
et \Iseum dont parle Etienne de Byzance; il pense, ainsi qtie le P.‘Hardoiiine
Daléchamp, que, dans l’cnumération 'des villes de la basse Egypte dont il
question dans le texte de Plftie, Isis oppidum doit être séparé jpar une virgule j,!
mot Busiris qui le suit (i ). Cette version ne s’accorde guère avec le témoignajl
d Hérodote, qui rapporte que la ville de Busiris renfermoit un temple magnifias»
consacré à Isis. A u reste, la carte de Peutinger indique dans le Delta'trois Iseum o ¡ l
villes qui renfermoient des temples consacrés à Isis, et dont un sans doute correr I
pond à la position de Bahbeyt ; mais il faut convenir en même temps que l 'e x i l
tence d’une ancienne ville est mieux constatée à Bahbeyt par les magnifiques r e s t i
de ses monumens que par les témoignages des auteurs de l’antiquité. 9j
SECTION IV.
D es villes de Mehallet-el-Kebyr et de Tanta; de quelques ruines ÊgyptienmÆ
e t, entre autres, de celles de la ville dè Sais.
No u s . quittâmes Semennoud pour traverser le Delta , depuis la branche i l
Damiette jusqu’à celle de Rosette, en passant par Mehallet-el-Kebyr et Tarai:'
deux des plus grandes villes de la basse Egypte.
De- Semennoud a Mehallet-el-Kebyr, il y a environ deux heures et denti1
de marche. La moitié de la route, à peu près, borde le canal de Semennoudj
on remonte ensuite une petite portion de celui de Melyg, et l’on suit tu»,
de ses dérivations jusqu à Mehallet-el-Kebyr. On rencontre sur cette, route ItB
gros village de Mehallet-Abou-A ly , et deux santons ou tombeaux de saints révér^B
par les gens du pays. Vers le'deuxième santon, on aperçoit une niche monolidii
semblable à celles que nous avons trouvées dans les sanctuaires des temples di
la haute Egypte. Cette niche est de forme presque cubique, et terminée par ut'
pyramidion de dix centimètres de haut : sa largeur et sa longueur sont de soixante
dix-sept centimètres, et sa hauteur totale est d’un mètre quinze centièmes.
Mehallet-el-Kebyr est la capitale du Gharbyeh : son nom signifie littéralemei;
ville la grande; e t elle l’emporte en effet par son étendue sur toutes les' autre ■
villes du Delta: mais elle n’est point peuplée en proportion de la superficie quel1
occupe; elle a plusieurs quartiers entièrement déserts. Le commerce y a quelqt;
activité; mais c’est plutôt celui d’une ville manufacturière que celui d’un lieu d’e l i
trepôt et d’échange: il ne “s’y tient pas, comme dans plusieurs autres endroits A
l ’an tique Egypte, mais sur des ruines chrétiennes, humbles
demeures de ces anachorètes qui, dans les premiers temps
de notre ère, croyant fuir les passions, lorsqu’ils n’ avoient
pour guide qu’une imagination exaltée ,' venoient, le
coeur plein de mélancolie, se cacher au milieu des rochers
de la Thebaïde, et chercher, dans le silence de ces solitudes
et dans les privations de tout genre, un aliment à
leurs vagues désirs. Pendant que nous considérions les
restes du saint monastère, notre Arabe s’étoit mis à fouiller
sous une des petites voûtes, et bientôt il nous appela pour
nous faire voir on cercueil en bois de sycomore qu’ il
venoit d’en tirer. Ce cercueil renfermoit un honu
blanc, dont la partie musculaire, la peau, les dents,
ongles, la barbe, étoient parfaitement conservés, ait
que le linceul qui entouroit le corps. Nous n’aperçûwB
cependant aucune trace d’embaumement, aucun am !
mate. Cette étonnante conservation est due à un terrai!
sec que jamais les pluies ni le fleuve n’arrosent, au!
air sans humidité, à un soleil brûlant et à un ciel sa*!
