
6 j z m é m o i r e s u r l ’ a g r i c u l t u r e ,
Cinq ou six halles d'assa foelida, de 7 à 10 qantâr la balle : le qantâr de 150
rotl se vend 25 pataquès.
Le commerce de l’Égypte avec la Toscane est fait par des maisons Européennes
établies en Égypte, ou par des marchands Levantins qui se sont fixés
à Livourne et qui correspondent avec des chrétiens de Damas et d’Alep.
Il n’y avoit que deux maisons Toscanes établies à Alexandrie, et deux ou
trois maisons au Kaire ; mais il y avoit, tant au Kaire qu’à Alexandrie, quinze
ou vingt marchands Syriens et deux ou trois négocians Juifs qui faisoient directement
ce commerce.
Il venoit, année commune, douze ou quinze hâtimens de Livourne à Alexandrie
; ils appartenoient aux différentes nations de l’Europe.
On payoit, pour frais de commission, aux facteurs d’Alexandrie, 4o parats par
caisse ou par balle de marchandise, grande ou petite.
§. I I I .
Commerce de fÉgypte avec la France.
I M P O R T A T I O N S .
O n expédioit de France en Égypte différens objets provenant des manufactures
nationales, et diverses marchandises tirées des pays étrangers et emmagasinées
à Marseille.
Les principaux articles de France consistent en draps de Languedoc connus
sous le nom de londrms, première et deuxième qualités, et de tnahons, également
de première et deuxième qualités en draps fins de Sedan , de Louviers et
d’Abbeville ; en flanelles de Montpellier, en étoffes de Lyon , en galons d’or et
d argent ; en bonnets ou calottes rouges, appelés tarbouch, fabriqués en Provence
; en quincailleries et armes de la manufacture de Saint-Étienne; en aiguilles,
en verdet de Montpellier, en papier à enveloppes, en faïence des environs de
Marseille, en liqueurs de diverses sortes, en fleurs d’aspic ou de lavande, en
savonnettes et parfumeries, en sirops et confitures; enfin, en bijouteries et dia-
mans non montés.
Les marchandises tirées de l’étranger, pour être importées en Égypte par le
commerce de Marseille, sont des armes d Allemagne, et notamment des lames
de sabre, soit pour les gellâby ou caravanes de l’intérieur de l’Afrique, soit
pour les Arabes de Geddah ; du plomb, du fer de Suède et de Moscovie,
de l’étain, de l’alquifoux, du fer-blanc, des pelleteries, de la salsepareille, de la
cochenille, du girofle, du poivre, de la muscade , du poivre giroflé, du gingembre,
et du bois de teinture. •
Les draps de Languedoc formoient la partie la plus considérable des importations
de France en Égypte ; ce pays en consommoit chaque année mille ou
onze
onze cents balles de douze pièces chacune , formant ensemble environ deux
cents aunes de France ; la largeur de ces draps est de 2 pyk ou de { d’aune.
Le prix des draps de Languedoc varie, suivant les qualités, de 7 francs
50 centimes à 10 francs et i4 francs le pyk.
Il ne venoit guère annuellement que huit ou dix balles de draps fins de
Sedan, de Louviers ou d’Abbeville.
L’importation des flanelles de Montpellier s’élevoit, année commune, à douze
ou quinze balles.
On peut évaluer à 500,000 francs Je prix total des étoffes et dorures de
Lyon qui venoient chaque année en Égypte.
On avoit établi à Marseille et à Aix des manufactures de calottes rouges, ou
tarbouch, façon de Tunis, et l’on commençoit à faire de cet article des envois
assez importans : quoique ces fabriques n’eussent point encore atteint la perfection
de celles des États Barbaresques, elles fournissoient cependant une vingtaine de
caisses qui contenoient chacune quatre-vingts douzaines de tarbouch. Le prix
d’une caisse étoit communément de 2000 à 2400 francs.
Les quincailleries tirées de Marseille consistoient en couteaux, miroirs, chandeliers,
ciseaux, serrures, peignes, épingles, aiguilles, &c. La valeur de tous
ces articles mon toit annuellement de 30,000 à 50,000 francs.
Les armes de Saint-Étienne envoyées en Égypte consistoient en fusils, carabines
, tromblons, pistolets garnis en argent et enrichis de diverses façons.
Les aiguilles venoient aussi de Saint-Étienne ; et cet article d’importation
consistoit en douze ou quinze barils, qui peuvent être évalués à 2500 francs
l’un.
Le verdet de Montpellier est employé en Égypte pour peindre les ouvrages
de menuiserie ; il en étoit importé huit ou dix barils chaque année.
L e papier qui venoit de France, étoit de deux espèces : l’un, de vingt-quatre
rames par balle ; l’autre, de quatorze rames seulement.
Le premier étoit expédié par Suez pour Geddah ; le deuxième étoit employé
en Égypte. La consommation annuelle de ces deux espèces de papier montoit
à six ou huit cents balles, de 4° à 50 francs l’une, prix moyen d’achat à Marseille.
La faïence de cette ville et des environs n’étoit pas un objet de grande
spéculation pour les maisons qui trafiquoient dans le Levant ; mais elle servoit
à composer des pacotilles pour le compte des capitaines de navire : on en
apportoit environ cinq cents caisses par année, à raison de 25 ou 30 francs
la caisse.
Les liqueurs de Marseille étoient, comme la faïence, de simples objets de
pacotille : il en venoit deux ou trois cents caisses annuellement, dont la plus
grande partie étoit consommée à Alexandrie. L e prix moyen de ces petites caisses
étoit de 40 à 50 francs. Les fleurs d’aspic ou de lavande, dont on apportoit,
année commune, soixante ou quatre-vingts balles, ainsi que les savonnettes, les
sirops et les confitures, étoient aussi des objets de pacotille.
É . M . T O M E I I . Q s q q