
TABLE.
S. QÉj G é n é r a l i t é s ....................................... .........................................page i.
S. II. Observations historiques et géographiques........................................... i.
S. III. Topographie des ruines JAchmouncyn................ -t.-..................................... 4-
S. IV. Du portique d’Hermopolis Magna.................... 7.
S. V. Environs dTIermopoiis Magna.....................................................................' it .
S. VI. Rapprochemens et Conclusion.............. X............................................. 16.
D 'A N T IN O É ;
P a r E. J O M A R D .
C H A P I T R E X V .
§. I ."
Considérations générales sur l ’origine d’Antinoé.
E n abordant la description d’une ville d’Égypte entièrement Romaine, après celle
des magnifiques cités de la Thébaïde et de sa somptueuse capitale , on' éprouve
à:Ia-fois deux sentimens en apparence opposés : l’un, la crainte d’être bien loin
au-dessous des monumens de l’art Egyptien ; l’autre, l’admiration qu’excite la
puissance de Rome pour avoir établi dans une région étrangère, au coeur même
de la contrée, une architecture si différente de celle qui, pendant tant de siècles,
y avoit régné sans partage, et pour avoir jeté , conçu, exécuté en peu d’années le
plan d’une grande ville, qui semble ne lui avoir pas plus coûté que n’eût fait un
seul édifice, et qui, succédant à-la-fois à Thèbes, à Memphis, à Abydus , à Pto-
léïnaïs, à Alexandrie, fut la capitale du pays jusqu’à la conquête des Arabes et
jusqu’au démembrement de l’Empire.
Sans doute, Antinoé ne renferme pas, comme les monumens de Thèbes-, des
statues colossales, des obélisques, des colonnades gigantesques; on n’y voit pas des
palais, des temples ou des hypogées le disputant en magnificence; les richesses de
la décoration architecturale ÿ sont moins variées que dans les ouvrages de l’Egypte ;
enfin, le savoir, la hardiesse e tl’habileté des constructeurs ne s’y montrent pas avec
autant davantage : mais quelle idée ne prend-on pas de la grandeur d’un peuple
qui, dans une région mal soumise, environné d’ennemis, crée tout d’un coup
une capitale et la remplit avec des édifices t.ous étrangers au pays, des amphithéâtres
, des arcs de triomphe, des colonnes triomphales, des thermes et des
hippodromes ! Que penser de ces rues magistrales, aussi longues que la ville
nouvelle, qui la partagent dans les deux sens, et sont, d’un bout à l’autie, autant
d immenses colonnades ! Que dire enfin de tant de travaux extraordinaires, si
ce n’est que les Romains, ces maîtres du monde, ont fait en Egypte ce qu’ils ont
fait en tout lieu ; qu’ils n’ont connu aucun obstacle pour les entreprises les plus
hardies, et qu’ils étoient dignes en effet de commander à l’univers, puisque partout
ils relevoient les ruines des grands monumens, ou les effaçoient par d’autres
merveilles! Cette habitude chez.les Romains, d’élever des édifices dans les lieux
A. d . ‘ A