
On trouve aussi le nom de <)JrÇetuKéhSn, comme étant un des noms du Nil; dans
le Traité géographique que Moïse de Khorène a joint à son Histoire d’Arménie h).
Je dois remarquer, avant de terminer cet article, que, malgré le concert unanime
de tous les interprètes de la Bible, qui prennent le Gehon pour le Nil,
le rabbin Salomon Jarkhi (2) désigne le premier des quatre fleuves dont parlé
Moïse (le Phison)., comme étant le Nil lui-même (3). Cette opinion, combattue
par Aben-Ezra, a été suivie par Saadiah Gaon el-Fayoumy.dans sa version Arabe
.dp Pentateuque (4), par l’auteur de la traduction Arabe qui accompagne latéralement
la version Qobte de la Bible dans mon manuscrit, et par le célèbre
voyageur Juif Benjamin dcTudèle, dont j’ai parlé ci-dessus.
Au reste, il seroit peut-etre possible de concilier ces deux opinions, qui pa-
roissent d’abord si divergentes, en observant que les deux principaux affluens du
fleuve de l’Egypte, savoir, l’Abaoui à l’orient, et le Bahr-ei-Abyad à l’occident,
ont été pris indifféremment de tout temps et par différens peuples pour le Nil
lui-mêine : l’opinion n’est pas encore aujourd’hui entièrement fixée à ce sujet en
Europe; elle est même également indécise en Afrique sur .les bords de ces deux
fleuves. Si le Phison est reconnu pour l’un deux, on conçoit, par ce qui vient
d'être dit, que la question se résout d’elle-même. Or le Phison* selon le texte
Hébreu et tous les interprètes, « tournoit dans, la terre d'Hévilah (5).- » Ç e pays
paroît bien certainement être le même que.l ’Abyssinie (6);’ et"comme il n’y a pas
dautre grand fleuve que l’Abaoui dans cette contrée, le Phison ¿¡eroit donc
alors l’Abaoui.
Plusieurs commentateurs ont aussi pensé que,.sous le nom île Geho.u, tAdise
avoit voulu désigner le Niger : cette supposition, qui a été admisesanssbeaucoup
d opposition, s’accorde encore fort bien avec le raisonnement qu’on .vient de
lire, puisque toute l'antiquité a cru, et qu’il paroît encore aujourd’hui reconnu
que le Niger a une communication quelconque avec l’affluent occidental du Nil,’
c’est-à-dire, avec le Bahr el-Abyad.
(0 Page 349 de l’édition publiée sous le titre suivant:
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bb Uej'UP^UWlHlI'l'V
Mowsisi Khorénatsvoi badmouthiun eu achkharhacrou-
thiun. Id est, AÎosis Khorenensis Hïstoûce. Armeniacce
libri I I I ; accedit ejusdem scriptoris Epi tome geographioe:
præmittiturprcefatïo quoede litteratura ac versione sacra A r-
meniaca agit, et subjicitur appendix quæ contmet epistolas
duas Anneniacas, primam Corinthiorum ad Paulum apos-
tolum, alteram Pauli apostoli ad Corinthios, nuncprimùm
ex codiceMS. integri divulgatas. Armeniacè ediderunt, latine
verterunt, notisque illustrarunt Gulielmus et Georgius
Gui. Whistonijilïi, aulæ Clar. in academia Cantabrigiensi
aliquandiu alumni. JLondini, MDCCXXXVI»
(-) Rabby Selomoh Yarkhy Th* naSfcf *31.
(3) Je joindrai ic i, à cause de sa brièveté, le passage
de ce commentateur: : D’ixo .vu diSu Nin îw*b
Phison hic,(est) JVilusfluvius, Ægypti.
(4) Voici les expressions de ce traducteur au y. ii du
chapitre i l de la Genèse :
® -—Ml) JÿJI
Nomen unius ex eis, Nilus; et ipse est circumdans
omnem regionem Zeouylah. '
(s) H.tomlah nVln. 11 y avoit deux pays de ce nom ;
l'un dans l’Arabie septentrionale, dont les peuples êtoient
descendus d’Héouilah, fils de Joqtan p p ’ ( le Qafaan J U
des Arabes), et étoient, par conséquent, de la race de I
Sem a e t : l’autre pays d’Héouilah, qui portoit aussi le
nom peu différent ieZeouilahrè'lî, répond à l’Abyssinie;
ses habitans avoient pour ancêtre Héonilah, fils dé
Kouss vm, et petit-fils de Kham a n.
(6) La paraphrase Chàldaïque attribuée àJonathan ben- Î
ü ’zziel porte Hindiqy *p*13*n [Inde] au lieu d’Heouilah; I
on doit se rappeler à ce sujet que toute J antiquité a con- |
fondu l’Inde et l’Ethiopie, et a donné le même nom à
1 une et l’autre de ces deux contrées. ( Voye? les textes !
