
7 6 6 M É M O I R E
rah (i ), que nos anciens écrivains appeloient la Massoure, fut bâti, près du Nil,s®
la branche de Damiette, par el-Mansour Billah ( 2), père Sel-Mo’ez le-dyn-Allah (q) I
vers l’an 338 [949 de notre ère]. Cette ville est fameuse par la défaite des croisés’ I
Français, sous la conduite de S. Louis, qui y fut conduit prisonnier. Elle a été I
quelquefois la résidence du khalyfe. On voit le nom de cette ville sur quelques I
monnoies et sur des médailles de verre, ainsi que le nom de Mo'ez le-dyn-1
Allah (4 ).
Qous ( y ), autrefois Apolliiwpolis paiva, est situé dans la haute Egypte, à treize I
cents mètres environ destiords du Nil. Le voisinage du fleuve et de Qoçeyr avoit |
sans doute fait choisir l’emplacement de Qous pour le point de départ et d’arrivée I
des caravanes qui entretenoient le commerce de l’Arabie et de i’Inde avec l’Égyptc, I
Si l’on en croit Abou-l-Fedd, cette ville étoit, après Fostât, la plus considérable!
de toute la contrée. Elle étoit l’échelle du grand commerce qui se faisoit par le |
golfe Arabique. L ’immense étendue des décombres qui limitent l’emplacement |
de la ville, confirme entièrement le témoignage d’Abou-bFeda’. Qous 11’est plusI
maintenant qu’un bourg, dont un grand nombre de maisons abandonnées tombent!
en ruine. Ses habitans sont, pour la plupart, des Chrétiens Qobtes (6).
L ’ancien Kaire, autrefois Fostât [y], étoit sur le bord même du Nil. Le non!
veau Kaire en est à quelque distance, et un canal y conduit les eaux du fleuve. |
Ga’ouar el-Khatyb el-Saqaly (8), suivant Maqryzy, entra en Egypte, à la tête del
l’armée Sel-M o’ez le-dyn-Allah (9), en l’an 358 [969 de notre ère], bâtit, dans Jel
lieu même où il avoit campé, le Kaire(io), qui devint le siège d e l’empire desklia-J
lyfes, et fit frapper, au nom du khalyfe el-Mo’ez, une grande quantité de dynâr. La|
troisième ligne de la légende portoit : Frappé à Masr, en l ’an trois cent cinquante-IwitM
En arabe, le Kaire s’appelle rarement el-Qâhirah ( 1 o) : on l’appelle Masr ( 11 ) dansl
le style historique, et ce nom s’applique aussi à toute l’Egypte. C ’est le seul qu’on lise,
sur les monnoies depuis plusieurs siècles; néanmoins sur le dirhem de Rokn-d-%
dyn Bybars, que nous avons cité page 352, on lit, b-el-Qâhirah [au Kaire],
L ’hôtel des monnoies fut d’abord établi dans le voisinage du magasin des!
boucliers, qui, du temps de Maqryzy, étoit le khân [ ou marché] Mesrour-tl-1
Kebyr ( 12).
Saladin, devenu maître de l’Egypte, le fit établir ailleurs. On construisit uni
nouvel hôtel au lieu appelé el-Qachâchyn (13). On le nomma el-Dâr el-Am-1
(1) '¿ j, o i t ! , ou el-Mansouryah [ ]. dans le lieu même où il avoit fait dresser sa tente suri
(2) Mansour mourut en 34* de l’hégire le bord du Nil. On l’appelle aujourd’hui l’Ancien Kaire)«
[053 de notre ère ] . Voyez> pour le nom de Billah, Masr el-A’tyqah [ajux*jI
pag. 357, alin. 5. (8) Voyez pag. 327, alin. avant-dern. et not. 9.
(3) Voy. l’alin. 3 de cette page. Voy.aussi p. 327, not. 10. (9) Voyez ibid. Voyez aussi 2.0 Iig. de la présente page.I
(4) Voyez le Muséum Cuficum Borgianum d’Adler, (10) El-Qâhirah [s^ûlüJl], qui veut dire la Victorieuse,
tom. 11, pag. 151. Selon Abou-l-Feda’, Ga’ouar jeta les fondemeus du Kaire f
(5) En arabe, en 359 [969 de notre ère].
