
donne aux ouvriers qui battent le colza pour en retirer la graine. Ce battage se fait
avec de longs bâtons, sur une aire préparée à cet effet. Il faut six hommes pour
battre en un jour le produit d’un feddân.
Le vannage et le nettoiement de la graine se font comme le vannage et le
nettoiement des autres grains : cette opération se paye à raison de &ardeb par
feddân. .
Le produit d’un feddân en graine varie de 4 à 6 ardeb, suivant les années. Le
prix de l'ardeb varie aussi de 90 à 150 médins.
Les tiges de cette plante séchées servent de combustible : mais ordinairement
les cultivateurs l’abandonnent sur faire, où les fellâh les plus pauvres viennent la
ramasser pour s’en servir.
La culture du colza est remplacée, au-dessus de Qené et dans la partie méridionale
de la province de Thèbes, par celle de la laitue [Lactuca sativa],.appelée
khass dans le pays. On en sème la graine soit avec les lentilles ou avec l’orge dans
les terres inondées naturellement, soit dans les terres qui sont cultivées en dourah à
l’aide d’arrosemens artificiels. Dans le premier cas, on mêle *£ S ardeb de graine de
laitue avec d’ardeb de lentilles ou d’orge ; dans le second , on en sème -fj- d’ardei
sur les champs de dourah, vingt ou vingt-cinq jours avant la récolte de ce grain,
c’est-à-dire, quand il n’a plus besoin d’être arrosé.
La laitue, qui ne reçoit aucun arrosement pendant sa végétation, reste six mois
en terre. Quand la plante est mûre, on en coupe les têtes chargées de graine; on
les porte sur une aire, où elles restent exposées au soleil pendant six jours ; après
quoi, on les bat comme le colza.
Un feddân de terre dans lequel la laitue a été semée avec les lentilles, l’orge
et le dourah, rapporte^ de 2 à 6 ardeb de graine. Le prix de l'ardeb à Qené est
de 2 pataquès. H
On cultive beaucoup la laitue dans les environs d’Edfoû. On sème par feddân
ardeb de graine, qui, dans les années ordinaires, rend 1 ardeb -f- ou 1 ardeb
-j-. Cette récolte est comprise au nombre de celles appelées el-nabâry. ldardeb
de graine de laitue se vend communément dansce canton i4o médins.
On fait souvent consommer en vert, comme fourrage, une partie des tiges
de cette plante; ce qui diminue d’autant son produit en graine. Les boeufs se nourrissent
aussi quelquefois de laitue sèche ; mais c’est un fourrage peu estimé.
Le sésame [Sesamum orientale], dont la graine sert à la fabrication d’une huile
comestible, est cultivé aux environs de Qe#é, dans la haute Egypte, et dans
presque tout le Delta. C ’est une culture d’é té , qui se fait en même temps que
celle du dourah et du blé de Turquie, après la récolte du froment. La différence du
climat et du mode d’arrosement fait varier les procédés de culture de cette
plante dans le Sa’yd et dans la basse Egypte.
Près de Qené, où j’ai pris les renseignemens dont je rends compte ici, on
commence par donner à la terre plusieurs labours, qui reviennent à i4o parats.
La terre est ensuite divisée en carreaux, comme pour la culture du dourah : on
sème ensuite 2 ou ^ d’ardeb de graine parfeddân ; le champ est arrosé, pendant
l’espace
I espace de trois mois, au moyen de delou : les mêmes hommes employés aux
arrosemens font aussi par intervalles le sarclage du champ ; enfin ce sont les
memes ouvriers qui font la récolte de la plante, quand elle est parvenue à sa maturité.
Il faut cinq jours pour récolter le produit , d’un feddân.
Après avoir scié les tiges du sésame, on les met en paquets que l’on expose au f
soleil pendant vingt jours, en les tenant debout, soutenus par une corde tendue
entre plusieurs appuis : après cet intervalle de temps, on secoue les paquets de
tiges sur faire où ils ont été exposés ; les graines sortent des capsules les plus
sèches. On remet de nouveau les paquets au soleil pour achever de les dessécher ;
et, deux ou trois jours après, on les secoue de nouveau pour en faire tomber les
graines qui y étoient encore.
Le produit moyen d’un feddân de sésame est de 6 ardeb de graine, dont l’un
se vend communément de ; à 7 pataquès. Les tiges du sésame, après que la graine
en a été retirée, servent de combustible.
Voici maintenant les renseignemens qui'm’ont été donnés sur la culture du
sésame dans la basse Egypte, aux environs de Semennoud.
Comme la graine doit être mise en terre dans la saison de la plus grande sécheresse,
et qu’il faut, pour cette culture, multiplier les arrosemens artificiels, on
choisit les emplacemens le plus à proximité des sâqyeh ou roues à pots. On
commence par abreuver fortement la terre, pendant plusieurs jours, à l’aide de
ces machines : lorsqu’elle est suffisamment humectée, on sème la graine à la
volee, et on la recouvre par un labour. La quantité de semence par feddân est
de ■— S ardeb.
Vingt-cinq jours après les semailles, on arrose une première fois, et on renouvelle
l’arrosement de dix jours en dix jours jusqu’à la crue du Nil ; alors on enveloppe
le champ de sésame d’une petite digue où l’on pratique à volonté des
ouvertures par lesquelles on fait entrer l’eau sur le terrain ensemencé.
Le sésame reste en terre pendant cinq mois, c’est-à-dire, jusqu’à la fin d’octobre.
La récolte d un feddân est faite en un jour par dix ouvriers, que l’on paye chacun
8 ou 1 o médins. On transporte ensuite cette récolte sur une aire préparée à cet
effet ; elle y est étendue et exposée au soleil pendant un mois : trois hommes sont
occupés chaque jour à retourner le sésame sur cette aire, afin de le faire sécher
dans tous les sens; enfin on en fait sortir la graine en frappant les tiges desséchées
avec de longs bâtons. On paye 70 médins pour la garde du sésame pendant tout
le temps de son dessèchement en plein air. Le battage et le criblage d’un feddân de
sésame reviennent à 14o médins. Son produit; en graine varie de 4 à y ardeb ,
dont chacun se vend communément de 7 à 8 pataquès.