
MEMOIRE SUR LE MEQYA-S
auteurs Orientaux qui ont traité de ces monumens, et sur les traditions qu’ils
rapportent à ce sujet pour les temps antérieurs à l’hégire.
CHAP ITRE VII.
Des Auteurs Orientaux qui ont traité du N il et des Nilometres.
N o n -s e u l e m e n t ei-Maqryzy e t el-Soyouty, sur lesquels j’ai déjà donné ci-
dessus des détails assez étendus ( t ) , mais encore les principaux historiens ou géographes
qui ont écrit sur l’Egypte, ont consacré dans leurs ouvrages, les uns
des chapitres entiers, les autres au moins quelques lignes, au Nil et aux Nilo-
mètres : je citerai paîticulièrement parmi ceux-ci, A ’bd-el-latyf et Bcn-Ayâs,
dont j’ai déjà parlé ci-dessus (2) ; e l-Qod a y (3); A ’bd-er-rachyd el-Bakouy (4),
dont j’ai publié des extraits au Kaire (y), et A ’b d -e l-H o km (6), auquel nous
(1) Pag. 40 » notes i et 3.
(2) Ibid. notes. 2 et 4*
(3) El-Qodây ^ L a JÜ I. Cet auteur célèbre, dont
le nom entier est A bou A'bd-allah A'Iohammed, ben-Salâ-
met, eOL. qs auI j»Î , a été surnommé el-Qo-
dâ’y du nom d’une tribu des Arabes appelée Qodâ'h,
5 . dont il étoit originaire. Nous avons de lui
trois ouvrages.
Le premier est une histoire particulière d’Egypte,
intitulée. Kitâb el-Khotat <_>Us [Livre des divisions
territoriales], et le plus souvent citée sous le titre
de Khotai Qodày JJa.â. [Divisions territoriales
de Qodâ’y].
Le second contient l’histoire des patriarches et des
prophètes, suivant les traditions Musulmanes, et est intitulé
Kitâb el-Anbâ ou-el- Anbyâ LaajYIj LiYÎ c-iLa
[ le Livre des avertissemens et des prophètes].
Le troisième enfin*, qui est le plus considérable, et qui
se trouve à la Bibliothèque du Roi, est intitulé Tàrykh
el- Qodâ’y «¿¿Il ^ L i'[ Chronique d’el-Qodâ’y ] ; il
comprend une histoire universelle depuis la création du
monde jusqu’en l’année 411 de l’hégire [1020 de l’ére
Chrétienne], qui fut la dernière du règne dïï khalyfe Fa-
témite el-Hâkem be-amr illah »il en Egypte.
(4) Le nom entier de cet auteur est A JlyA ’bd-er-Rachyd
ben Sâleh ben Noury iMc ci®.
Il fut surnommé el-Bakouy ¡jJC?J l , parce qu’il étoit
originaire de Bakouyeh tuuSy , ville assez considérable,
située dans la contrée de Derbend dXtjï , sur le bord de
la mer Caspienne. C ’est du nom de cette ville.que quelques
géographes ont donné à cette mer méditerranée celui
de mer de Backu ou de Baçhù. A’bd-cr-Rachyd nous
apprend lui-même, dans son ouvrage, que son père,
qu’il nomme el - imam el - a’aiem Sâleh ben - Noury
tSjÿ ----■» J>Wl y»L*YI, étoit né dans cette ville;
qu’il suivoit la secte orthodoxe de l’imârn el-Châfey
àUJ! , et qu’il parvint à une vieillesse très-reculée.
L’année de la naissance d’A’bd-er-Rachyd n’est pas
connue .d une manière bien déterminée; mais ce qu’il
y a de certain, c’est qu’il écrivoit en l’an 806 de l’hégire
[1403 de T ère Chrétienne]. Son ouvrage est intitulé
Kitâb talkhys el - atàr fy a’gâyb el - melçk'fel - qahâr
jU. -gaj| (Á—.LU t_>— j jL jY Í c_>Li Î=a
[Livre exposant les traditions sur les merveilles du roi
tout-puissant]: il contient une géographie universelle,
rangée suivant l’ordre des climats, et dont la composition
a été achevée l’an 815 de l’hégire [141-2. de l’ère
Chrétienne]. •
Ce géographe, dont les écrits sont moins connus que
ceux de beaucoup d’autres auteurs de l’Orient dont la
réputation s’est étendue parmi nous, donne cependant des
détails très-précieux, quoiqu’au reste il offre, comme tous
les écrivains Orientaux, des inexactitudes et quelques
récits fabuleux qui tiennent ài leur ignorance générale
sur l’ancienne histoire.
Je possède un très-bel exemplaire manuscrit de cet
ouvrage,-qui se trouJfe^ussi à la Bibliothèque du Roi
(Mss. Arabes, n.% y^y), mais qui, dans le Catalogue,des
manuscrits Orientaux de cette bibliothèque, ainsi que dans
la Notice qu’en a donnée M. de Guignes, est attribué
mal-à-propos à Yâhouty .
(5) Voye^ la Décade Égyptienne, journal littéraire et
d’économie politique, publié au Kaire, tom. I.cr, pag.248
et 276, et tom. I I I , pag. 145.
