
On met des serrures d’une grandeur médiocre dans les appartemens : on enl
met de fort grandes aux larges portes des maisons et des villes. Ilyavoit à la porte!
Bâb el-Foutouh, au Kaire, une serrure de bois dont le verrou avoit enviroj
un demi-mètre [dix-huit pouces] de long, sur environ quinze centimètres!
d’épaisseur [cinq à six pouces].
On fabrique, dans les grandes villes, ces serrures avec assez de soin, et l’onyl
emploie des pointes de fer pour faire les fiches de la serrure et les dents de |J
clef; mais, dans les villages, on substitue des chevilles de bois aux pointes de ferj
et l’on n’a que des serrures grossières et moins solides.
Les figures 4> 5 et 6 représentent diverses parties d’une serrure de bois ml
s’ouvre et se ferme avec une clef en fer, de même espèce que, les clefs de noJ
serrures.
La figure 4 est le pêne de cette serrure, vu de côté et en dessous;
La figure 5 , le même pêne vu en dessus.
La figure 6 est le montant dans lequel glisse le pêne.
Il y a derrière le pêne de cette serrure un morceau de bois qui est taillé de mal
nière à représenter un tenon qui se loge tantôt au dedans, tantôt au dehors d’uni
échancrure du pêne a (fig- p)-
Lorsque la clef rencontre, en tournant, les dents du pêne (fig. 4) , elle le fai
avancer ou reculer; elle soulève aussi le morceau de bois en tenon qui s’arrêta
dans l’échancrure du pêne, et l’ouvre ou le ferme. Les serrures de cette espècl
sont rares en Egypte ; elles nous ont paru faites très-grossièrement sur le modèll
de quelque serrure apportée d’Europe, et moins bonnes que la serrure (fii.iI
que nous avons décrite la première.
La figure 7 est celle d’une essette vue de côté et avec son manche.
La figure 8 est la même essette vue en dessus.
Cette essette sert de fermoir et de marteau aux menuisiers Egyptiens. Nous avonfl
été très-habitués à les voir manier cet instrument, qu’ils appellent qaddoum.
Ils tiennent cette essette d’une seule main ; elle ne pèse qu’un demi-kilogramml
[environ une livre]: elle sert aux menuisiers et charpentiers d’Egypte à tailla
les plus petits morceaux de bois aussi-bien que les plus gros.
En France, les menuisiers ne se servent point d’essette; mais les couvreurs»
les tonneliers sont les ouvriers qui s’en servent : les charrons emploient aussi Jj
très-grandes essettes.
L ’essette (fig. y et 8 ) est de la forme des essettes fabriquées au Kaire. On e|j
apporte de beaucoup plus minces de Constantinopie au Kaire ; mais il est rare quH
les Egyptiens ne leur préfèrent pas celles fabriquées chez eux.
Cette essette est très-commode pour les menuisiers et les charpentiers EgM
tiens, qui restent le plus qu’ils peuvent assis en travaillant. Ils sont^ très-adroits as|
servir de cet instrument.
La figure 9 représente un bec-d’âne, espèce de ciseau propre à faire d«
mortaises : aa est le fer de ce bec-d’âne forgé grossièrement ; b est un anneau (If
fer que les menuisiers placent entre le manche et la base de l’outil pour l’ailennir.
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P L A N C H E X X X . 3
Cet anneau supplée au rebord large et bien forgé qui garnit la base de nos ciseaux
Je menuisier, et qui les empêche d’entrer trop profondément dans les manches
qu’on leur adapte.
La figure 1 o est le tranchant du bec-d’âne vu de face.
La figure 11 est un feuilleret dont les menuisiers d’Egypte font un très-grand
usage. La figure représente ce feuilleret vu en dessous et réduit à un peu plus de
moitié de sa grandeur. Il est plus long que les feuillerets des menuisiers Français.
Les Égyptiens ne choisissent leur feuilleret aussi long que pour être plus sûrs de bien
dresser leur bois, parce quils n ont point de varlopes, qui sont les longs rabots
avec lesquels les menuisiers en France dressent le bois. Le seul procédé suivi par
les menuisiers Égyptiens pour dresser un morceau de bois, consiste à passer premièrement
le feuilleret sur les bords du bois, pour dresser ces bords, et à enlever
ensuite avec le rabot la partie de bois inégale restée entre les coups du feuilleret.
Cette méthode dont les menuisiers Égyptiens ne s’écartent point, et qui est
appropriée à leur attitude gênée, puisqu’ils travaillent assis et qu’ils ne pourroient
manier une varlope longue et pesante, est pratiquée quelquefois par nos ouvriers
en France. Elle est décrite dans l’art du menuisier (Encyclopédie de Diderot
et d’Alembert, page ¿7). C ’est assurément une méthode très-convenable.
Les figures 12 et 1 y représentent deux rabots. Leur grandeur naturelle est au
moins quatre fois celle de la figure. Ces rabots sont grossièrement façonnés. La
lumière ou espèce de mortaise d’un rabot ordinaire est difficile à faire. Les Égyptiens,
pour éviter les difficultés de ce travail, se bornent à faire, sur le côté du
fût de leurs rabots, une simple entaille avec la scie pour suppléer à une lumière,
et pour tenir le fer au moyen du coin. En France, on nomme feuillerets, gorgets,
et bouvets, les rabots dont le fer se place ordinairement dans une entaille faite de
cette manière, et qui servent plutôt à faire des rainures et des moulures, qu’à dresser
et a aplanir le bois. Ainsi, en ne considérant les instrumens fig. 12 et ip que
par rapport à leur forme, il faudroit les appelerfeuillcrels ; mais, en considérant
leur usage entre les mains des Égyptiens, il faut les appeler rabots.
La figure 13 est le dessous du rabot jftg. 1 2 , à lame fort étroite.
La figure 14 est le dessous du rabot fig. ip , à lame plus large.
La ligure 16 est un foret ou vilebrequin qui peut être regardé comme particulier
aux Egyptiens et à quelques peuples de l’Orient.
a. est le fer ou la mèche de ce foret; b est un manche arrondi, sur lequel
se roule la corde d’un archet; c est la poignée ou extrémité supérieure du manche.
La figure présente ce foret d’un tiers de sa grandeur.
On se sert de cet outil en le faisant tourner rapidement par- le moyen d’un
archet; on le fixe en tenant de la main gauche la poignée, tandis qu’on fait mouvoir
l’archet avec la main droite.
La poignée de cet outil est toujours faite d’un noyau de doum. Ce noyau est
tres-dur; il est creux à l’intérieur, et contient un bouton qui termine le sommet
ou manche. Les menuisiers Égyptiens se servent de ce foret avec une très-grande
facilité.