
reposer à terre; pour recevoir ou déposer sa charge. Le chameau est conduit par
une simple corde liée autour de sa tête, sans gêner les mâchoires ni le museau
La selle consiste en deux Barres longitudinales, liées à deux fourches qui appuient
sur des coussins bourrés, pour empêcher le frottement. Le chamelier attache les
fardeaux aux barres de la selle, au moyen de cordes ou de filets à larges mailles
L a figure représente ces filets, dont un est vide et suspendu, et dont les autres
sont déposés à terre et pleins de paille, dans l’écurie, où le chamelier et le
chameau sont en repos.
A . D ï l i l e .
P L A N C H E X X I X .
LE JARDINIER.
T / a r r o s em e n t des terres ne se fait en Égypte que par inondation. Une des
principales occupations du jardinier est de distribuer l’eau pour arroser. Les
jardins sont cultivés à la houe, et partagés en carrés au bord desquels on ménage
des ruisseaux qui amènent l’eau. Le jardinier, en remuant la terre, ouvre
ou referme les ruisseaux, d’où il a fait couler dans les carrés la quantité d’eau
nécessaire. La gravure représente un jardin où l’eau commence à pénétrer
d’elle-même, au bord d’un étang, à l’extérieur de la ville du Kaire. C’est la fin
de l’été et le moment de l’inondation ; le terrain reste abandonné à quelques
herbes sauvages.
Le jardinier, travaillant nu-pieds, marche sans inconvénient dans les parties
arrosées d’un jardin, et plante dans le limon les racines des herbes qu’il a fait
lever de graines : il se fait aider par des femmes et des enfans.
L’habillement fort large et léger de tous les ouvriers, en Egypte, leur laisse
une grande liberté pour les exercices du corps ; ils retroussent leurs longues
manches, au moyén d’une corde fine que l’on voit croisée en sautoir sur leur
dos, et qui forme un double anneau en repassant en devant sur chaque épaule.
Le sol est facile à travailler ; il n’est point profondément retourné avec la
houe, comme il pourroit l’être avec la bêche. La houe est suffisante ; elle
sert à arracher les mauvaises herbes, à ouvrir et à briser la terre pour l’ensemencer.
La culture des dattiers et de la vigne, que les jardiniers émondent autant qu’il
est nécessaire, ne leur a cependant pas fait faire de progrès dans la culture ni
dans la taille des autres arbres : ils ne connoissent presque point la greffe, et ne
cultivent point d’espaliers ; ils élèvent seulement la vigne sur des treillages de
roseaux qui forment de longues allées couvertes.
Le jardinier approvisionne les marchands fruitiers des herbes potagères de
chaque saison, et de celles qui sont propres aux assaisonnemens ; il cultive plusieurs
plantes à bouquet, parmi lesquelles le basilic fort odorant est toujours
recherché; il cueille les fruits, les dattes, les oranges et les citrons, qui sont
fort communs.
A. D e l i l e .
É. M. P L . X X I X . I