
IJ suit de ce qui précède, que vingt-quatre fois cette mesure'font 4o coudées.
Ajoutons encore que la coudée lilhique de Héron avoit z4 doigts ; or la coudée
qui serti à former cette mesure, qu’on peut bien nommer elle-même lithique, puisqu'elle
sert aux tailleurs de pierre, est aussi celle de z 4 doigts. Tan rd e rapports
et me coïncidences méritent l’attention. Il est manifeste que cette mesure a des
rapportfmiarqués avec celles de l’antiquité : à elle seule, elle les eût fait retrouve»
O r , en consultant Héron d’Alexandrie, on trouve qu’elle exprime précisément’Ie
bcma haploun ou le pas simple de cet auteur et de S. Epiphane.
Le qyrât eÈégal à un pyk belady, plus un tiers ; c’est-à-dire1 que les trois quarts
(ou 18 des parties) de ce qyrât sont égaux au pyk belady. Enfin il est deux cent
quarante fois au stade Égyptien, et quarante au piétine. La mesure qui le renferme
ymgt-qlitre fois, le bêmo. simple, faisant 4 ° coudées Égyptiennes, est aussi de
6 cannes, ou 10 orgyies. Le pyk belady s’y trouve trente-deux fois.
Le toull ou tiers du qyrât est le pied italique de Héron.
q a s a b o u p e r c h é , c a n n e , & c .
L a principale espèce de qasab&et la seule qui soit générale et authentique, est
celle dont la mesure est conservée à Gyzeh, et dont la longueur est de 3m,8y ; sa
proportion avec la coudée du pays est de 20 à 3. J’ai trouvé cette mesure en usage,
dans la haute, la basse et la moyenne Egypte p§, entre les mains de tous les cultivateurs.
C’est mal-à-propos que, dans l’Annuaire du Kaire, on a comparé le qasab a 6 pyk
belady et une moitié, et qu’on l’a évalué en conséquence à 3“ ,75. Sâ vraie proportion
est de 6 pyk f . Cette même proportion se retrouve, dans l’antiquité, entre
la grande canne de Héron et la coudée Hébraïque, entre le décapode Grec ou Égyptien
et la coudée, entre le decempeda Romana et la coudée Romaine, &c. Ce nombre
rompu, et en apparence compliqué, est au fond très-simple, puisquil se résout
en celui de 1 o à 1, dès qu’on vient à substituer, à la coudée Sa valeur en pied.
Les Qobtes, comme je l’ai dit plus haut, ont réduit le qasab de longueur, afin
d’augmenter la surface du terrain soumis à l’impôt.. J’ai mesuré, dans la campagne,
plusieurs demi-qasàb entre les mains des messâli [mesureurs ou arpenteurs], et
j’ai trouvé une longueur variable. La mesure entière est tamôt de 3 m,6, tantôt de
3”“,65. On croit que sa longueur fixe est de 6 coudées ~ du pays; ce qui équivaudrait
à om,657J : ce dernier nombre est à la vraie longueur du qasàb comme 19
est à 20? Il s’ensuit que, pour un nombre donné de feddân, pour trente-six, pat-
exemple, le fisc en impose quarante, même en usant de la mesure la moins courte.
Je ferai remarquer ici que le qasab des Qobtes, petite mesure, ou 3“ ,6, équivaut à
1 o des coudées de criée du Meqyâs et à 6 f de la vraie coudée du Nilomètre. C ’est
peut-être là l’origin^de cette mesure. La dernière évaluation reproduit le rapport
6 - , que nous avons trouvé (gonsacré par un usage général. Ce seroit peut-être une
raison pour l’admettre de préférence à la première. Dans ce cas, les Qobtes auroient
simplement substitué la coudée du Meqyâs à la coudée du pays.
