
Si le sujet se trouvoit dans un embonpoint plus ou moins considérable, et qu’il
fât mort d une maladie putride ou maligne, et pendant une saison chaude, il
seroit impossible de préserver les entrailles de la putréfaction : dans ce cas, on
les extrait par une incision semi-lunaire que l’on pratique au flanc droit, vers la
région lombaire. On détache d’abord les intestins, l’estomac, je foie, la rate et les
reins ; on coupe circulairement le diaphragme, puis le médiastin , la trachée-artère
et 1 oesophage, a leur entrée dans la poitrine, et l’on enlève le poumon et le coeur,
sans altérer ce dernier organe, qui doit être préparé séparément et conservé avec
soin. Ces deux cavités doivent être épongées, et l’on met une certaine quantité
de muriate suroxigéné de mercure réduit en poudre sur les parties charnuçs
de leurs parois; on remplit ensuite ces cavités de crin lavé et sec; on rétablit les
formes du bas-ventre, et Ion fixe les deux bords de l’incision au moyen d’une
suture a points passés; enfin, on plonge le corps ainsi préparé dans une suffisante
quantité d’une solution de muriate suroxigéné de mercure aussi forte qu’on peut 1 obtenir. On le laisse tremper dans cette liqueur l’espace de quatre-vingt-dix ou
cent jours. Lorsquil est bien saturé de cette dissolution, on le place sur une
claie exposee a 1 action graduée d’un foyer de chaleur établi dans un lieu sec et
aére; au fur et à mesure que les parties se dessèchent, on rétablit les formes
naturelles des traits de la face, la conformation des membres, et on leur donne
1 attitude convenable ; on place deux yeux d’émail entre le globe rétracté de l’ceil
et les paupières; on donne une teinte aux cheveux relative à leur couleur naturelle,
si on le juge nécessaire, et l’on passe sur toute l’habitude du corps un vernis
légèrement coloré, qui anime les teintes de la peau, et lui conserve l’aspect de
la fraîcheur; enfin, on met le cerps sous verre, pour l’exposer au public, ou on 1 ensevelit dans un cercueil. On peut perpétuer ainsi, pendant des milliers d ’années,
les restes des héros ou des grands hommes de l’État,
SUR LA PARTIE OCCIDENTALE
D E L A
PROVINCE DE BAHYREH,
C O N N U E A N C I E N N E M E N T S O U S L E N O M D E
NOME MARÉOTIQUE;
P a r M. G r a t i e n L E P È R E ,
I n g é n i e u r e n c h e f a u C o r p s i m p é r i a l d e s p o n t s e t c h a u s s é e s .
R a p p e l e r l’existence d’une ancienne contrée qui, sans avoir changé de nature,
a cessé seulement d’être habitée et cultivée, c’est faire voir la possibilité d’y ramener
une nouvelle population, sur-tout quand cette terre n’a rien perdu des
causes naturelles de sa fertilité : on veut parler de cette province la plus occidentale
au nord de l’Égypte, et qui, connue dans l’Empire Romain sous le nom
de nome Maréotique, offre à peine aujourd’hui un foible souvenir de son existence
dans le nom de Maryout, que les Arabes donnent à une ancienne ville de cette
contrée (i)
Cette province, quoique limitrophe de .celle d’Alexandrie,, est tellement abandonnée
et déserte aujourd’hui, qu’à peine connoit-on le nombre des villes ruinées
qu’on trouve dans ces lieux, fréquentés seulement par les Arabes pasteurs ou errans,
qui viennent y camper à certaines époques de l’année : la description rapide que
nous allons donner de son ancien état, et la relation de quelques reconnoissances
de son état moderne, contribueront avec la nouvelle carte de l’Égypte à fournir sur
cette partie des notions assez exactes.
Les Romains appelèrent nome Maréotique, tout le pays compris entre le lac
Maréotis et la mer au nord, borné à 1 ouest par le Bahr-belâ-mâ, au sud par
la vallée du nome Nitriotis, et a lest par le canal qui, de l’heptanome, venoit
(l) M a ry eO tlijjj* ], l'ancienne Mareotis; en langue »tans ont toujours passé pour vivre très-Iong-temps. »
Qobte, Ui-psanKC ou Uspiunnc ; chez les (Extrait de la Géographie d'A’bd el-Rachyd el-Balouy.)
anciens Égyptiens, u Maryout, ville située Note de M . Marcel , Décade'Égyptienne , tome 1." ,
» près d Alexandrie, et qui fut considérable : ses habi- PûSe ~79‘