
MEM O I R E
* §■ IV.
Noms, Titres et Lettres distinctives des Lieutennns du Prince, dis Gouverneurs
de l ’Egypte, ¿ f c.
O u tre les noms du souverain de qui dépendoit I Egypte, les monnoies présentent
quelquefois les noms de ses iieutenans ou du fils du khalyfe désigné pour
son successeur, du gouverneur de f Egypte, &c. quelquefois avec la formule,par
mandement ou par ordre (du khalyfe) (i); et souvent sans cette formule, comme,
par exemple, sur un dynâr que nous avons eu et dont nous rapportons ici les I
légendes, qui nous paraissent offrir d’autant plus d’intérêt que 1 année et le lieu I
de la fabrication y sont indiqués.
L ’aire A présente les mêmes passages du Qprân que le dynâr cité page 35 3 de ce I
Mémoire (2 ) , excepté qu’au milieu de la pièce, au-dessus du symbole,'est le nom I
S el-Mâmoun ( 3 ), 2 6.' khalyfe, le 7 .' de la dynastie des A ’bbassydes, second fils de I
Haroun el-Rachyd (4 ) , et qui commença à régner en 198 [813 de notre ère].
Sur l’aire B , au milieu de la pièce, au-dessus de la formule, Mahomet est I
l ’envoyé de Dieu (5), on lit le nom de Tâher (6 ), et au-dessous de la formule celui I
d’el-Sery (7 ).
Tâher étoit le vizir et jouissoit de toute la faveur Sel-Mâmoun, qui, peu après, |
lui donna le gouvernement du Khorasan et de tout l’Orient, gù il se rendit indé- I
pendant; el-Sery étoit gouverneur de l’Égypte, où il mourut en 205 [820 de I
notre ère].
En marge, autour de la pièce, on lit :
Au nom de Dieu ( a été ) frappé ce dynâr,
au Kaire, fan deux cent trois (8) [deBi8à 8 ip de*i’èr£ Chrétienne].
Cette date est d’autant plus curieuse, qu’el-Mâmoun fut remplacé dans le klia- I
lyfat, en l’an 202 [de 817 à 818], par Ibrâhym fils Sel-Mohdy (9), qui lui-j
même fut déposé en 203 [ 818 ou 1819]; et la médaille que nous citons prouve que I
le pouvoir fut rendu à el-Mâmoun en 203, ou du moins que les monnoies, en I
cette année, continuèrent d’être frappées à son nom.
Sur diverses médailles, on ne voit inscrit que le nom du vizir ou du lieute-1
nant du khalyfe, quoiqu’il ne se fût point déclaré indépendant, tandis que,
dans d’autres temps, ceux même qui s’emparèrent du pouvoir et se déclarèrent I
rois ou sultans d’Égypte, conservoient encore, sur les monnoies où ils faisoient
mettre leur nom et leurs titres, ceux des khalyfes dont ils ne reconnoissoient I
(1) JVtimmâ emirbeh ou mammâ amerbeh [&, Çtf ]■ ainsi reperce sur tes deux cotes de ta pièce. j
Voyez, au sujet de cette formule, l'Introduction à la Nu- (6) ja.U..Ce mot est précédé du motyd//a/i[i»l],Ditu.
mismatique des Mahométans de M. Tychsen , 'pag. 66 (7) îSj S I
«ruiv. (citée pag.324, not. !.'■) (8) Berm Allah drob haiâ el-dynâr lii-Masr ¡ntl j
(2) Alin. dern. talat ou mdyetyn [ ï i - lu* y y f * |
(3) ü je ttl cJÿstù j c ù u ].
(4) sxessjit (9) c six *tl ujjI ce®Lrd
(5) Voyez pag. 354, not. 8. Cette formule se trouve
S U R L E S MO N N O I E S d ’É G Y P T E . o g j
plus, l’autorité, soit pour leur rendre un vain hommage, soit pour nè pas dc-
crécliter les nouvelles espèces qu’ils faisoient fabriquer.
Dans tics temps plus modernes, les chcykh cl-belcd (1) ou gouverneurs du pays,
les fâcha ou les jreys, de qui relevoit l’hôtel de la monnaie, ajoutèrent, à différentes
époques, sur les monnoies, comme marques distinctives, la première ou
les deux premières lettres de leur nom.