Grecs rapportés dans la sixième partie de ce Mémoire.)
D ailleurs, Benjamin de Tudèle dit positivement que ¡j
I’Héouilah et l’Abyssinie [el Habech sont le même t
pays. ( Voyez les textes Hébreux rapportés dans la sixième
partie de ce Mémoire.) •
Benjamin de Tudèle, dont le jugement doit être ici d’un grand poids, s’explique
d’une manière très-positive au sujet de l’identité du Phison et de l’Abaoui,
en disant que « du pays d’A ’den à Âsouân on fait vingt journées de chemin lé
» long du Fyssoun, qui vient du pays de Kouss : là règne, ajoute-t-il, un monarque
» qui porte le titre de sultan d’Abyssinie (i). »
t J ajouterai encore quEbn el-Maqryzy, dans son Histoire des rois Musulmans
d’Abyssinie (2), qu’il a fait précéder d’une notice géographique fort intéressante
■ sur cette contrée, désigne le Syhoun, que l’auteur de la version Arabe de la Bible
faite sur le qobte prétend être le même que le Phison et que le Nil M « comme
» étant un affluent du Nil dans la partie orientale de l’Abyssinie (4). »
Ainsi 1 on ne doit donc point répugner à croire que le Phison est bien réellement
la source orientale du Nil qui vient de la province de Gojam en
Abyssiniè, et porte actuellement les noms d’Abaoui et de, rivière Bleue (5), et
que le Gehon est, au contraire, la source occidentale qui sort des montagnes
de la Lune (6), communique peut-être avec le Niger, et se nomme aujourd’hui
N il blanc et rivière Blanche .h ).
m w h h uuivu, „ „a ir , se trouve aussi souvent employé par
les Hébreux pour exprimer ce fleuve ; mais communément il est jointavec le nom
deïEgypte, dé cette manière, E D n ïD 1H J Nehr Metsraytn (8), et signifie alors
littéralement le fleuve d'Egypte.
Cette dénomination paroît être tout-à-fait la même que celle sous laquelle
Homere a connu ce fleuve ; et en effet, ce prince des poètes ne donne jamais au Nil
que lenom d Aiyc'7rroç ^ , c’est-à-dire, le fleuve Ægyptus, ou lefleuve d'Egypte (o).
Diodore de Sicile, auquel le plus souvent on peut bien se fier pour les l i Î s qu’il
raconte , mais non entièrement pour les causes qu’il leur assigne et pour les
raisonnemens qu,J en tire, rapporte également que le Nil a eu cette dénomination^
o) , mais il en donnepour raison que le nom à'Ægyptusémh celui d’unancien
ro, de ce pays, en 1 honneur duquel le fleuve qui l’arrose avoit été ainsi appelé.
Quelquefois, aussi le nom de Nehr se trouve employé seul dans la Bible
r,1PPOrI“ danS ,a tie" ^ corrompu, orf ne trouvéroit
. (») MacNj Histoeia reg,„n J sL jflo ru » , in Al,yssi- l l l p H f p S J * " “ «“ ** «
m : ipterpretatus est, « unà cmn Abutfiioe Descripiiane , , , , , , , . J °U" '
regionum JVigritarum è codd. biblioth. Leidensis arabicè t yssmie> a cetre époque, s’étendoit beaucoup
addidit Frid. Theod. Rinck. Lugd. Batav. Sam. et Joh. P * vers I>occident que maintenant.
Luclitmans. 1790, in -4 .0 ’ ” 0J'eZ Ies textes Arabes rapportés dans la sixième partie
(3) Le texte Hébreu et les versions Chaldaïque et Sy- tIe “ * "loire;
naque portent Fyssonn j » ; le samaritain ajoute l ’épi- (5) Ba,,ar ' l'A Z"“l à j f l l jA -
thète de Qnrfon/asr r, qui signifie , s,,r lequel on ^ G M ,,< amar j f l J e - '
navighe ( de la racine qndnf^.remigavll, navigavit). (?) Baharll-A ^
L’érhiopien;marque4 y&on YtihoNi : le qobte rb-xrrrrrr ^ C3p' XV’ ’v ’ '.S ■ &c’ £'W - caP- ,
Phusôn, et le persan, Pvchoun - . c*;i ■ . ’v ‘ 1 r> ’ Josue, , * . , , 1 • ’ -Ocnouti t w i . o il etoit permist n\ TS . V cap. XXIVj.v. 14; &. c.
de considérer les syllabes Jÿ *a du mot Hébre é r • CS raPPortcs dans Ia sixième
h b o de l’éthïnn" , . ,U* partie de ce Mémoire.
persan, c o m m e p a ' r . T i S “ G"“ ^ “