
a dû tirer parti d’un terrain suffisamment humecté par les eaux pluviales, et dans
lequel on peut creuser des citernes. L ’étendue de ces murs , dont un grand
nombre coupe la vallée perpendiculairement, est très-favorable à cette explication.
Nous vîmes dans la même vallée (de Dryah el-Bahr) un assez grand troupeau
de chèvres et une vingtaine de boeufs et de vaches : ces boeufs sont d’une variété
très-différente de ceux de l’intérieur de l’Egypte ; ils sont beaucoup plus petits
et leurs jambes sont proportionnellement plus courtes : leur couleur est un fauve
rembruni; le dessous du ventre est noir: ils sont tous de la même couleur.
Ces vallées sont en partie occupées par des Arabes, qui y font paître leurs
troupeaux, ou qui s’y retirent lorsqu’ils sont chassés de l’intérieur de l’Egypte ; la
grande tribu des Aoulâd-A’ly en étoit en possession à l’époque de notre voyage(i).
mais nous n’avons trouvé dans la vallée de Dryah el-Bahr que deux ou trois
hommes, un enfant et une vieille femme, qui n’avoient pas eu le temps de
fuir avant notre approche; ils se tenoient cachés sous les rochers et parmi les
dunes de sable qui séparent la vallée de la mer.
(i) io février 1801.
SUR
L’AGRICULTURE, L’INDUSTRIE ET LE COMMERCE
DE L’ÉGYPTE;
P a r M. P. S. G I R A R D ,
Ingénieur en c h e f d e s p o n t s e t c h a u s s é e s ; m em br e d e l ’A c a d é m ie r o y a l e d e s
SCIENCES, ET DE .-’ IN STITUT d ’É g ï P T E ; CH EVALIER DE L’ORDRE ROYAL DE LA L É G I O N
D HONNEUR.
, . $ r------- — piuvmccb a e 1 JLgypte par
iarinee Française, je fus chargé de remonter le Nil jusqu’à la première cataracte
de reconnoitre 1 influence de ce fleuve sur la fertilité de cette contrée, et dé
recueillir les matériaux nécessaires pour établir sur un plan général le système de
ses irrigations.
Je partis dmKaire, le 29 ventôse de l’an 7 [ , 9 mars i 7 9 9 ] ,a v e c plusieurs
membres de la Commission des arts : chacun de nous s’occupa, pendant le voyage,
des recherches vers lesquelles son goût particulier l’appeloit. Celles que je me
proposois de faire ayant spécialement pour objet l’amélioration du pays, il falloir,
avant tout, acquérir la connoissance exacte de son état actuel, et des ressources
que lui procurent l’agriculture, l’industrie et le commerce. Le champ des ren-
seignemens que j’avois à recueillir, se trouvoit ainsi parfaitement circonscrit - et
l6 al. parC0UrU a! ec d’autant Plus * détails, que je m’y suis, pour ainsi dire
exclusivement renfermé.
Je commençai, dès le jour même de notre départ, à porter sur mon journal
de voyage les renseignemens que je recueiflois. Ils metoient fournis, tantôt
j>ar les cheykhs cles villages, que je faisais appeler; tantôt par de simples cultivateurs
que je,rencontrais; souvent par des voyageurs du pays, que nous recevions
dans notre barque. L ’interprète qui nous accompagnoit, n’ayant presque
toujours qua répéter les mêmes questions à ceux que j’interrogeois, parvint
lentot a saisir 1 esprit de leurs réponses ; et, si elles n’ont pas toujours été faites
avec la meme bonne foi, je suis sûr du moins qu’elles m’ont été rendues avec
ndelite.
La partie supérieure du Sa’yd n’étoit point encore complètement occupée par
les troupes du général Desaix, lorsque nous arrivâmes à Syout : cette circons
tance nous retint dans cette ville depuis le 28 mars jusqu’au .8 mai suivant.
£ . M . T O M E II.
S 'il'