Ces lettres se trouvent diversement placées.
Sur les fondouklis, on les remarque vers le bas de la pièce , sur faire B , avant
ou après le millésime de lavenement, qui est exprimé en chiffres; comme on
peut le voir sur le fondoukli grave n.° 4 et sur le demi-fondoukli n.° 7 (2),
ou les chiffres 1 143 • annee de I avènement de Mahmoud fils de Moustafa (3)
[ 173° notre ère], sont précédés d un syn (4 ). II existe d’autres fondouklis du
même règne sur lesquels le même millésime est suivi d’un noun ( 5 ),
On nèmarque aussi, sur des fondouklis de Constantinople, particulièrement
sur ceux d’^trennes, des lettres distinctives placées sur faire B , vers le haut de
la pièce, dans le fleuron qui se trouve sur le h du mot drob ( .6.) tels ,sont les fondouklis
publiés par M. Bonneville sous les n.oS 6, 7 , 8, des monnoies d’or
de Turquie.
Sur les sequins, ces lettres initiales sont ordinairement placées du côté B , à
la fin de la troisième ligne de la legende, au-dessus de la dernière lettre noun
du mot ebn (7), qui veut dire fils ; à la place du fleuron, ou des chiffres ( 8 ) que l'on
remarque", daifs d’autres sequins,-au-dessus de la même lettre.
Le sequin sans chiffre ou paraphe, frappé sous Mourâd fils S Ahmed (9), avènement
de 1032 [1623 de notre ère], que nous avons fait graver sous le
a" 9 (10), présente un lâm-altf ( 1 r).
Sur le sequin publié par M. Bonneville sous le n.° 16, planche 2 des monnoies
d’or de Turquie, et dont les légendes et le millésime sont les mêmes que
ceux du sequin d’étrennes que nous avons fait graver sous le n.° 12, on remarque,
aire A , vers le haut de la pièce, à la place du fleuron que présente notre sequin
n.° 12 , les deux lettres ayn et lâm ( 12 ), qui sont les initiales du nom d'A ’ly-bey,
placées après le mot sultan, au-dessus du mot Moustafa, e t, sur faire B, les
chiffres 83, qui indiquent que la pièce a été frappée en 11-83 de l’hégire [ 1769
ou 1770], epoque a laquelle A ’ly-bey s’étoit rendu indépendant.
1' ’ ,i,re ° u d!S"i,é 1ui ne remonte guère (7) Ben [ ^ ] ou ebn [ qsI ]■ On lit tantôt l’un et tantôt
quai an de l’hégire 1167 [1753 de notre ère]. l’antre de ces deux mots sur les monnoies, mais plus sou-
(2) Voye^ la planche jointe à ce Mémoire. Voye^ aussi, vent le dernier,
a la suite de ce Mémoire, les fondouklis cites dans le Ta- (S) Voye^ pag. 369, alin. i,er
bleau des monnoies sous les n.°* d’ordre n , 13 et 14. (9) Amurath IV .
|3) *^4^ (10) Voye^ la planche (4) Ou Voyez le Tableau des monnoies,J], à la suite de Ce Mémoire.
' v ) pièces j-*--*-- V ( -n ) —---------Le lâm L [ J> réuni O à lWr/'[1 u ir j L M I J q qui u i ic le s suit,u i t , s s’apn.°*
ap*
"'"’ H “ ordre Avrlva de rln to f A à A 14.. / pelle If I . • - r c jil - I l . 3f], et . . . s’écrit _ - ainsi, Y [là J .
*
é ibid- de 'S ù ' 9- . (■-) A 't [ ¿ ] , la lettre J .qui s’appelle ayn [ ] ,
(o) Voyez pag. 362, dern. alin. et note 13. Ces lettres et qu’on est convenu de rendre en français par a, e o ü o ,
paraissent être, sur le n.° 6, h [> ou £ ], et sur les n.os 7 avec le signe de l’aspiration [* ] , réunie à la lettre J ,
,<lyn [ a ou o ] ou a'b [v * ]» lesquelles sont peut-être qui s’appelle en arabe lâm [ -V 1. Voyeruas. 3Ç0. dern.' alin.
mitiales des mots A'bd-Allah |>l o-o]. '
£ . M. T O M E I I .