
La longueur de la canne du feddân des cultivateurs est par conséquent Je 3m,8c ;
le côté de ce feddân est de 7 7 “ ; et sa surface, de 5929 mètres carrés.
On voit que cette unité de mesure agraire est, à très-peu près, les trois cinquièmes
de notre hectare.
La longueur de la canne employée pour \e feddân sur lequel les contributions
sont assises, est de 3m,6 j8 : le côté de ce. feddân est, par conséquent, de 73m,i6;
et sa surface, de 53-53 mètres carrés, un peu plus que le demi-hectare. "Le feddân \
de 4oo cannes, quelle que soit la longueur de la canne, se divise toujours en i
24 parties, appelées qirât. Cette division se maintient dans toute la haute Egypte,
jusqu’au Kaire ; mais elle éprouve quelques variations dans le Delta et les autres
provinces septentrionales.
Ainsi 1 e feddân de ces provinces n’est pas toujours composé de 24 qirât comme
dans le Sa’yd : on le réduit dans quelques cantons à 12, 15, 18 et 20 qirât, c’est-1
à-dire, à la -j-, aux f , aux A et aux \ du feddân primitif. Cela tient à la volonté I
des propriétaires des villages , et au pouvoir qu’ils exercent.
On distingue encore, dans les environs de Damiette, une espèce particulière de I
feddân : c’est un rectangle dont l’un des côtés a 2 4 cannes de longueur, et l’autre I
côté, 18 cannes seulement. Ainsi sa superficie se trouve de 432 cannes carrées. I
De plus, la canne qui sert à le mesurer, est de 3"“,49 ; ce qui donne pour sa surface I
6877“ ,48 carrés, près des de notre hectare.
Dans tout ce que nous dirons ci-après, il ne sera question que du feddân du I
Sa’yd, de 400 cannes, et de 24 qirât, chacun de 16 cannes 2 superficielles.
La mesure de capacité qui est employée pour les grains et les matières sèches,!
s’appelle généralement ardeb. Sa contenance éprouve quelques légères variations I
dans les différentes provinces de l’Egypte: mais [’ardeb du Kaire est connu par tout;!
et c’est à cette unité de mesure que nous rapporterons toutes les quantités de]
semence, et de grains récoltés, dont nous aurons occasion de parler.
L 'ardeb du Kaire, comme nous l’avons dit ailleurs (1), contient vingt boisseaux]
Romains antiques, dont chacun étoit, comme on sait, le tiers du pied cube. I
Supposant au pied Romain, en nombre rond, om,3 de longueur., ce qui est une]
longueur un peu moindre que celle du plus grand des pieds Romains mesurés pari
l’abbé Barthélémy, le boisseau Romain sera de om,oo9 ou de 9 litres, et les 20 bois-1
seaux qui forment l'ardeb, seront de 180 litres.
Un procès-verbal d’expériences faites sur le marché du Kaire et dans les magasins
de blé qu’on avoit établis dans l’île' de Roudah, fait connoître que Iardeb du
Kaire équivaut à 14 boisseaux de Paris et j : or le boisseau de Paris contient
13 litres. L ’ardeb du Kaire équivaudroit, par cette épreuve, à 184 litres (2).
Idardeb de Syout est à celui du Kaire comme 12 est à 11.
Celui de Rosette, qui est employé à mesurer le r iz , est à celui du Kaire comme)
3 est à 2.
Il y a à Damiette une autre unité de mesure destinée à mesurer le riz en orge;
(1) Mémoire sur les mesures agraires des anciens (2) Vojreç, à la suite de ce Mémoire, la pièce justin-:
Egyptiens, Antiquités- Métnoir es, tom. J.,r, pag. j f/ . cative n.° i.
on l’appelle dareb : elle est à Xardeb du Kaire comme 36 est à 1 3. L ’ardeb et toutes
les autres unités de mesure de capacité dont nous venons de parler, se divisent en
24 parties ou rob’.
Au reste, quand il ne s’agit que de petites quantités, la plupart des graines
sèches se mesurent au poids, ainsi que toutes les autres provisions, et même le
bois à brûler.
La drachme est la seule unité de mesure pondérale qui soit invariable : sa valeur,
qui a été déterminée avec la plus grande précision à la monnoie du Kaire, a cté
trouvée de 3 grammes , ou de 58 grains - f , poids de marc.
On compose de la drachme 3 unités de poids usuelles.
La première de ces unités est Xoke de 4oo drachmes, ou de 1 kilogramme
235 grammes.
La seconde est le rotl de 144 drachmes ou de 4 hectogrammes 44 grammes
Enfin la troisième est le rotl de 168 drachmes, ou de 5 hectogrammes
18 grammes
L ’oke est particulièrement en usage à Damiette, à Alexandrie, à Rosette et
dans la basse Egypte. Le rotl est d’un usage plus général dans l’intérieur du pays.
' L’unité de poids la plus considérable est le qantâr : il est composé de 100,
de 110, de 150 et même 275 rotl, suivant l’espèce de denrée pour laquelle
il est employé. Nous aurons occasion, dans la suite de ce Mémoire, de donner
plus de détails sur cette matière.
Nous ferons en monnoies du pays les évaluations dont nous aurons besoin.
Ces monnoies sont le parat ou médin, et la pataque.
Le parat ou médin est une très-petite pièce d’argent allié de cuivre, qui a
cours dans tout le Levant, et dont 28 équivalent à 1 franc de notre monnoie.
La pataque est une pièce fictive de 90 médins : elle est à notre pièce de
5 francs dans le rapport de 45 à 71 ; ainsi elle équivaut à 3 francs 2 1 centimes.
Il y a encore d’autres unités monétaires; mais, dans tous les comptes publics et
particuliers, on les réduit à celles que nous venons d’indiquer.
Le prix de la journée des ouvriers employés aux travaux de l’agriculture varie
dans les différentes provinces de l’Egypte : dans le Sa’yd, elle est de 5 à 8 médins;
dans la province du Fayoum, aux environs du Kaire et dans le Delta,
elle s’élève de 8 à 19.
Ces ouvriers travaillent depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher. Ils font
deux repas par jour : le premier, vers onze heures du matin ; et le second, le
soir. Ils vivent de pain de dourah, de riz, d’ognons crus, de concombres, de
fromage, de fèves, de lentilles, & c.; rarement de viande, excepté pendant le
temps du ramadân : ils mangent alors du chevreau bouilli, du buffle, &c. La
nourriture journalière des fellâli du Sa’yd peut être évaluée à 3 médins. Ils ne
portent pour vêtement qu’une robe ordinairement brune, appelée gebbeh; elle est
faite d’une étoffe fabriquée avec la laine des moutons du pays, à laquelle on laisse
sa couleur naturelle : il entre dans la fabrication de ce vêtement environ quatre
rotl de laine filée.
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