(6) Voyez la Notice sur les ruines de Keft et de Qous, (n ) j ~cla
par MM. Jollois et Devilliers. Description de l’Egypte, (12) _j*a£UI ( jb .
A . D. tom. I l , chap. X, pag. 66. (13) Voyez la traduction du Traité des mon-J
(7) El-Fostât [LUtwjJl], qui veut dire tente, parce que noies de Maqryzy, par M. de Sacy, pag. 7 6 , not. îfy I
cette ville fut bâtie par A 'mrou ben el-A’âs[{j>\*j\ [ j i j j f ]
S U R L E S M O N N O I E S d ’ É G Y P T E , 3 ^ 7
ryài(i), du nom du khalyfe el-Amer Bi-ahkâm-Allah {z). L ’ancien hôtel fut réservé
pour certaines fabrications particulières. C etoit ia qü on fabriquoit les pièces des
prennes et du jeudi des lentilles, dont nous avons parlé pag. 3 39 de ce Mémoire.
Il est aujourd’hui, au château de la citadelle du Kaire (3), et il est bâti sur les
murs du château ,'en face du mont Moqattam ( 4 ), au pied duquel on découvre
du haut de la citadelle, dans une vaste plaine déserte et aride, la Ville des tombeaux,
qui est le plus ancien et le principal cimetière du Kaire.
La irtonnoie du Kaire est la seule qui existe actuellement en Égypte ; son établissement
remonte à l’an 1000 de l’hégire [ 1 y 91 de notre ère]. On appelle en arabe
l’hôtel des monnoies, dâr el-darb ( y ) , qui signifie la maison où l’on frappe.
Millésime.
S u r les monnoies Arabes les plus anciennes, c’est i’année même de la fabrication,
et non celle de l’avénement du prince, qui est indiquée; et cette année
est exprimée en toutes lettres. Nous en avons cité deux exemples : l’un, de l’an 9 7
[716 de notre ère], page 3y4 de ce Mémoire; l’autre, de l’an de l’hégire 203
[818 ou 8 19 ] , page 360. Nous pourrions en citer plusieurs autres; nous nous
contenterons d’indiquer, pour troisième exemple , un dynâr que nous avons
eu, et qui portoit, Au nom de Dieu, ce dynâr a été frappé l ’an cent soixante et douze
[788 de notre ère], lequel répond au khalyfat de Haroun el-Rachyd (6 ), qui commença
à régner en 170 [786 de i’ère Chrétienne], Les sentences du Qorân sont
les mêmes que celles citées page 360; mais la pièce ne porte ni les noms du
khalyfe et de ses délégués, ni le nom de la ville où elle a été frappée.
Noqs.observerons, pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’arabe, que les
noms de nombre s’écrivent et se prononcent en commençant par les unités;
ainsi 172 s’écrit , deux et soixante-dix et cent (7) ; en sorte que, quoique les
Arabes placent les chiffres que nous leur avons empruntés, dans le même ordre
que nous Je faisons, ils les lisent et écrivent et ifs prononcent les noms de nombre
à rebours comme le*reste de leurs écritures, c’est-à-dire dans un sens contraire
au nôtre, en allant de droite à gauche.
Dans quelques provinces de l’empire Ottoman, on continue d’inscrire sur les
monnoies, en chiffres Arabes, le millésime de la fabrication. C ’est ce qu’on remarque
sur la pièce d’or et sur les deux pièces d’argent gravées dans l’ouvrage de
M. Bonneville, planche y, monnoies des puissances Barharesques, sous les n.°s 6
1 et 2, frappees a Tunis, la première sous Moustafà, en 1187 [ 1773 de notre
(0 jîo Jl. El-dâr veut dire l’hôtel.
(2) Le nom de ce khalyfe signifie « qui accomplit les
»ordres de Dieu. » [*»f «UL L^V I].
(3) Fl-qala’h [ «uJUJl ] , le château.
(4) En arabe', >JkjL» , qui signifie taillé. Cette mon-
wgne est celle qui borde la rive orientale du Nil, à
• (5)
(6) Voyez pa g. 3 6 0 , alin . 3 e t n o t. 4.
(7) Senet tentyn ou sabe’yn ou myeh [ j <
J ]•