H i s t . n a t . lib . V i^ c a p . 26. P lin e donn e 60 milles
d e to u r ; c e q u i , à 8 stades pa r m ille , p rodu it 480 stades.
O n ,vq it P lin e réd u ire ic i . des stades en milles R dm a in s ,
selon sa Cou tume , sans considérer la d ifle renced e s mesures.
Babylpn.... sexaginta milita passuum amplexa mûris ducerlo
s pedes lo t i s , qûinquagenos la ti s , în singulos pedes
ternis digitisi ih'ehsürâ ampliore quàin nostrâ, interfluo
E u p hrate, i f c .
(3) ’AmxaSSm (Stpigipis) Si 7oy 'iù^ep.Tnv imiupuY eiç
p im i , sne/ié’stA£7B myoç t» mxu ( BaCvxuvi) szlSîuy i&ta-
uoiar îfyixorm, Siaxtippirov 7wpyuç twyjois ¡0 pxytXois" tum-
xvtov </£ n’y 70 é’agpf tuy tpyuY, a n 79 piv •nhd'mç if)
Tiryuy éjj appctotY iirmmpoY • 70 «P vyiç ctmnr 70iç etxSaojr,
aç ça en Knojas ó KriSios • àç Si Kxinupyoç ^ tuy vçiçpv
pt7 ’Kxi$<tYS'p* StaCetYiur iiç txy Aotar miç aYt^fca^av, tçmxo-
ciuy ¿^tÎXOYTU £ TKYTl SttSlUY, X, fQ&SldiClOlY 071 TUY IOUV YipSpUY
ili 70Y iYletVTtY irUY , iflXOTtpK% 707 ¡BOY à&.§>pOY 7ZÜ7 ÇZtSjUY
030Ç7Îoa<Sr* in ç S i ttKiyQvç iiç àfpct\TSY iySv,tm.pÂYYi, Tiiyiç
xa.nGXiiia.in, to p&v vdos, as piv Krxmtts <pnoi, -xtmixeYTU
OpjUIUY, US ¿1 *7/0/ TUY YiUTipUY *Jf«x|otK, TtYl'yUY mYvlxOYTO. ‘
70 S i Trhetits3 nhtiov it Sbenv etppcuriY iironzaiuoy.
T um CCCLX stadioruin inuro, crebris intercepto turri-
bus , urbem (B a b y lo n em ) ita circumdedit (S em iram is ) ,
u t medium amnis, interflueret; eratque tanta operis magni-
fic en tia , u t incenium latitude sex ju x tä curribus vehendis
sufficeret; altitudo verb omnium qui audirent Jidem ( u t
Ctesias scribitJ excederel: u t verb Clitar chus, et qui cum
Alexandra in Asiamposteatrajicerunt, litter is prodiderunt,
ambitus CCCLX V stadiorum, quod anni dies stadioruin nu-
mero (equate studuisset. M u r u jn lateribus bitumine conglu-
tinatis coagmentavit L orgyias, teste C te s id , altum, ve l,
u t a lii referunt, L cubitos tan turn, ut latiludo aliqunnto
p lu s quam duobus curribus satis esset spatii obtineret.
(D io d . S i c . B ib l. hist. lib . i i , pag. 6 8 .)
Ow70f e/J. 0 TIg/o0X0f Ut 70 pkY pJHX0f, SttStUY Ti0SU.&I.X0YTU •
to S i xfittios, tm Tesawaivs ^i/V8»f ’ to <fi v\fos, us YLnurias
'<pr,<ri/j ¿pyjitpy tkitSuytu. ' tuy St xvpycuv V7nip% to vdos oo-
juiuy iSSbpuxoYTtt.
I s (a lte r intrrnsecus in orbem ductus ambitus B ab ylon
i s ) , auctore Ctesid, X L stadia longus, lateres trecentos
la tu s , et L orgyiarum alius erat : turres ad LX X orgyias
surgebant. ( Ib id . lib . I I , pag. 6 9 .)
