
dans l’intérieur des terres être considérées cependant comme ports de mer et
servir, dans ie langage, de point extrême pour déterminer une certaine étendue
de i’océan !
Aux mesures que nous citons d’après le témoignage des anciens, on ne peut
en opposer aucune autre; mais on peut leur donner une valeur différente, qui
-tendron a placer le fond du golfe beaucoup plus au sud qu’il n’est aujourd’hui •
-cela prouve que nous avons raison dans l’évaluation de ces mesures comme
dans leur application sur le terrain; car y a-t-il la moindre probabilité que la mer
se son autrefois moins étendue au nord qu’aujourd’hui, et n’existe-t-il pas au con- !
traire une foule de faits qui indiquent qu’elle s’est retirée vers 1e sud !
Nous terminerons en répétant ici que, selon nous, les fontaines et lacs amers
étoient au nord-ouest et au nord du bassin de l'isthme; que ce bassin, au temps où
vivoit Hérodote, faisoit partie de la mer Rouge; que des travaux ont pu être
fans sous les Ptolémées pour maintenir la mer à une certaine profondeur dans les
passes au-dessus d’Arsinoé, ce qui a pu faire donner à ce bras de mer le nom de
fleuve ou de rivière Ptolémdique; que ce nom a pu aussi être donné au torrent
d eau pluviale qui se jetoit dans le golfe près d’Arsinoé ; que le canal entrepris sous
les Pharaons, commué sous Darius et les successeurs d’Alexandre, fin creusé
depuis la branche Pélusiaque, à travers i’Ouâdy, jusqu’aux fontaines amères; qu’aude
ces fontaincs iJ. fut sans doute Prol°ngé vers la mer, et qu’il est naturel
que les souverains de l’Egypte aient suspendu ce travail aussitôt qu’ils s’aperçurent
des grandes difficultés que présentoient l’élévation des eaux de la mer Rouge et
les décroissemens du Nil ; que cependant, à diverses époques, la navigation sur
ce canal et les lacs amers a pu, pendant les crues du fleuve, s’étendre jusque
fort près de la mer Rouge, et que, le trajet par terre depuis ce point jusqu’au golfe
se bornant alors à très-peu de chose, on a pu, sous le rapport du commerce
regarder la communication par eau comme établie; qu’ainsi s’explique 1e motif
qui obligea Ciéopatre à faire charier ses navires par terre pour les faire passer
d une mer a 1 autre (i), quand plusieurs écrivains rapportent cependant que le canal
des Rois avoit été achevé par ses prédécesseurs (a); qu’enfin, sous les khalyfes
on a pu essayer de rejeter la mer Rouge sur les terres qu’elle avoit couvertes autrefois
au nord de Qolzoum , mais que ces travaux, promptement abandonnés,
n ont point suffi pour rendre à la mer, d’une manière stable, ses anciennes limites.
M I i v T 0’ V“ i A n ' 0i" r' D i ° " CaSSiU5’ H U - W S,rab0n’ C ^ r- Iiv- * v n . Diodore de Sic ile,
• BWl. hin. l i v . i .
EXTRAIT DU JOURNAL DE VOYAGE
D e M. DEVILLIERS,
I n g é n i e u r d e s p o n t s e t c h a u s s é e s .
n
J T a r t i du Kaire le 27 brumaire an 9 , avec MM. Le Père et Chabrol.
Du Kaire h Birket el-Hâggy, plaine sablonneuse, couverte de l’espècede jaspe ovoïde connue sous (e nom
de caillou d’Egypte. On aperçoit à gauche le terrain cultivé, et, à une demi-lieue sur la droite, une suite de
dunes de sable de différentes hauteurs; elles ont d’un quart de lieue à une demi-lieue de largeur. Le
terrain est coupé de temps'en temps par de petits ravins où il y a de la végétation. Les dunes viennent
jusqu’auprès de Belbeys. A la sortie de cette ville et dans la direction de Sâlehyeh, une plage sablonneuse
, couverte de cailloux d’Égypte, s’étend au loin par une pente fort douce. A une lieue au-dessus de
Belbeys se termine la montagne calcaire : elle peut avoir cinquante pieds au-dessus du terrain cultivé.
