
» sur quelques autres, I l n’y a de Dieu que le seul Dieu ; sur d’autres enfin, O'rnar. » I
11 résultèrent de ce passage que les dirhem qu’(9 W fit frapper à l’imitation
de: ceux des rois de Perse, portcÿent des figures, et que les légendes étoient I
écrites en persan.
Mo’avyah bcn-Sojyân (i) fit frapper des dynâr, sur lesquels il est représenté ceint I
d’une épée.
A ’bd-el-Mclek ben-Merouân (2), vers l’an de l’hégire 76 [696 ou 697], ffr I
frapper des dynâr et des dirhem en Égypte et dans 1 Irak. Ses monnoies étant par- I
venues à Médine, où il restoit encore quelques-uns des compagnons du Prophète, I
ils n’en désapprouvèrent que les empreintes; car elles portoient une figure. I
Maqtyzy ajoute : « Sa'yd bcn-Mosavab ( 3 ) en faisoit usage et n’y trouvoit rien à I
» critiquer. »
La représentation des figures d’animaux semble répugner moins aux Maho-1
métans, particulièrement celle du lion. On en voit assez souvent dans les sculp-1
tures et peintures qui servent d’ornement à leurs maisons ou à leurs meubles. I
Tous leurs vaisseaux portent en proue la figure sculptée et peinte d’un lion (4). I
El-Dâ/ier Rokn-ed-dyn Bybars (5), qui monta sur le trône en 658 [ 1260 deI
notre ère], fit frapper des dirhem qu’on appela dâhery (6), sur lesquels il fit!
mettre ses armes, qui étoient là figure dun lion.
Nous avons une de ces médailles d’argent qui porte, au-dessous de la légende!
écrite en arabe, la figure d’un lion courant, la gueule béante (7).
Abou-l-Farag (8), dans son Histoire d’Égypte, rapporte que le sultan GiiayâiI
ed-dyn ben-Kayqobâd (9), de la dynastie des Seljeucydes (10), par amour pour son!
épouse, fille d’un prince de Géorgie, avoit voulu faire mettre son portrait suri
ses monnoies, et qu’on lui conseilla d’y faire graver plutôt son horoscope, qui!
étoit le soleil dans le signe du lion.
Adler a publié, dans son Musée Borgien (11), une monnoie Arabe sur la q u d le l
on voit la figure du soleil au-dessous de celle d’un lion, et de chaque côtéI
une étoile. Elle porte l’an 637 [1239 ou 1240 de notre ère].
M. Marcel (12) possède une médaille qui offre la même empreinte.
§. II.
Légendes religieuses, ou tirées du Qorân.
L ’ u s a g e , de ne mettre sur les monnoies que de simples légendes s’é tab lit del
bonne heure, et c’est une des plus fortes raisons qu’on ait de penser qu e les!
(1) Ou M o ’aouyah ben-Aby Sojÿân -¿s) &}
(2) Voyez pag. 347, not. 4.
(3)
(4) Ces lions sont toujours représentés avec un énorme
phallus.
(5) Voye^pag. 330, alin. 2 et not. 5 ; pag. 3 66, alin. 4 ;
et pag. 387, alin. dern.
(6) Voyez pag. 330, alin. 2.
(7) Voyez p. 366, alin. 4» 387, alin. dern. Voyez aussi
le Tableau des monnoies à la suite dé ce Mémoire )■
pag. 456, pièce n.° d’ordre 54> et note 4*
(8) Abou-l-Farag j- jI ] , nom Arabe de Grégoire :
Bar-Hebræus.
(p) qLLAuJI
(10) Voyez pag. 342, not. 2.
(11) Muséum Cufic. Borg. Velit. Rom. 1782, pag-
(12) Voyez pag. 322, alin. t .*
pièces*
S U R L E S M O N N O I E S D ’ É G Y P T E . 3 53
pièces de cuivre dont nous avons parlé, sont fausses, ou n’ont pas été frapp
ées par les Musulmans; cest que presque toutes appartiennent au v - l.c et au
vn.e siecle de 1 hegire [le xm. et le x iv .e de notre ère], et se rapportent à la dynastie
des Seljeucydes (i), tandis qu’il existe des pièces d’or, d’argent et de cuivre,
frappées dès le I." siècle de l’hégire [ le vn .e de l’ère Chrétienne], qui n’offrent
point de figures, mais seulement des légendes, et qu’on en connoît de semblables
frappées par les Seljeucydes mêmes.
On attribue h A bd el-Melck ben-Merouân ( 2 ], qui commença à régner en 6y
[685 de notre ere], 1 institution du nouveau type musulman, consistant uniquement
en légendes sans figures.
On rapporte qu’il adopta cet usage par le conseil d’ Yezyd ben-Khâled ben-
Ytzyd ( 3 ), qui lui dit que les docteurs des peuples dépositaires des anciens livres
révélés prétendent que les princes qui ont joui d’une plus longue vie, sont ceux
qui ont sanctifié le nom de Dieu sur lèurs monnoies.
Suivant une autre tradition, Ben-Merouâà (4 ) ayant fait mention du Prophète
en tête d’une de ses lettres à l’empereur Grec, celui-ci le trouva mauvais,
et lui repondit ; « Si vous ne renoncez à cette manière d’agir, nous ferons
»mention de votre prophète, sur nos dynâr, dans des termes qui ne vous seront
» pas agréables. »
A ’bdel-Melek en fut piqué, et Khâledben-Yezyd, qu’il consulta, lui conseilla de
créer un-type musulman et de cesser de faire usage des dynâr Grecs (5) ; ce
qu’il exécuta.
Onlitdans\e.Meratel-zamân[6)ayie., l’année 75 de l’hégire [695 ou 696 denotre
ère], A ’bd el-Melek ben-Merouân, ayant trouvé des dynâr et des dirhem qui portoient
une date antérieure de quatre cents ans à l’islamisme et sur lesquels étoit
la legende Au nom du Pere, du Fils et du Saint-Esprit (7 ) , les fit fondre, et fît
mettre, sur les monnoies qu’ils servirent à fabriquer, le nom de Dieu et du Prophète,
et des passages du Qorân.
Dès-lors les diverses légendes consistèrent en sentences religieuses, choisies ou
inventées par le prince ou par celui de qui dépendoient les monnoies, ou en
passages littéralement extraits du Qorân.
Pour donner une idée de ces légendes, nous citerons celles écrites en caractères
Koufiques qu’offre un dynâr que nous avons rapporté d’Égypte.
Sur l’aire A , en trois lignes, le symbole des Musulmans (8) :
II n’y a de Dieu (que)
le Dieu unique.
Et il n’a point d’égal ( ou d’associé ).
Pa8* >&■> I*gn* *• et not* 2* (7) In nomine P a tris, et Filii, et Spiritùs sanctu En
2 Voyez Pag- 347, alin. 3 et not. 4. arabe, Besm el-Ab ou el-Ebn ou el-Rouah [ oV! ^
(4) Voyez lanot- 2 ci-dessus. J & J
(5) Voyez pag. 326, alin. 2. (8) VI *—II. V La Allah ellâ
(6) oL-jH ïlj-> , c’est-à-dire, Miroir des temps, Iris- , w| Allah mhadtL
mire a ügypte, composée par Ben-el-Giouxy. ( Note de J
M- Je Sacy.) J c j L » Y Là charyk leh.
É . M . T O M E II. Y y