
9 o M É M O I R E S U R L E M E Q Y Â S D E R O U D A H .
Ici se termine l’esquisse abrégée de 1 histoire des Nilomètres autres que celui
de l’île de Roudali, et qui, à l’exception de l’avant-dernier dont je viens de
parler, oftt p r é c é d é l’érection de ce monument : c’est de l’histoire de ce dernier
Nilomètre que je, vais maintenant m’occuper particulièrement.
» située à Fextrémité supérieure du Sa’yd du milieu. Elle
3> est placée à environ deux journées de la vallée d Asyout
** . On y voit un berbâ \jjj [un temple] fameux,
» et que Pon doit ranger parmi les plus magnifiques monu-
» mens de l’antiquité, à cause de la grandeur des pierres
» dont il est bâti et des nombreuses peintures qui couvrent
» ses murailles. »
A ’bd-er-Rachyd el-Bakouy place cette ville dans le
troisième climat. « Akhmym, dit- il, est un petit pays
» sur le bord oriental du Nil, peuple a cause de la culture
a, de son sol et de ses palmiers : on y voit des barâby
monumens] qui sont au nombre des merveilles du
» monde. Un berbâ est plus durable qu’une maison, parce
»qu’on y a pratiqué des tèlesm [talisman] ou en-
» chantemens. Cette ville est la patrie d Abou-l-Fayi I
„ Doa-l-Noun üyJl > surnommé el-Mesij\
. » ¡j ^ H [ PÉgyptien ] , le premier dé son siècle par
»sa science, sa modestie et sa, politesse': on a de lui
» l’ouvrage intitulé Khâlât a*gybet ***£ [les Appa-
» rencesr'merveilleuses]. » On attribue aussi à ce person-1
nage le livre intitulé Mogârrabat [Expériences],
qui est rempli de superstitions magiques, parce que cette |
ville avoit autrefois la réputation d’être la retraite et la
demeuré des plus grands magiciens!
VOYAGE
DANS L'INTÉRIEUR DU DELTA,
Contenant des Recherches géographiques sur quelques villes
anciennes, et des Observations sur les moeurs et les usages
des Égyptiens modernes,
P a r MM. D U B O I S -A Y M É e t J O L L O I S ,
I n g é n i e u r s d e s p o n t s e t c h a u s s é e s , M e m b r e s d e l a C o m m i s s i o n
DES SCIENCES ET DES ARTS d ’É g ï PTE, CHEVALIERS DE LA LÉGION D’HONNEUR.
SEC TION PREMIÈRE.
Aperçu général du Delta. — Départ du Kaire. — Arrivée à Menouf.
— Description du Menoufyèh.
L e Delta est la partie de l’Égypte renfermée entre la Méditerranée et les
deux branches du Nil qui ont leurs embouchures près des villes de Rosette et
de Damiette.
On comprenoit anciennement sous cette dénomination, lorsque le Nil se jetoit
a la mer par sept grandes bouches, tout le territoire contenu entre la branche
Cânopique, qui se terminoit près de l’emplacement actuel d’Abouqyr, et labranche
rélusiaque, dont l’embouchure est encore reconnoissable à l’extrémité orientale
du lac Menzaleh.
La forme triangulaire de ce terrain le fit appeler Delta par les Grecs,’ du nom
d une des lettres de leur alphabet qu’ils représentent par un triangle ainsi disposé,
A; et c est en effet sous cette forme que la basse Egypte se présentoit à eux,
sa base sur la Méditerranée et son sommet au sud vérs Memphis.
Ce nom n est point connu des Égyptiens modernes, qui ont divisé leur territoire
autrement qu il ne 1 avoit été sous le gouvernement des Grecs. Formé par
les alluvions du fleuve, le Delta ne présente nulle part la moindre élévation
naturelle. Quelques buttes artificielles, quelques monticules de décombres autour
des lieux habités, et des dunes vers le rivage de la mer, sont les seules inégalités
que présente le terrain : un grand nombre dé canaux le coupent en tout sens. Un
lac, séparé de la mer par une langue de terre fort étroite, occupe au nord un
espace considérable ; il étoit connu des anciens sous le nom de lac de Butos,
et il porte aujourd hui celui de Bourlos.
Du sommet du Delta aux boghâz de Rosette et de Damiette, il y a, à vol