(4) Voye^ A rch , in Arenar io, et plus h a u t, chap. V I I I .
dernière grandeur font précisément 4 8 0 petits stades d’Égypte, espèce de mesure
qu’Hérodote a constamment employée : Hérodote et Ctésias ont donc chacun fait
usage, comme ils devoient le faire nécessairement, d’une espèce particulière de
stade. • ->’■
Deux questions se présentent ici : 1 quelle est la grandeur qui résulte de cette
explication pour l’enceihte de Babylone! 2.0 le nombre de 3Ôcy stades donné à
cette enceinte est-il un nombre arbitraire! Tant d’écrivains ont exagéré la grandeur
de cette capitale, faute de connoître les mesures de l’antiquité, que de bons
esprits ont rejeté tout-à-fait le récit des anciens, comme entièrement fabuleux.
Notre évaluation réduit à 3 lieues de vingt-cinq au degré le diamètre de Babylone,
au lieu de y et 6 lieues que plusieurs modernes lui avoient attribuées (1). Cette
étendue, quoique bien grande encore, n’a cependant*rien qui choque la vraisemblance
, quand on se rappelle qu’une partie de l’immense ville de Babylone
étoit cultivée, ainsi que nous le savons par Hérodote et par Aristote; car ihseroit
absurde de croire qu’une ville de 3 lieues de côté fût entièrement bâtie et habitée.
Mais la magnificence que tous les auteurs attribuent à Babylone,’ses jardins,
ses rues, ses palais si vastes, n’exigent guère moins d’étendue que celle qui
résulte de la recherche précédente, et qui répond à un périmètre de 12 lieues ou
12 parasanges Persanes.
Maintenant considérons que le côté de l’enceinte étoit égal à 4 j ‘de degré , ou
à la 300.0.' partie de la circonférencefcferrestre, et le contour à la 750.' partie.
Peut-on penser qu’un tel rapport entre le périmètre terrestre et celui de Babylone
soit purement fortuit ! Je n’hésite pas à crqire^ que cette enceinte a été élevée
comme un monument métrique, ainsi que la grande pyramide elle-même. On sait
qu’elle étoit formée de murailles d’une épaisseur êt d’une hauteur prodigieuses (2).
Cette même enceinte conservoit le type d’une ancienne mesure de la terre, exécutée
en Egypte; en effet/chacun de ses côtés renfermoit 72 stades Égyptiens
de six cents au degré.
Qui n’est frappé de ce nombre de 360, formant celui des stades qui compo-
soient l’enceinte de Babylone ! est-ce fortuitement que ce nombre sé trouve égal
à celui des divisions du cercle, ou bien des jours de l’année suivant la supputation
primitive, qui remonte à l’enfance de l’astrohomie !j Cette division de
l’année et de l’enceinte en pareil nombre de jours et de stades présente un
rapprochement qui n’est pas sans réalité, puisque .Strabôn, Eustathe, Quinte-
Curce et d’autres historiens d’Alexandre attribuent 365 stades à cette naêftie enceinte
de Babylone. Les nombres 360 et 365, associés ensemble, ne peuvent évidemment
procéder que de celui qui étoit attribué aux jours ; les auteurs qui ont
donné 365 stades à cette enceinte, l’ont fait sans doute, parce qu’il étoit reçu
qu’elle comprenoit autant de stades qu’il y a de jours contenus dans l’année (3):
(1) Voye^ le tableau général des mesures. ( (voyeç Diod. Sic. B i b l . h is t . lib. i l , pag. 68). Voye^ la
(2) Hérodote ( H i s t . lib. I , cap. 178) et Ctésias leur note 3 de la page précédente.'
donnent 200 coudées et 50 orgyies de haut; Strabon, (3) Dans la graduation usitée chez les Chinois, lacir-
50 coudées; Q u in te -C u r c e , 100. Selon Ctésias, leur conférence est divisée en 365 parties un quart. ( Voy. Far-
épaisseur étoit égale à la largeur de six chariots de front ticle du monument d’Osymandyas, ci-dessus, p. 541.)
A . R r r r a