(1) M. Girard a reconnu aussi que la vraie longueur du cadastre, a établi le rapport du qasab avec la coudée
du qasab est 3 " ,8 ; [Dec. Ègypt. torn. I I I , pag. 42). La du pays comme 6 j à 1.
commission qu’on avoit créée au Kaire pour la formation
F E D D Â N . ’
Le feddân est la mesure agraire des Égyptiens modernes; comme il est composé
d’un cèïtain nombre de qasab, son étendue dépend aussi de celle de cette
mesure linéaire. Le feddân est un carré de 20 qasab de côté; le côté du éàrré
équivaut donc à 133 pyk belady f ou 77 mètres, et la surface, à fy fÿ mètres
carrés.
Il est remarquable que cette surface est comprise neuf fois juste dans la base
de la grande pyramjde. Le côté du feddân répond à 250 pieds Égyptiens antiques,
et par conséquent il a 100 pieds de plus que celui de l’aroure, qui avoit 100 coudées
ou 150 pieds. De là, on conclut le rapport très-simple du feddân" à l’aroure,
c’est-à-dire, de 9 à 23.
En répétant trois fois en carré le côté du feddân, on a 4 oo coudées antiques:
lasurface correspondante à ce nouveau carré est de 3600qasab carrés, 160000 coudées
carrées et 9 feddân. C ’est cette même surface qui est égale à la base de la
pyramide.
Le feddân se divise*en 24 parties appelées qyrât (1). Cette division ne répond
pas à un nombre rond de cannes carrées : chaque - qyrât en fait 16 f . Il n’y a pas
non pjus un nombre,rond de coudées carrées. Le partage d’un feddân en qyrât
ne peut se faire que d’une manière : c’est en portant sur les côtés vingt-quan-e fois
les cinq sixièmes du qasab ; ou bien, comme on se sert ordinairement d’un demi-
qasab, en portant autant de fois le demi-qasab et deux tiers. A chaque portée, on
a une bande .rectangulaire égale à un qyrât.
M. Girard a rapporté (2) que le côté du feddân, aux environs de Damiette,
est de 20 cannes 4, au lieu de 20. J’ai cherché d’où venoit cette proportion,
qui excède de trois quarts de qasab la mesure ancienne et constitutive du feddân,
laquelle est composé» de 20 cannes. Lorsqu’on fait attention que le feddân a, selon
divers auteurs, 18, 20, 20 \ et même 24 qasab de côté, la difficulté d’une pareille
recherche paraît encore plus, grande ; voici commentée crois que l’on peut la
résoudre.
La canne Hachémique, la même que la grande canne de Héron, avoit 3™,694 (3).
Si l’on divise 77 mètres, longueur du qasab ordinaire, .par cette quantité, on trouve
20^, à "fort peu près; il est donc probable que ce rapport vient de la conversion
du qasab commun en qasab Hachémique, et que, par conséquent, il s’agit d’une
même superficie. D ’un autre côté, la canne de Damiette a, selon M. Girard,
3” ,99.; ce qui -produirait, à raison de 20 cannes 4 au côté du feddân, une
surface de beaucoup supérieure à celle du feddân ordinaire. Si le feddân de Damiette
a 20 cannes 4 de côté, il en renferme en carré 4*0 [y (4). Un nombre
aussi peu commode pour le calcul ferait douter; .encore plus de l’existence de
cette espèce de feddân. Pour éclaircir entièrement la question, il faudrait plus
de renseignemens qu’on n’en a pu recueillir.
( 1 ) L L j ' , pluriel b j j l jS jirâryt. C e nom s’applique (2) Décade |Égyptienne, toni. I , pag. 230.
aussi à un poids et à une mesure itinéraire. On croit qu’il (3) Voyez ci-dessous, chap. I X , et les tableaux,
vient d e L l^ i ’ ou ibLi* , siliqua, bacca siliqua*, propri} (4). EGinpn 432,
ej us pondus; ita dicitur ,quod est quatuor granorum (Golius).
A . ! I I P