(6) On cite le plus souvent sous le nom d’A ’bd-el-
Hokm ivjc, cet historien, dont le nom entier est
Abou-l-Qâsem A ’bd-el-rahman ben A ’bd-allah ben A ’bd-el-
H ohm iVAC 0—AB jj._J 0-f_>Jî jCwÜÜÎ jJ Í ,
etqiii aeté surnommé el-Qoreychy Son ouvrage,
qui porte le titre de Fotouh AIasr ou akhbâr-hâpua
qâlym - hâ U jL â J j j —~¿_» [Conquêtes de
l’Ëgypte, son histoire et ses provinces], est souvent-cité
par el-Soyouty, et se trouve à la Bibliothèque du Roi'
(Mss. Arabes, n.° 834. ). II ne doit pas être confondu
avec un autre livre historique qui porte presque le même
titre, et qui se trouve dans la même bibliothèque: ce
dernier a été composé par Abou el- Rabyâ Soleymân ebn
Salem el-Kolly JXUI IL. Lj>ÍI j j f , sous le
titre de Fotouh Masr Tarâbolos Afryqyah ou Frrnj
ÿljCjKfÿjj*] , et contient l’histoire des
conquêtes faites par les armées Musulmanes de l’Egypte,
devons l’histoire des différentes conquêtes qui ont été faites de l’Egypte, avec une
description historique et géographique de ce pays, dressée d’après les relations
d’Abou-l-Qâsem ben Khalâf ( i ) , plus connu et plus souvent cité sous le surnom
A’el- Ouâqdy (2).
Mais il y a aussi plusieurs ouvrages qui traitent d’une manière spéciale et particulière
du Nil et des monumens qui y sont relatifs : on peut remarquer parmi
ceux-ci un traité assez étendu (3), composé par Aly ben-Mohammed, ben-
Dorâe’m, el-Mousaly (4)* surnommé Tâg ed-dyn (y), qui mourut l’an 761 de
l’hégire [1361 de l’ère Chrétienne].
Il y a, sur le même sujet, un autre’ouvrage composé par Ahmed ben-Yousouf (6),
surnommé el-Neyqqâchy (7); ce dernier traité (8), qui est écrit en prose-rimée,
est cité avec éloge par el-Soyouty. dans la préface de sôn grand ouvrage sur
l’Egypte.
Ahmed Chehâb ed-dyn (9) a aussi composé un ouvrage spécial sur le Nil,
lequel traite de son excellence sur les autres fleuves, de son origine, de son coürs,
et de ses accroisSemens et décroissemens périodiques. Ce t ouvrage se trouve
parmi les manuscrits Orientaux de la Bibliothèque du Roi (10).
Les Orientaux se plaisent à entremêler tous leurs écrits de prodiges et de
récits extravagans, auxquels ils donnent une entière confiance. Quoique les traditions
que je vais rapporter sur les Nilomètres anciens, présentent évidemment
pour la plupart un caractère de merveilleux qui leur ôte toute croyance , et
joignent aux narrations qui pourroient avoir quelque apparence de vraisemblance,
des circonstances qu on ne peut s empêcher de réputer fabuleuses, j’ai cru cependant
devoir, dans l’exposé que j’en donnerai, ainsi que je l’ai toujours fait dans
les extraits que j ai déjà publies d auteurs Orientaux , ne retrancher aucune de
ces fables ; ces fiction| nous donnant lieu d’apprécier plus exactement l’état des
connoissances dans l’O rient, à l’époque où ces auteurs écrivoient.
de la Tripolitaine, dé’ l’Afrique proprement dite, et de
ITrâq Arabique.
A’bd-ei-Hokm est souvent aussi désigné sous les noms
d'Ebn A ’bd-el-Hohn (X ^ ôac et de Ben A ’bd-el-
Hokm jtSCji
(1) Abou-l-Qâsem, ben Khalâf, ^wüdl y f .
(2) E l- Ouâqdy tîoüljJI. Cet écrivain, suivant Myr-
khond,. vivoit sous le khalyfe el-Mâmoun; il est auteur
d’uff ouvrage intitulé Syerou Maghâji
(3) L ’auteur de cet ouvrage lui a donné le titre suivant
: Kitâb el-ensâf el-delyl b-el-delylfy antâl e l-Nyl
(j JiJoJf cjLaJYI t_jU£=> [le Livre
des décisions justes, fondé sur des raisonnemens et des
preuves concernant le cours du NilJ. J’ai appris qu’il se
trouvoit parmi les manuscrits Orientaux de la Bibliothèque
du Roi ; mais je n’ai pu le vérifier.
(4) ' A'iy, ben Mohammed, ben-DorâeJm, el-Mousaly,
|**[)> 0J uw i QJ J e .
(5) Tâg ed-dyn [la Couronne de la religion].
Le mot tâg ^ l ï , qui est Arabe et Persan, et qui
est le meme que le mot tak des Arméniens,
signifie littéralement, dans ces trois langues, couronne
diadème royal : il entre dans la composition de plusieurs
noms propres et de plusieurs titres d’ouvrages. Parmi
ces derniers, on remarque sur-tout le livre historique
intitulé Tâg el-teouârykh jJ jîy J f [la Couronne des
annales], et composé par Molla Sa’det ed-dyn Mohammed
H asan o-c*? t**-» J y» , connu sous le
nom de Khogah ejffèndy et qui mourut
l’an 1008 de l’hégire [1599 de l’ère Chrétienne]: cet
ouvrage contient l’histoire de l’empire Ottoman depuis
le sultan O’tmân jusqu’à la, fin du règne de Selym J.cr
(6) Ahmed, ben Yousouf, o ^ î .
(7) Fl-Neyqqâchy
(8) Cet ouvrage est intituIé, Jaga’ el-hadylfy akhbâr
el-Nyl JiÿJl jL a .1 j ^=-L. [le Discours rimé
ou le roucoulement dè la colombe sur les histoires du Nil].
(9) Le nom entier de cet écrivain est Ahmed Chehâb
ed-dyn, ebn Hamâd, ¿ I f ^ j J Î o - f L
(10) Mss. Arabes, n.9 8iq. Ce manuscrit a appartenu
a Colbert :• l’auteur y traite aussi des pyramides et de ce
qu il y a de plus remarquable en Egypte.