Près de Rahourny ( 1 ) commencent de nouvelles dunes de sable qui se prolongent dans toute la
longueur de la vallée des Toumylât, jusqu’à Abou-Nechâbeh ; elles ont vis-à-vis de ce point une lieue de
largeur. La vallée est inondée.
Au-delà, c’est-à-dire, au nord de l’autre côté de la vallée, est une plage très-unie, couverte de cailloux.
La partie sud de la vallée, entre Abou-Nechâbeh et Râs ei-Ouâdy, est très-basse : l’eau n’a pas de
mouvement sensible ; elle a de S à 9 pieds de profondeur ; elle s’est répandue en quelques endroits à
travers les dunes. On voit de là les montagnes voisines de Sôueys.
Toute la partie au-delà de Râs ei-Ouâdy est couverte d’eau ; l’inondation présente une surface très-
étendue, bornée à l’ouest par la grande digue. Les palmiers, près du Râs ei-Ouâdy, sont dans l’eâu
jusqu’aux feuilles. Au Mouqfàr, l’eau se réunit en un canal. II s’en faut d’un mètre 24 centimètres qu’elle
atteigne la partie supérieure de la pierre de granit qui a servi de point de repère dans le nivellement.
Le puits de Saba h-byar est entouré d’eau ; plus loin, le courant s’est creusé un lit assez profond et
a rongé les dunes : l’eau coule avec une rapidité que l’on peut évaluer à 4 pieds par seconde.
Plus avant encore, l’eau, après avoir fait un grand détour à gauche, se répand dans deux vastes bassins
qu’elle remplit. Ces bassins ont 6 à 7 lieues de circonférence (a). L’eau s’étend jusqu’au pied de la dune
sur laquelle est bâti Cheykh-Henâdy, et entoure une partie du plateau voisin, auquel on peut communiquer
par une langue de terre.
Le 1 .*’ frimaire, nous avons quitté l’eau pour nous rendre directement au Scrapeum, en suivant les
dunes. Le Scrapeum étoit un bâtiment circulaire de 12 à 15 pieds de diamètre dans l’intérieur ; ce que
Ion reconnoît à une moulure faite sur un bloc de granit concave : d’autres ruines sont au sud-ouest; on
y voit des fragmens de granit, de grès et de pierre calcaire ; celle-ci est semblable à la roche qui forme
le plateau sur lequel se trouvent ces débris d’une ville ancienne.
Du Scrapeum, nous nous sommes dirigés sur l’extrémité des montagnes de Soueys; nous avons traversé,
dans une étendue de 3 lieues, les lacs ou parties basses qui se trouvent dans cette direction (j;. Pendant
la première lieue, on retnarquoit du sulfate calcaire Cristallisé en aiguilles rayonnantes et par masses
isolées d’environ 3 pieds de haut, qui avoient fapparence de troncs de palmiers coupés. Le terrain
s amollit et descend: on trouve enfin de la boue et de l'eau extrêmement saumâtre , dans laquelle ii m’a
paru que le muriate de soude dominoit plus que dans l’eau de mer. De l’autre côté, le terrain est
fendu en quartiers de 15 à 20 pieds, qui ont environ 4 pieds de haut: l’eau les dissout et les divise.
Ces blocs sont composés de masses de muriate de soude, quelquefois très-considérables, et de sables
( i ) C e village est à jooo mètres environ au sud-ouest d’A ’bbàceh, tous les ans au Kaire, et qui passe à présent par Hadjeroth, suivoit
près d’un lac nommé Birkc, d-F a gch, ou B irh t , 1-H iggy et- alors l'Ouidy-ToumylSt, afin de pouvoir contourner le golfe Ara.
Çr<é'«.Cederniernom, qui signifie tmdai lue dcspclenut, et [es restes bique; ce qui vient encore à t’appui de l’opinion de M. du Boisd'établissemens
que l’on trouve sur le chemin de Belbeys et sur Aymé sur les anciennes limites de la mer Rouge,
la digne de S e n c la , appelée Gisr Soiihâiÿ'ch, établissement que (s) Sur la carte, Ils sont indiqués sous le nom deUcJu T m û h ,
les habitons du pays annoncent avoir servi autrefois aux pèlerins ou du Crocodile.
de la Mecque, portent à croire que la caravane qui se rassemble ( j) Ces lacs font partie du grand'bassin de l’Isthme,