orage. (D u B ois-A y m é , )
( i ) Voyc^ les Mémoires de d’Anville sur l’F.gypK
pag. 86.
l’Egypte, de ces grandes foires qui attirent de toutes parts les marchandises natio-
■ nales et étrangères;:
Les plus nombreuses des manufactures de Mehallet-el-Kebyr sont celles de
" soieries; et ce qui ajoute à leur importance, c’est qu’il n’en existe dans aucune
autre.ville d’Egypte: du moins n’en avons-nous point rencontré ailleurs; La soie
est tirée de la Syrie; elle est apportée en cocons à Damiette, où on la dévide:
.elle est alors d’un jaune pâle et sale; c'est à Mehallet-el-Kebyr qu’on la blanchit.
On fait bouillir lesj'écheveaux dans une dissolution de natrón ; on les bat ensuite
sur des pierres plates, et 011 les lave à grande eau. Cette préparation donne à la
soie un fflès-beau blanc. Dans l’atelier que nous avons visité avec le plus d’attention,
on ne teignoit qu’en trois couleurs, en noir, en rouge et en jaune. La
couleur noire est donnée par l’indigo, le rouge par la cochenille, et le jaune par
la gaude, qui porte, en Arabe le nom de blÿbah [ Reseda liiteola. Lin.1 : on en
récolte beaucoup dans la province de Charqyeh, en face de Semennoud. Presque
toutes .les étoffes de soie qui servent à l’habillement des femmes en Egypte,
sortent des manufactures de Mehallet-el-Kebyr. On y fabrique aussi les mouchoirs
dont elles J e couvrent la tête, et ces toiles claires, espèce de gaze de lin, dont
•les Egyptiens font leurs chemises. Nous avons vu sur le métier les serviettes dont
les femmes se servent au bain : les bordures sont en soie; et l’intérieur, qui est
en lin, est teint de différentes couleurs.
Mehallet-el-Kebyr renferme quelques débris de monumens anciens. La tradition
n’a point conservé le 'souvenir de l’existence d’une ancienne vilffi en 'cet endroit :
peut-être étoit-ce là qu’existoit Cynopolis, qui dépendoit du home Busirrtique* et
que l’Itinéraire d’Antonin place à x x v milles de Thmuis ; ces deux conditions cadrent
parfaitement avec la position de Mehallet-el-Kebyr,' comparée à celle de Bousyr et
de, Tmay el-Emdyd ( 1 ) ;« quant à la distance de x x x x n milles entre Cynopolis et
Andro, on la retrouve en ^dirigeant; convenablement la route par Tanta et l’ancienne
position de Taua. Les antiquités que l’on trouve à Mehallet-el-Kebyr, ont de grands
rapports avec celles que 1 on voit aBahbeyt. Nous en parlerons avec quelques détails
.dans le chapitre x x v des Descriptions d’antiquités.
• Mehallet-el-Kebyr est le rendez-vous des filles publiques du Delta, et Je refuge
de toutes celles qui pourroient craindre ailleurs, et même au Kaire, les recherches
de la police. Elles jouissent à Mehallet-el-Kebyr d’une entière liberté; et c’est de là
que la femme qui est à la tête de leur société, dirige leurs excursions dans les provinces
voisines. Les foires et les pèlerinages en attirent toujours un grand nombre-
et plus dune fois, dans nos courses,nous avons vu de ces filles accourir au-devant
nos ,)atal,lons’ mêler Je son tambourin et des castagnettes à notre musique
guerrière, employer tous les raffinemens de la coquetterie à séduire nos soldats
et dresseï leurs tentes au milieu de nos bivouacs.
L e jour où nous arrivâmes à Mehallet-el-Kebyr, nous fûmes logés chez un
des plus riches habitans de la ville ; il célébroit le mariage d’un jeune homme, chef
de ses serviteurs et son favori. Il nous traita avec beaucoup de distinction et
(.) On se rappellera que Bousyr est l’ancienne Busiris, e, que les ruines Je Thurnlssontauprês de Tmay el-Emdyd,